FESTIVAL MAUVAIS GENRE - 2007 , un dossier de Colin VETTIER

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PREFACE :

 


Le jour où il sera envisageable pour le cinéma français de donner dans le divertissement, alors ce jour là j’allumerai un cierge. Ce n’est pas par manque de talent que le cinéma de ce pays se restreint à quelques genres bien définis, j’en veux pour preuve les différents métrages (courts autant que longs) présentés au cours de ce festival.
Laissez-moi donc subtiliser un peu de votre temps pour vous conter les évènements qui se sont déroulés lors de cette première édition.

C’est tout à fait par hasard que j’ai découvert le festival mauvais genre, festival du cinéma de genre international à Tours.
Depuis quelques mois je m’occupe de la page Myspace d’Horreur.com. Et là, parmi les avatars en attente d’être validés en tant qu’amis, une étrange jeune fille tortille ses fesses. Je n’y prête d’abord pas attention, puis, pour remercier de l’ajout, je me rends sur le profil de ce que je croyais être manouvelle amie. Là, surprise, il s’agit en fait d’une page du fan-film francais "Batman – Ashes To Ashes". Curieux je regarde la featurette présente sur le site. Un petit couple de minutes plus tard, je suis les fesses par terre, accroché à ma souris pour ne pas aller plus bas.
Une fois relevé, je contacte Julien, pour lui proposer un partenariat. Le jeune homme se montre très accessible, et accepte avec plaisir. Il m’avoue alors qu’un teaser du court sera diffusé en exclusivité mondiale au Festival mauvais genre à Tours.

Aussitôt je contacte Loren, la responsable de la communication sur le festival pour lui proposer un partenariat et la possibilité de venir sur le festival au nom d’Horreur.com.
Jeudi 5 avril, je sors à peine de deux jours de partiels et de quelques heures de cours que je saute dans le train pour Tours. Il fait beau, je regarde le paysage défiler, traversant la campagne poitevine pour rejoindre le département 37. Dans mon estomac une petite boule naît. C’est mon premier festival, et je dois avouer que je ne suis pas tout à fait rassuré. Etant angoissé de nature et mû à la fois par un amour du cinéma et un engagement pris, je décide de jouer la carte du sérieux.

Par conséquent, j’ai souhaité faire de ce carnet de bord le document le plus exhaustif possible même s’il était humainement impossible d’assurer seul la couverture d’un festival proposant plus de 40 courts métrages et quelques 13 longs métrages. Que les lecteurs m’en excusent, j’ai fait du mieux que je pouvais.

Jeudi 5 Avril – Jour 1



Cérémonie d’ouverture


Pour cette cérémonie d’ouverture, le festival a loué la salle Thélème, un amphi de 600 places, encore plus confortable qu’une salle de cinéma. Quel bonheur, ça change des vieux amphis aux sièges en bois, responsables de l’érosion de mes os postérieurs.

Après un discours de Gary – le président du festival, en grande forme – le jury est invité sur la scène. Présidé par Laurent Tuel (responsable de "Jeux D’enfants" et "Jean Philippe"), le jury est composé de Docteur Devreaux (Matière Focale), Leslie Bedos (Journaliste et écrivain), Julien Mocrani (Jeune réalisateur de talent)… Tous se prêtent avec grande joie au jeu, et semblent très heureux d’être là. Tous, à part peut-être Laurent Tuel, peu accessible, et qui semble avoir d’autres chats à fouetter (la préparation d’un nouveau long ?). Qu’importe, les seuls sentiments qui se dégagent du jury sont positifs, même si certains semblent avoir peut-être un peu le trac.
En tout cas voilà un jury qui se justifie de sa présence (pas d’invité "décoration" comme c’est le cas dans certains festivals), et qui ne se prend pas au sérieux.
Est ensuite invité à monter sur scène le jury lycéen, composé de six… lycéens, oui madame !
Tout se déroule dans la bonne humeur, et sans aucun accroc. La couleur est annoncée, le festival se veut bon enfant, à des lieues des préoccupations purement mercantiles et nombrilistes qui tendent à ronger ce genre de manifestation.

