thriller
Jean-Jacques Annaud
Andrew Birkin, Gérard Brach, Howard Franklin, Alain Godard & Umberto Eco
Italie / Allemagne / France
1986
James Horner
Sean Connery, F. Murray Abraham, Christian Slater, Elya Baskin, Michael Lonsdale, Volker Prechtel, Feodor Chaliapin Jr., William Hickey, Michael Habeck, Urs Althaus, Valentina Vargas & Ron Perlman
|
Jérémie MARCHETTI
6/6 - Jérémie MARCHETTI
6/6 - Gérald GIACOMINI
6/6 - Vincent DUMENIL
6/6 - Stéphanie AVELINE
|
|
1327, dans une abbaye du nord de l’Italie, un moine est retrouvé assassiné. Guillaume de Baskerville, un moine érudit et sage, est appelé pour élucider ce meurtre. Il est accompagné par son disciple Adso, jeune et inexpérimenté, et se fraye un chemin parmi des hommes d’église particulièrement patibulaires. De lourds secrets semblent se tapir dans la bibliothèque, constamment surveillée, mais un nouveau cadavre est découvert dans un baquet de sang…
Première grosse production de Jean Jacques Annaud, "La guerre du feu" illustrait comme jamais auparavant l’ère préhistorique, avec sauvagerie, réalisme, violence et de plus sans aucun tabou. Cinq ans plus tard, Annaud se lance dans l’adaptation du lourd et grand pavé de Umberto Eco : "Le nom de la rose".
Encore un de ces chefs d’œuvres littéraires jugés comme inadaptable, déroulant une subtile enquête policière dans un Moyen-âge crapoteux et tortueux. Passionnant certes, parfois surprenant dans sa construction (de longues pages en latin non traduites!!!) mais bel et bien suffisamment complexe pour être adapté avec des pincettes. Confié la réalisation à un tâcheron en serait suicidaire, et se sera le grand Annaud qui déploiera (à nouveau) un budget faramineux et un talent à toute épreuve.
A peine le spectateur aura la vision de la très fameuse abbaye qui plante définitivement le décor, qu'Annaud installe déjà une atmosphère noire et quasi-fantastique, propice à la boue, à la neige sale, au cimetière et à cet édifice décoloré et parfaitement structuré, s’étirant longuement dans un paysage désolé. Ce n’est pas pour rien si Enki Bilal était présent au département artistique.
Sobre, malin, fort poli, Sean Connery possède ce coté Sherlock Holmes tout à fait croustillant, d’une perspicacité toute aussi phénoménale. Un personnage qui aurait été bien propret si son passé d’inquisiteur ne le tourmentait pas. Un passé douloureux et un savoir inépuisable qu’il transmet petit à petit au jeune Adso (Slater trouve un rôle parfaitement à sa portée et pourra se faire brillamment remarquer), qui ne pourra pas garder sa virginité très longtemps avec cette jolie fille rodant dans les alentours, et dont il est désespérement amoureux. Un amour qui le marquera toute sa vie car bien sûr il ne saura jamais "Le nom de la rose".
Thriller glauque plus proche d’un "Seven" moyen-âgeux et religieux, que d’une banale histoire de meurtre à la Miss Marple, "Le nom de la rose" dévoile lentement un catalogue de gueules époustouflantes et difformes, qui donnera tout simplement l’impression que les paysans issus des toiles de Bosch prenaient littéralement vie: obèse albinos, aveugle squelettique, homosexuel, visage biscornu, bossu pathétique, barbu suspicieux…
Si la violence générale s’arrête à un cochon éviscéré et un bel empalement (ainsi que quelques flash-backs sur certaines morts et leurs explications), Annaud laisse planer une ombre fantasmagorique sur son film, et l'alimente de superbes décors et d’images flirtant avec bonheur avec le genre que nous affectionnons tant: bûcher, tortures, labyrinthe pourrissant, cadavre livide flottant dans une baignoire, autopsie, mur tapissé de figures de pierres monstrueuses (jetez un œil insistant à la scène, certaines bougent!!)…
Et tout cet univers tendant vers le fantastique sera parfaitement résumée dans la splendide affiche signée Philippe Druillet.
