territoire des morts - le - land of the dead - 2005 un film de George A. Romeroterritoire des morts - le


Christophe JAKUBOWICZ




5,5/6 - Christophe JAKUBOWICZ

5/6 - Gérald GIACOMINI

6/6 - Colin VETTIER

4,5/6 - Yann LE BIEZ

4/6 - Stéphane ERBISTI

4/6 - Vincent DUMENIL

5/6 - Lionel JACQUET


TERRITOIRE DES MORTS - LE
( LAND OF THE DEAD )

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1985-2005: 20 ans que les fans du monde entier attendent ce film. Ce nouvel opus de cette désormais tétralogie, nous offre la vision d’un réalisateur, amoureux farouche des morts-vivants. George Romero, comme chacun d’entre-nous, a vécu depuis ces deux décennies, se nourrissant au passage de son lot d’émotions supplémentaires, d’expériences futiles ou inédites. En somme l’homme s’est emplit la tête avec toutefois une différence de taille par rapport à nous tous : Il nous aime, et gardait tout au fond de lui, une place pour l’événement que nous attendions : Land of the dead.

La planète est désormais envahie par les morts-vivants. Les rares rescapé(e)s vivent à présent dans une ville où les riches se sont repliés dans une tour inaccessible, et les exclus sont livrés à eux même dans la rue. De l’autre côté du fleuve : le territoire des morts ou vivent les non-vivants qui mutent dangereusement…

Jeudi 21 juillet. Il est 20h et la salle vient de s’assombrir. L’écran jaillit dans l’obscurité, les enceintes commencent tout juste à distiller les premières notes, et je suis installé dans mon fauteuil. Fébrile.
Romero a vieillit, mûrit et nous avec lui. Fidèle à lui même, le discours du Maître n’a pas changé. Toujours très observateur et critique, sa vision de notre société et ses nombreux disfonctionnements est toujours aussi pointue.
Il est clair que les dernières années, notamment au niveau politique, marquent principalement l’œuvre en question. Nous découvrons ainsi la Tour, objet de toutes les convoitises parmi les vivants. L’image est édifiante. Il nous revient alors en mémoire les évènements du 11 septembre 2001 et la référence au World Trade Center est une évidence. Ici le danger ne viendra pas du ciel mais bel et bien de la terre : d’égal à égal en somme. Un édifice vivant en quelque sorte, dernier refuge des nantis et ultime rempart contre les zombies.
Dirigée par Kaufman (Dennis Hopper formidable !), chef auto-proclamé et dénué d’humanité, son personnage, certes caricatural, sert de nerf vital au discours anti-américain de Romero.
S’il ne fallait retenir qu’une seule réplique de son personnage (mais aussi du film dans sa totalité) alors "We do not negotiate with terrorists" exprimerait d’une façon radicale les positions jamais démenties du réalisateur. A ce moment très précis, la salle, dans un même élan de "complicité" se mit à rire. Et ce ne sera pas l’unique fois. Le scénario est tonique, l’humour est corrosif et les références sont légion.


Le ton est donné et pourtant nul besoin de s’en étonner. Romero ne nous dépeint pas seulement le pouvoir de l’argent et de la société de consommation comme il le fit dans "Zombie" mais nous rappelle juste à l’ordre pour nous affirmer une fois de plus que celui qui se trouve en bas finit parfois par se souvenir et revenir parmi l’élite.
Et parmi la fange du moins celle vu par Kaufman, se trouvent bien évidemment les pauvres, abandonnés et vivant au pied et alentours du gratte-ciel, réduits ici à amuser les riches, à l’image de marginaux jetés en pâture à des zombies enchaînés.
Mais là où le "ciel" est synonyme de sécurité, il existe bien évidemment son pendant, son au-delà pour être précis : le territoire des morts. Un monde où les zombies survivent et attendent face à la ville déserte et plongée dans le noir : un univers lunaire ( à ce propos la photographie est sublime) et sombre, agrémenté de sources lumineuses, témoins les feux d’artifices lancés par nos héros pour captiver et immobiliser momentanément les futurs envahisseurs.
Romero réussit le tour de force de nous faire entrer de plein pied dans un monde non pas futuriste mais dévasté ; l’ambiance est telle qu’à l’écran, il n’existe plus rien hormis ce coin reculé. Sans même le nommer, nous comprenons que nous sommes en territoire américain. Il sera dit plus tard que l’éventuel contrée salvatrice viendra sans doute du Canada pour échapper éventuellement à l’invasion. Une petite provocation de plus, histoire de nous dire : "Allez où bon vous semble, du moment que vous ne restiez pas ici"