"Batman – Ashes To Ashes"


[Bande Annonce – Julien Mocrani – France – 2008 ? – Présence des réalisateurs]

 


Sont diffusées en avant-première mondiale quelques minutes du fan-film, Batman Ashes To Ashes, dont nous sommes fiers d’être partenaires. Superbement travaillé en post production pour obtenir un visuel, ô combien fidèle à la bande dessinée, l’équipe de Julien à abattu un travail monumental. Et il continue de le faire pour pouvoir présenter dès le printemps 2008 le court métrage dans sa totalité.
Il s’agira du premier métrage à présenter Ashley Quinn, la petite amie du Joker. Ca s’annonce mieux que bien.
La seule limite que connaîtront Julien et ses compères, est celle des droits. Comme tout fan-film qui se respecte, les droits n’ont pu être acquis – imaginez un instant le prix des droits du justicier de Gotham – il leur faudra donc compter sur un accord de principe de D.C.


"The Torch Bearer"


[Court métrage – Vaclav Svankmajer – République Tchèque – 2005 – Animation]

C’est au court métrage de Vaclav Svankmajer d’ouvrir les hostilités. Nous sont contées les aventures d’un chevalier qui entreprend un parcours initiatique pour rétablir le cycle du jour et de la nuit. Pour réussir son périple, il devra se soumettre à trois épreuves, orchestrée par d’étranges créatures, s’apparentant à des anges.
the torch bearer se présente comme un fleuron de l’animation en image par image. Les personnages sont superbement modelés, et évoluent dans des décors qui ne le sont pas moins. Cette technique d’animation aussi connue sous le nom de Stop Motion, que Ray Harryhausen utilisait déjà en son temps, est ici poussée très loin, soutenue par une mise en scène tout en douceur.
Le résultat est fort poétique, et s’adresse principalement aux enfants, ou aux adultes à la recherche d’onirisme. Cependant, the torch bearer manque d’un peu d’énergie, et le temps finit par être long.

"Starslyderz"


[Long métrage – Garrin Vincent – USA – 2005 – présence des réalisateurs – Première internationale]

 


Les deux personnes à l’origine de "Starslyderz" sont là, complètement étonnées. Ils semblent ne pas en croire leurs yeux, et débordent d’enthousiasme. Le réalisateur ne trouve pas ses mots, et son compère reste timidement en retrait. Une intervention touchante, et je pense, très flatteuse pour le festival, les deux américains y prêtant un important crédit.

Voilà un métrage qui est bon ! "Starslyderz" nous entraîne dans les palpitantes aventures d’un groupe de crétins de l’espace, investi d’une mission de la plus haute importante : sauver la fille du gouverneur des Planètes Unies d’Amérique. Le seul hic, c’est que l’équipe de Starslyders, dirigée par le Capitaine Johnny Taylor, est plus préoccupée à souiller la Science Fiction dans son ensemble qu’à sauver qui que ce soit.
Le film a été tourné en MiniDV et pourra s’avérer désagréable à regarder pour ceux qui ne s’intéressent qu’aux budgets avec plus de cinq zéros. Pour les autres, les vrais cinéphiles, "Starslyderz", c’est une bombe d’énergie, parfois maladroite, souvent graveleuse, mais toujours intéressante ; et cela malgré quelques pertes de rythme.
Le métrage de Garrin Vincent est un doigt d’honneur (et oui, un de plus) rigolard vers Hollywood, la SF et tout ce qu’elle représente, dans la droite lignée de Troma. Saupoudré de quelques morceaux de comédie musicale, incrusté de blagues salaces, et de références idiotes, "Starslyderz" est une très bonne surprise qui ne recule devant aucun affront.


