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Gérald GIACOMINI


Note sur 6 :


5,5/6 - Gérald GIACOMINI








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BASIC INSTINCT
( BASIC INSTINCT )


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Qui mieux que le talentueux Jerry Goldsmith, digne successeur de Bernard Herrmann, pouvait être chargé de la bande originale de « Basic Instinct » ? Pour ce thriller aux relents hitchcockiens, il fallait faire appel à un compositeur d’apparence classique (ce n’est pas un hasard si Goldsmith s’est occupé de la musique de « Psychose 2 » tant sa filiation avec les univers d’Hitchcock est patente) mais qui saurait apporter sa touche personnelle. Ce n’est pas la première fois que Goldsmith collabore avec le hollandais violent. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur « Total Recall ». Un choix logique, tant son score arrive à moderniser le mythe de la femme fatale et à sublimer San Francisco, qui apparaît ainsi comme une entité propre. La ville du Golden Gate devient ainsi une ville fantasmée et un personnage à part entier du film. Le hasard ne faisant jamais mal les choses, la corrélation est vite faite avec le sublime « Sueurs froides » de Sir Alfred ! Pièce maîtresse d’un des plus grands compositeurs du 20ème siècle (ce n’est pas notre collègue Gilles Luquet qui me démentira !), la B.O de « Basic Instinct », est une œuvre orgasmique, qui mélange érotisme et suspense avec une densité qui ne sera plus jamais atteinte par les ersatz de ce thriller. Pour diriger son orchestre, Goldsmith fera un bon usage de chaque instrument (pianos, cordes, violons…), ce qui aboutit à une parfaite symbiose entre les images et la musique.


 piste 1 : Main Title - 2'17

Magnifique entrée en matière avec une partition musicale qui joue avant tout sur nos sentiments, s’accordant majestueusement avec la photographie de Jan de Bont. La partition débute de manière limpide avant de s’atténuer en bout de course, au diapason de nos deux amants, comme essoufflés par leurs ébats. Un premier morceau qui ne laisse pas présager cette fin brutale et l’irruption soudaine de la violence.

 piste 2 : Crossed legs - 4'52

Alternance de cuivre et de corde pour accompagner ce morceau, qui est à la fois caressant et brutal. Cette plage est divisée clairement en deux parties distinctes. On assiste alors à une accélération du rythme dans sa seconde phase. Le rythme soulignant bien la rencontre entre ces deux « bêtes » que sont Catherine Tramell et Nick Curran. Un second thème récurrent (après le Main title) fait alors son introduction, et reviendra en boucle pour surligner le rôle attractif de la femme fatale.

 piste 3 : Night Life - 6'05

Nous nous trouvons ici en présence d’un thème extrêmement violent. Beaucoup plus que ceux qui l’ont précédé, et qui nous fait ressentir l’adrénaline et le goût du danger (déjà les Risk Addiction, thème central de la suite). Le rythme est très soutenu jusqu’à donner un sentiment de vertige. Puis s’ensuit une partie plus douce, et cotonneuse, nous plongeant dans une sorte de rêve éveillé, nous plaçant du côté du personnage du flic. Son obsession de Catherine se transmet alors à nous. La piste se conclue enfin par une reprise sur un mode mineur et moins agressif du thème d’intro.

 piste 4 : Kitchen Help - 4'00

Ici, Goldsmith fait une sorte de pause, se montrant moins inventif et audacieux. La répétitivité des mêmes sonorités peut même lasser même les plus fervents défenseurs du compositeur. Même si la piste n’est pas vraiment déplaisante

 piste 5 : Pillow Talk - 5'02

On entre dans le vif du sujet avec la fameuse scène d’amour entre Sharon Stone et Michael Douglas. Une longue scène qui méritait une composition magistrale. Pari largement réussi. La musique orchestrale se donne à fond pour accompagner ce ballet amoureux et torride. Au diapason de la scène, le compositeur colle au plus près et livre une véritable tour de force.

 piste 6 : Morning after - 2'30

Sorti du réveil (sonorité très apaisante) du « Prince au bois dormant » après sa nuit extatique, ce morceau restera finalement très anecdotique, se contentant en terme de musicalité de surligner la dangerosité de miss Tramell ! Rien de nouveau sous le soleil californien…

 piste 7 : The Games are over - 5'36

Changement de registre en même temps que les suspects deviennent plus nombreux et que Nick Curran se trouve perdu entre deux réalités (la psy et Tramell, deux femmes manipulatrices). Les émotions se font troubles et cette piste de toute beauté s’inscrit dans la continuité de la BO (sourde angoisse que l’on avait déjà ressenti dans le thème « Pillow talk »). La seconde partie monte en crescendo jusqu’à épuisement total. A noter une utilisation intensive du piano, qui sert à accentuer la sensation de danger.

 piste 8 : Catherine’s Sorrow - 2'43

Ce thème passe assez inaperçu après la richesse des thématiques des pistes précédentes. Une discrétion qui permet de faire une pause

 piste 9 : Roxy loses - 3'18

Pour la première fois, le thème musical prend pour une autre femme que Catherine Tramell comme objet central : Roxanne, sa maîtresse. La jalousie meurtrière de cette dernière se fait ressentir à travers les élans sonores d’une musique orchestrale portée à son sommet, et qui va très loin dans la montée de la tension. Mais dès que Roxanne disparaît de la scène, la musique reprend un tempo plus calme et modeste. Sans pour autant basculer dans des mélopées sirupeuses, contrairement à e qu’auraient fait d’autres compositeurs en une telle occasion.

 piste 10 : An unending story - 7'56

La plus longue piste de la BO reprend allégrement les mêmes sonorités, aboutissant à un condensé des thèmes principaux déjà abordés. Les cuivres sont à nouveau très demandés comme en écho au thème d’ouverture désespéré et si évocateur à l’oreille. Pour achever sa BO, Goldsmith se laissera néanmoins à plus de douceur, ce qui se démarque de la plupart des morceaux enfiévrés auquel on a eut droit précédemment





Thème intemporel parmi d’autres de son auteur, la BO de « Basic Instinct », mélange avec brio la thématique hitchcockienne avec la modernité des années 90. Sans sombrer jamais dans la facilité, Jerry Goldsmith, dépoussière un mythe, et montre que l’on peut composer avec brio la musique d’un thriller érotique là où d’autres se seraient laissés aller à la facilité. La plupart des scènes clés du film se terminant quasiment de manière orgasmique, grâce à l’utilisation d’un orchestre dans toute la diversité de ses instruments. Une leçon de grande classe que nous a encore donné monsieur Goldsmith. Retrouvez la critique du film : http://www.horreur.com/critique-453-basic-instinct.html



L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : quench


Une BO qui donne tous son sens au film et presque son suspens aussi, goldsmith tape fort et avec un grand réal, c'est d'autant mieux. pour le plaisir des oreilles.








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