Malgré sa mention (assez incompréhensible) "tout public", Annaud ne s’arrête pas à la beauté plastique morbide et aux personnages déroutants: sans musique, ni effets de styles, il filme une scène d’amour ne cachant pratiquement rien entre les deux plus jeunes acteurs du film: Valentina Vargas et Christian Slater. Souillon muette et sensuelle, Valentina campe avec conviction son rôle le plus connu, et intimidera d’ailleurs beaucoup le jeune Slater lors du tournage du film!
D’ailleurs, toujours au rayon acteurs, on remarque un Ron Perlman fabuleux en Salvatore, tartiné une fois de plus d’un excellent maquillage le métamorphosant instantanément en Quasimodo attardé, communiquant avec toutes les langues existantes à la fois! Et puis impossible de louper le grand méchant incarné par F. Murray Abraham, inquisiteur sadique de haut vol, renvoyant au fameux Frodo du livre de Hugo, par son look et ses cruelles manières. Les amateurs de morts violentes ne manqueront d’ailleurs pas son funeste (et puis tellement jouissif!) destin.
Long mais passionnant, "Le nom de la rose" n’a rien d’un grand film rythmé et quelques séquences paraîtront peut être longuettes aux non habitués.
Si elle se montre plus ou moins discrète dans le film, la musique de James Horner trouvera son apogée dans l’émouvante scène finale, qu’on ne cessera de voir les yeux embués de larmes (en tout cas si vous restez sensibles au choix de Adso). Jean Jacques Annaud signe son œuvre la plus parfaite à ce jour, la plus riche et la plus captivante. Inoubliable.
6/6 - Jérémie MARCHETTI
* César du meilleur film étranger
|
Avis de : psytaker
g vu ce film la par hasard sur historia pis c pas mal malade comme film en t-k pour le temps ca vaut quand meme le coup d'oeil! tres bon thriller et un peu de gore ca se regarde bien.
Avis de : Thomas
J'ai vu ce film une vingtaine de fois. Une des meilleures enquêtes policière jamais tournée.Mise en scenne, jeux des acteurs, éclairage, repères historiques, musique... bref, tout est bon. Une nuance toutefois, le film est différent du livre. Le fonds est le même mais l'objet différent. Je ne dirais rien de plus pour ceux qui veulent le lire. Film génial enfin sorti en DVD
Avis de : Skorpion
Excellente oeuvre de Jean-Jacques Annaud, qui le dispute à L'OURS et LA GUERRE DU FEU, deux autres films majeurs.
Une intrigue policière rondement menée, une mise en scène ciselée au milimètre, une interprétation unique (Sean Connery est formidable) et pour terminer une prestigieuse bande-son achèvent de rendre remarquable ce thriller insolite au parfum Moyen-Âgeux.
Du grand cru.
Avis de : sangore
Très très bon film qui fleure bon le mystérieux vieux parchemin ...
Mais je m'interroge sur la pertinence d'en mettre la critique sur cineHORREUR.com.
Avis de : gerald GIACOMINI
Pour Sangore: en effet, aborder ce film n'était pas forcèment une priorité, mais nous traitons sur le site également des thrillers (et c'est à ce titre que "Le Nom de la Rose" se trouve chroniqué sur Horreur.Com)- et pas que des films d'horreur purs et durs. Mais rassurez vous, nous ne traiterons pas, par exemple de "L'ours" du même Jean-Jacques Annaud :)
Avis de : blit
on ne change pas de scenariste comme de chemise!!!
Avis de : dan dadadadammm
Le Nom de La Rose... quel titre, quel film !! Grandiose
Avis de : fabien
Un grand film ou l' intolérance religieuse est décrite dans les moindres détails. Passionant
Avis de : ciné45
C'est du grand art et la minutie légendaire d'Annaud est poussée jusqu'à son paroxisme.
Blit : sache qui si Annaud a changé autant de fois de scenaristes (dont l'un des premiers fut Andrew Birkin, le frere de Jane) c'est parce qu'il voulait tirer le maximum du livre D'umberto Ecco et qu'aucun n'a réussi à lui donné entière satisfaction. Ce sont d'ailleurs eux qui sont parti (lessivés) après avoir donnés le meilleur d'eux-mêmes (mais ne parvenant plus à faire avancer l'histoire dans le bon sens), ce n'est pas lui qui les a viré, cela fait une grande différence.
Avis de : onm
un excellent thriller medieval, sublime par la prestation de Connery.
Avis de : rather
Ce film m'avait l'air totalement pourri quand j'ai vu la jaquette, mais il s'est avéré être excellent, certaines scènes sont à voir absolument.
5/6
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|
|
|