Vendredi 6 Avril – Jour 2



Pour les festivaliers, la journée commence à 14h, et s’annonce comme étant celle qui lancera véritablement le festival. D’abord parce que la journée de jeudi n’était en fait qu’une soirée, et ensuite parce qu’il est indéniablement plus facile de se libérer un vendredi après-midi (ensoleillé qui plus est). Surtout lorsqu’un week-end de trois jours s’annonce. Les hostilités se déroulent donc entre la fac de musicologie, et la cour du Conservatoire National de Région où a été dressé un chapiteau, rempli de chaises longues.

Compétition de courts métrages de fiction francophones


A l’issue de la diffusion de dix courts, les spectateurs sont invités à voter.
Pour ceux qui n’auraient pas pu assister à cette compétition, une séance de rattrapage sera prévue le lendemain.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous dire que le niveau de cette compétition était extrêmement élevé. Chacun des courts recèle une puissante personnalité, serti d’une originalité, qui pour une fois ne se limitait pas à une masturbation névrotique du cortex. Il y avait ici des gens amoureux du cinéma, conscients que leur film se destine au public, et pas au(x) diffuseur(s). Ces réalisateurs qui en France peinent à trouver des crédits, des subventions et autres, parce qu’ils ne font pas du "film français", mais du divertissement de haute volée. Dommage.
Quoiqu’il en soit, les dix courts métrages ont aisément conquis le public. Et pour cause.

"Ange"


[Court métrage – Nikolas List – Belgique – 2006]

 

Octave est un trentenaire, seul, il répare des poupées pour gagner sa vie. Quant un soir, à la fête foraine, il fait la rencontre d’ange. Exposée comme une curiosité, la belle n’a pas de colonne vertébrale.
Délivré par des étudiants de deuxième année de licence, soutenu par l’IAD, le projet se révèle ambitieux, d’autant plus que l’action semble se passer à la fin du XIX siècle. La photographie est très travaillée, et les couleurs dominantes dans des tons ocre, sont tout à fait en concordance avec l’image que l’on se fait des caravanes itinérantes, montrant aux curieux, des bêtes de foire.
ange s’avère être une belle et cruelle réflexion sur le rôle que jouent les apparences, et sur la différence.


"Les Morveux"

[Court métrage – Pierre-Louis Levacher – France – 2006 – présence du réalisateur] Prix Spécial
 


Marre de ces petits crétins à la voix mielleuse qui dégouline de toutes les embouchures médiatiques ? "Overdosé" par les choristes, il vous a fallu faire une psychothérapie pour exorciser les "petits chanteurs de Berck-sur-mer" ? Alors vous allez vous entendre à merveille avec le réalisateur de ce court métrage.
A force d’entendre en boucle la bande originale des choristes, un homme pète les plombs, et va passer à l’acte. Un court métrage exutoire, drôle et acide, où les gamins du métrage de Gérard Jugnot en prennent cher pour leur grade.
La réalisation est solide comme le roc, et confère une violente énergie à ce phénomène de société qu’est l’aversion maladive pour "les Choristes". Appuyé par une bande son inspirée du film que l’on connaît, mais dont les paroles ont été revues et corrigées, c’est un sans faute pour Pierre-Louis Levacher. Il semble qu’il soit grand temps pour le réalisateur français de s’attaquer au long.

"Viens sur mon chemin… gnin gnin gnin." Bien fait pour vos tronches. Sales mômes !


"L’étrange Portrait de la Dame en Jaune"

[Court métrage – Hélène Cattet & Bruno Forzani – Belgique – 2005]

 


Ce court métrage belge, est un tour de force, hommage au Giallo de la grande époque. De la main gantée à la jeune femme agressée sous sa douche, en passant par un traitement particulier des couleurs, tout est mis en œuvre pour nous rappeler Argento, Bava… A une exception près : "L’étrange Portrait de la Dame en Jaune" est un plan unique, fixe, de quatre minutes, orienté sur le carrelage de la salle de bain.
Impressionnant par la maîtrise, en un seul plan le duo belge prouve ses capacités de mise en scène. Toute action est millimétrée pour apparaître lisible sur un cadre unique.
Expérimental, beau et intéressant. Ce court métrage ne peut qu’éveiller la curiosité.