Sans doute sa façon à lui de nous dire aussi que de son vivant il ne reviendra pas sur ses convictions, tout comme au moment de sa mort. La mort qu’il affectionne tant et qu’il ressuscite depuis bientôt 40 ans avec une vision bien précise. Ses zombies ont évolué avec son œuvre et "Land of the dead" nous montre leur mutation : la toute première apparition de Big Daddy le chef des zombies ( tout comme le chef des fantômes dans "Ghosts of mars" - un clin d’œil à son pote John Carpenter ?) en dit long sur les évènements à venir. Ils pensent, réfléchissent et pour certains sont emplis d’émotions. George nous avait habitué jusque là à peu de sentiments à l’égard des non-vivants. Ici la compassion s’insinue sournoisement et d’une manière magistrale. Les bons ne sont pas forcément ceux que l’on imagine et surtout, ceux qui les voient et les combattent malgré tout finissent par le croire.
D’ailleurs nos vaillants protagonistes composent un casting en tout point remarquable : Riley (Simon Baker "le cercle 2") et Asia Argento ("Trauma" "Demons 2") en tête. D’une courte tête pour être tout à fait franc, tant l’intelligence de Romero est de nous proposer un casting propre, d’humanité et de sobriété égales. Point de rôle plus fort qu’un autre donc. La vérité est bien plus séduisante: ce sont les zombies les véritables héros. En partie grâce à la mise en scène vive et toujours inventive. Le travail de notre homme s’est bonifié avec les années, entraînant avec lui son équipe dans un même élan de pure créativité : La photographie allie magie et féerie, à l’image de l’arrivée des zombies par le fleuve (référence à "Le commando des morts-vivants" avec Peter Cushing), les maquillages, soutenus, forcent le respect, nécessitant un travail titanesque et l’équivalent d’une cinquantaine de personnes.
Enfin, les effets gore méritent une mention spéciale : Tom Savini n’est pas de la partie (mais fait un cameo tonitruant !) et laisse la place à son assistant (sur le tournage "Le jour des morts-vivants"): Greg Nicotero. Le jeune homme d’alors est devenu ces dernières années un des maquilleurs les plus talentueux et demandés. Collaborateur de plusieurs productions récentes, il a travaillé avec les plus grands, notamment Craven ("Scream", "Cursed"), Tarantino, Rodriguez, Baker, Carpenter ("Halloween, la nuit des masques", "Fog", "Vampires") et la liste est encore longue. Les scènes gore sont nombreuses, et sans tomber dans la surenchère, très efficaces. Sans vouloir ternir le moins du monde le travail précédent de Savini, il faut reconnaître que les maquillages sont de toute beautés et hyper réalistes.
On notera aussi le cameo plus que sympathique de Simon Pegg ("Shaun of the dead") que Romero adore en passant. Un bien joli cadeau du Maître qui montre ainsi qu’il n’est pas insensible à la nouvelle génération. Et qu’il n’en a sans doute pas fini avec son œuvre majeure. En effet, en cas de succès, Romero signera un 5e volet (Simon Baker a déjà signé) afin de développer le personnage de Riley entre autres ; et de prolonger la mutation évidente de "ses" morts.


"La nuit des morts-vivants 1968" signait la naissance des zombies, le fléau implacable qui surgissait de nul part.
"Zombie" exprimait la tentative de contenir ce fléau afin d’enrayer l’épidémie.
"Le jour des morts-vivants" fût le temps de l’observation du phénomène.
"Le territoire des morts" est implacable : à présent, les morts sont "indésirables".
Du désir, il en est donc fortement question ici. Une envie irrépressible de vouloir continuer le chemin encore quelques années.
Car à défaut de pouvoir dire "je vous aime" à chacun d’entre-nous, George Andrew Romero nous offre une formidable déclaration d’amour à l’essence même de la mort.

5,5/6 - Christophe JAKUBOWICZ


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Enfin! George Romero signe là un retour magistral sur son thème fétiche, celui des zombies. Vingt ans que l’on attendait ce film, et je peux vous dire que cela valait bien la peine. Toujours aussi acerbe dans ses propos vis-à-vis d’une Amérique arrogante, Romero, utilise de nombreuses références du monde contemporain. Au-delà du discours politique et social de ce film, le réalisateur n’oublie pas néanmoins de faire plaisir à ses fans en leur montrant à voir des zombies déchaînés, aussi cruels qu’auparavant (qui a dit que le film n’était pas gore ?). La réalisation est impeccable et la photographie du film est de toute beauté. Je n’oublierai pas de sitôt l’image des zombies sortant de l’eau. Mené à un rythme ne laissant que peu de temps morts (l’action démarre immédiatement), ‘’Land of the Dead’’, constitue une sorte de reflet de notre monde, ou les humains apparaissent finalement peu solidaires, là ou les zombies au contraire font preuve d’une unité sans failles. Sans véritable héros- les différents protagonistes se valant quasi tous, Romero signe là un film « hors norme » loin des sentiers balisés. Juste un petit bémol : que le génial Denis Hopper soit encore catalogué dans un rôle de méchant caricatural, même s’il faut avouer que son personnage est jouissif !! Incontestablement, ‘’Le territoire des morts-vivants’’ est le meilleur zombies movies que l’on ait vu depuis….. ''Le jour des morts-vivants''. Romero restant incontestablement le maître du genre.

5/6 - Gérald GIACOMINI

J'ai longtemps hésité à mettre la note ultime... Et puis...

Le film fait état de la situation aux états-unis à une période donnée(tout comme ses prédécesseurs). On y retrouve toutes les inquiétudes modernes, parfois tournées en ridicule. Kaufman n'est autre qu'un ersatz de Bush ou de Rumsfeld...

Un pur chef d'oeuvre, peut-être lui faudra-t-il à lui aussi vingt ans avant d'être apprécié a sa juste valeur, mais qu'importe, le maître n'a rien perdu de sa superbe. Bien au contraire!

A noter que le DVD propose une version Director's Cut, rallongeant le métrage de 3 minutes. Malheureusement, cette nouvelle mouture n'apporte absoluement rien à Land of the Dead. Le film n'est pas plus gore (ou alors d'un quart de seconde), et comporte une scène supplémentaire (3 minutes donc), durant laquelle Cholo apporte de l'aide dans l'appartement qui jouxte la salle de conférence où il a rendez-vous avec Kaufman.

Tant pis, la prochaine fois peut-être ?

6/6 - Colin VETTIER


Retrouvez l'interview exclusive de George A.ROMERO accordée à Horreur.com lors de sa venue à Paris le 27 & 28 Juillet 2005:

horreur.com/interview-26-romero-george-.html


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  Avis de G.R. sur territoire des morts le
Il bouge pas mal ce film et puis on ressent quelque chose pour ces morts encore vivants. Ils suivent un peu le zombie du Jour des morts vivants, piégés sur Terre sans repos et sans espoirs de retrouver une place dans la société. Le personnage du Pompiste montre cette mélancolie ambiante -au fait- ** ATTENTION ** SPOILER:
Il tue mais il est le seul à ne dévorer personne, est-ce pour marquer une évolution dans le comportement du zombie?
Car on sait que les morts vivants ne mangent pas par obligation...
Bon je vais arrêter là, je ne vais pas écrire une thèse non plus et puis le seul à pouvoir me répondre c'est Romero...
  Avis de whitequeen sur territoire des morts le
tout simplement genial ... pour moi un des tout meilleurs films de zombies , ca n'arrete pas une seconde,les effets gore sont magnifiques tout comme Asia Argento...M.Romero vous etes le roi des zombies et merci pour ce film
  Blob dr goreAvis de dr gore sur territoire des morts le
enfin la saga et finis et c'est le meilleur episode denis hooper et un geant
  Blob Hannibal Lecteravis de Hannibal Lecter
Et vive Big Daddy!!!
  Blob Hannibal Lecteravis de Hannibal Lecter
Excellent!Je trouve ce film genial et très bien fait,avec tout ses petits clins d'oeils à la société d'aujourd'hui!Land of the dead ne se contente pas d'être un bête film d'horreur dont le seul but est de faire vomir le spéctateur,il fait aussi réfléchir,ce qui est assez rare en ce moment.Bravo à Romero pour en être à son 4eme film de mort-vivant sans aucune répétition et avec toujour autant d'imagination!Vivement le prochain!
  Blob marineavis de marine
Grosse déception
On est plus dans le cinéma d'action holywoodien que dans un film avec la griffe de Roméro.
Des acteurs stéréotypés.
Avec un gentil très gentil, des conclusions dignes de walt disney.
Ce film est divertissant, mais ce n'est certainement pas ce qu'on attend de Romero !
Il se laisse suivre sans problème mais n'est ni dérangeant, ne fait pas réfléchir.
Le caractère des personnages n'est pas exploité.
Si dans Zombi on avait une vrai reflexion sur la société, ici on a affaire à du commercial.
  Blob SeBavis de SeB
et dire qu'il faut que j'attende encore 15 jours pour le voir....
  avis de Cujo
J'A-DO-RE !! je l'ai regardé tellement souvent que je connais toutes les repliques parcoeur lol
et avec deux de mes acteurs chouchoux (John et Simon), que demander de plus =)
  avis de ste²ve
Une grosse déception.
Déja on ne se rend pas trop compte que c'est un film de Romero, si ce n'est quelques plans qui portent son empreinte.
Ensuite, ce qui faisait pour beaucoup le charme de la trilogie, à savoir la psychologie, est absente et/ou baclée.Par exemple, le fait que les habitants essayent de reprendre un véritable train de vie est tres mal exploité Il faut dire qu'il est difficile de s'attacher aux personnages,aucun n'a de charisme, à l'exception d'un zombie.