"Naufrage"


[Court métrage – Olivier Beguin – Suisse – 2006] Prix de l’association "Mauvais Genre"

 


Deux couples d’amis, en vacances sur un petit bateau de plaisance, s’échouent sur une île étrange. Alors que les tensions au sein du groupe s’installent, le quatuor découvre que le morceau de terre sur lequel ils sont bloqués est un tumulus, une sépulture pour les morts noyés.
Librement inspiré des plus grands auteurs de la littérature fantastique, naufrage développe lentement un suspens surnaturel. Malgré toutes ses qualités, le métrage souffre de quelques rares lacunes, comme d’une photographie qui aurait gagné à prendre en compte les inconvénients du numérique et d’une post synchronisation qui érode la conviction du jeu des acteurs.
Abstraction faite de ces deux petits bémols, le court métrage s’avère plaisant à regarder, d’autant plus que Monsieur David Scherer s’est chargé des effets spéciaux. Mais de quel projet l’increvable strasbourgeois n’est-il pas ?


"Mémoire Morte"


[Court métrage – Igor Simonnet – Québec – 2006]

 


Il s’agit ici d’un huis clos. Un homme malmène violemment une jeune femme pour la faire passer aux aveux. Mais la belle ne se mettra pas à table, et pour cause, elle souffre de trouble de la mémoire.
Une belle photographie, et un dynamisme de mise en scène font de ce (très) court métrage une petite douceur. Il est toutefois regrettable qu’il soit aussi court. En effet "Mémoire Morte" donne l’impression d’avoir été tronqué, ou d’être une accroche, servant de base pour monter un projet plus gros.


"Broil"


[Court Métrage – Erik Cimon – Nikolas List – Quebec – 2006 – première européenne]

Dans un appartement d’un luxe extrême, une jeune femme fixe son four vide. Fera-t-elle ou ne fera-t-elle pas une tourtière au porc pour son mari ? Cette question devient si obsessionnelle qu’elle conduira le couple bien trop loin.
Pour ce court métrage québécois, le réalisateur s’offre la prestation de Laurent Lucas. Si sa présence est parfaitement dispensable, il n’en remplit pas moins son rôle. Que ceux d’entre vous qui sont horripilés par cet acteur se rassurent donc, le français réussit à délivrer une prestation opprimante.
S’appuyant sur une ambiance sonore glauque à souhait, la tension monte très rapidement pour ne plus redescendre. Les scènes durant lesquelles le couple se regarde, sont chargées de non-dits qui électrisent l’air.
Une bien belle réussite.


"Patiente 69"


[Court métrage – JP Benes & Allan Mauduit – France – 2005] Prix du Public

 


Ce soir Sébastien effectue sa première garde de nuit dans un hôpital psychiatrique. Pas impressionné pour un sou, voir même carrément détendu, il s’ennuie. Pour sa première, il s’attendait à un bizutage en règle. Tant pis, il en profite pour visiter l’aile du bâtiment où est confiné un dangereux psychopathe. Sa rencontre avec l’Hannibal Lecter local va lui valoir quelques sueurs froides.
Prix du Public dans la compétition Fiction francophone de cette première édition du festival, "Patiente 69" est une très agréable surprise. Farce grotesque, superbement réalisée par JB Benes et Allan Mauduit, le public ne s’y est pas trompé, et les réactions dans la salle les auraient comblés de joie. En effet "Patiente 69" dispose d’une énergie communicative, véhiculée par un ton léger, rafraîchissant. Les acteurs délivrent tous une performance sans faille, et permettent la cohésion de l’ensemble.


"Noir Total"


[Court métrage – François Jamin – France – 2006] Coup de Cœur HORREUR.COM

 


Les lendemains de cuite douloureux, vous connaissez ? Vous avez pris l’habitude de vous réveiller sans vous rappeler de ce que vous avez fait la veille ? Alors "Noir Total" est fait pour vous et vous passera peut-être l’envie de vous adonner à la boisson. Ainsi le héros de ce thriller se réveille avec une monstrueuse gueule de bois, et accessoirement un cadavre d’une jeune femme dans sa salle de bain. Ne pouvant se charger du macchabée tout seul, il appelle un ami à l’aide.
La première chose qui frappe à la vision de "Noir Total" c’est sa mise en scène. Permettant de soutenir un rythme haletant, et un grand suspens, elle renvoie directement aux icônes du genre, dont le brillant Brian DePalma (période ???). Non content de nous offrir un cadre sombre, comme tout bon thriller qui se respecte, "Noir Total" y appose une chouette bande son, créant ainsi la tension.
Ne sacrifiant aucune règle, François Jamin nous offre bien évidement un Final Twist renversant. Le jeune réalisateur connaît ses classiques, et réussit le pari de nous communiquer son amour pour les thrillers, et cela malgré un budget plus que restreint. Comme 1.000 € ne permettent pas de concrétiser trop d’ambitions, il aura fallu faire une croix sur quelque chose. Ici c’est le son qui pêche ; cependant il ne fait aucun doute qu’il vaut mieux un son cru pris sur le plateau, qu’une post-synchro molle qui ruine le jeu d’acteur.


"By the Kiss"


[Court métrage –Yann Gonzalez – France – 2006] Prix du Jury Lycéen

 


Une jeune femme est appuyée contre un mur de pierre. Un à un des inconnu(e)s défilent devant elle pour l’embrasser. Au fil du baiser, elle semble perdre son souffle.
Ce court métrage français, est tout ce qu’il y a de plus expérimental, composé d’un plan fixe en noir et blanc et rythmé par une musique électronique qui se fait peu à peu entêtante. Ce sont trois minutes d’une grande beauté, et parfaitement libres d’interprétation. Laissez-vous porter, "By the Kiss" puisera un sens dans votre vécu. Ici, les mots sont inutiles, l’image nécessaire.


"Nouvel Ordre"


[Court métrage –JD. Schneider, G. Bindschedler & A. de Sousa – Suisse – 2006] Prix du Jury

 


Dans une étrange maison, six personnes, toutes aussi délabrées que la demeure, semblent attendre que quelque chose se passe. Chacun vaque à ses occupations en gardant le silence. Le réalisateur entraîne sa caméra d’un protagoniste à l’autre, avec une extrême fluidité. Sans âge réel, situé dans une époque indéfinie, le continuum temporel de "Nouvel Ordre" semble être figé. Le traitement de l’image n’y est pas étranger. La superbe photographie traduit des teintes maladives, du verdâtre au jaunâtre, rappelant immédiatement les travaux du duo Caro/Jeunet ("la cité des enfants perdus", "Delicatessen"…).
Ce court métrage est, à n’en pas douter, graphiquement abouti, mais le trio suisse aurait tendance à se regarder filmer.

Fin de la Compétition des courts métrages de fiction




"Résonnances"

[Long métrage – Philippe Robert – France – 2006 – Présence de deux acteurs – Première française]

 