Les zombies justement.Niveau maquillage, rien à dire, ils sont superbes...Mais devenus intelligent, doués de sentiments, élaborant des plans....On va me dire "oui mais dans Day of the dead!"...Cela n'a rien à voir.Dans DOTD c'était amené avec subtilité.Là c'est amené par un "tiens les zombies se mettent à réfléchir".Désolé mais j'attendais vraiment plus du film à ce niveau là.
Au niveau du gore, malgre ce que j'en ai lu, le film est tres gentillet, et il faut attendre la derniere demi heure pour avoir du déchiquettage honnete à se mettre sous la dent...
Le scénario, grosse déception du film, est inconsistant, bourré de clichés (le méchant est méchant, les gentils sont gentils).
Certaines scenes de film font penser à Mad Max (au niveau des véhicules), l'armée des morts (aïe), et aux films présentant un futur apocalyptique.
Land of the dead réserve néanmoins de tres belles scenes, parfois tres fortes (SPOILER !!!!!!!la traversée de la riviere, les dispositifs de protection humains qui se retournent contre eux), mais on a l'impression que Romero ne va pas au bout de ses idées...
La fin est quant à elle tout bonnement stupide...
j'avoue etre extremement déçu devant ce film pour lequel je n'ai pas vibré une seule fois
  Blob snakeavis de snake
Le retour de Georges a ce qu'il sait faire de mieux,on peut pas dire qu'il s'est raté le bougre,toujours fidele a son message contestataire envers la classe bourgoise Américaine,il nous livre encore un grand film remplit d'actions,de terreur,d'émotion,de gore,le chef des zombies est un personnage tres charismatique.La scène ou les zombies sortent de l'eau est une des plus belles séquences que le cinéma fantastique nous ai donné depuis plusieurs années.Les personnages sont attachants et crédibles,et la fin laisse augurer une nouvelle séquelle et pleins d'autres j'éspere.C'est peut etre l'épisode le moins définitif de sa quadrilogie,n'empeche j'ai passé un moment superbe.Mes respects Georges!
  avis de bub
Une suite que j'attendais impatiemment. Dans l'ensemble j'ai aimé le film. En plus de la critique habituel sur le comportement humain on notera que les Zombies ont définitivement pris le rôle des 'gentils'.
On pourra reproché un rythme plutôt lent ce qui ne gâches pas trop le plaisir. Les scènes gores sont de bonne facture.
Côté acteurs j'avoue que j'ai beaucoup aimé Asia D'Argento et quant à Dennis Hopper il s'en sort aussi bien.

On notera l'apparition de Tom Savini en Zombie et si je me trompe pas au début du film le fameux zombie 'Bub'.
  avis de nekro
N'ayons pas peur de le dire : Romero est fini ! Ce film est une grosse déception pour tous ceux qui vous un culte à sa trilogie originelle (comme moi). Je n'ai meme pas envie de voir son diary of the dead tellement je suis persuadé que je vais etre déçu. Pourtant je l'attendais de pied ferme ce film. Avec cerise sur le gateau Dennis Hooper et Asia Argento dans le casting et une affiche magnifique .Mais quelle déception : Tout dabord le film est tourné uniquement en studio, l'histoire est sensé se passer de nuit ce qui nous prive de la lumière naturelle, si importante à mes yeux et qui ajoute toujours du réalisme a un film. En suite les zombis: Y sont pas mal mais le gros problème est qu'ils ont un leader, et qu'il parle presque. sacrilège! ils sont devenus plus malins et ça enlève leur caractère impersonnel et cadavrérique .Gros problème également: les héros sont fades et on s'en fout qu'ils se fassent bouffer ou non. Meme Asia, qui est une actrice à forte personalité est fade. Et Dennis Hooper on le voit presque pas .Reste quelques scènes gore bien sympas mais rien de révolutionnaire pour autant.Le film est plus proche d'une grosse machine hollywoodienne tournée en studio que la suite de sa monstrueuse trilogie .Normal, les années 70 et 80 sont finis et tous les réalisateurs cultes de ces années là se sont foirés en beauté ( argento, lucas, spielberg, Carpenter...) et j'ai peur pour celles à venir.


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