resonnances qu’est-ce que c’est ? Difficile à dire, c’est un film de science fiction qui lorgne du côté du survival, tout en assumant un côté exploitation / série B. L’histoire est simple : trois amis – parmi lesquels un geek accroc aux jeux vidéos – et trois amies se rendent en boîte de nuit. Séparés en deux voitures – les hommes et les femmes donc – les premiers tombent en panne d’essence. Contraints de s’arrêter, ils tombent sur une station d’essence désertée où ils rencontrent un homme qui prétend être aussi tombé en panne ; ils font le plein, et repartent avec un nouveau passager. Sur la route, au détour d’une épingle à cheveux, ils aperçoivent la dame blanche. Surpris le conducteur fait une sortie de route qui mène la voiture tout droit au milieu d’une forêt où semble les guetter un grave danger.
resonnances a été tourné en HD-DV et est signé Philippe Robert, responsable des effets spéciaux sur "Dobermann". S’il est une chose incontestable, c’est que le bonhomme est un fou furieux des effets spéciaux. Et avec un petit Budget comme on le devine, il réussit à monter un film de science fiction qui ne s’épargne aucune ambition : des voitures explosées, projetées dans les airs à la destruction de nombreux environnements, sans oublier la création de pans de décors entiers en numérique.
Le film souffre certainement de quelques longueurs, mais rien de très grave. C’est pas tout les jours qu’en France on donne dans le cinéma d’exploitation pur et dur, alors pas question de bouder son plaisir pour quelques menus défauts. Comme pur produit du genre, Monsieur Robert nous sert avec resonnances des punch-lines bien gratinées, une surenchère dans l’action, et une bande originale bien sympathique.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, le cinéaste nous gratifie même de quelques délires qui fleurent bon le cinéphile dopé au cinéma de genre. Pour ne rien gâcher, le tout est porté par une volée d’acteurs talentueux.
L’anecdote pas marrante du tout, c’est que le film a été distribué dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, mais pas la France. C’est qu’en France on aime bouder son plaisir et se tirer une balle dans le pied. Oui madame [à lire avec la bouche en cul de poule] "ici on ne fait que du cinéma in-tel-lec-tu-el, et nous nous plaisons à le faire avec ce qui s’apparente à une poutrelle dans le rectum." Cynique ? Sans doute, mais réaliste, car les faits sont là.


Ciné Concert



"Le Cabinet du Dr Caligari"

[Long métrage – Robert Wiene – Allemagne – 1920]

 


Le sublime film, pierre angulaire du cinéma expressionniste allemand, diffusé et accompagné d’une composition originale d’un duo de guitare/trompette, membre du Conservatoire National de Région. Les deux musiciens se donnent du mieux qu’ils peuvent, et contribuent à appesantir l’atmosphère qui règne sous le chapiteau de projection. De notes de guitare criantes en souffles de trompette distordus, voici une très belle leçon de la cohésion cinéma / musique.
La copie en 35mm dans laquelle est présenté le film est d’une qualité qui ne peut que rendre justice au matériau original. Et ce ne sont sûrement pas les quelques coupures d’électricité qui créeront des entractes impromptus, qui amoindriront la bonne humeur du public. En effet l’assemblée hétéroclite profite de la séance assise dans des transat’, en cette chaude fin de soirée tout le monde arbore un superbe sourire.


Nuit Interdite



La nuit interdite. Le nom à lui tout seul donne une furieuse envie d’y assister. Un rapide coup d’œil au programme m’informe qu’il y aura trois courts, trois longs et des surprises.
C’est un peu l’évènement central du festival, son point d’orgue. Tout d’abord parce que la salle est archi-pleine, mais surtout parce que les films prévus sont des petits bijoux de vitriol sur celluloïd. Chacun d’entre eux agresse le spectateur avec un thème, un traitement visuel ou même un humour particulièrement corrosif. Comme la plupart des gens en présence sont justement venus pour se faire malmener le temps d’une nuit, l’ambiance dans la salle est très bon enfant.
Certes quelques personnes sont sorties lors des deux premiers longs, ne s’attendant pas être secouées de la sorte. Mais ça fait partie du jeu. Et pour les écoeurés, il y avait un stand de merguez dehors, histoire de se lester l’estomac.

"Chingaso le Clown"


[Court métrage – Elias Matar – USA – 2006 – Première française] Coup de Cœur HORREUR.COM

 


Petit, ses parents ont été abattus sous ses yeux par des clowns. Il a grandi, il est énervé, grimé en clown, et assoiffé de vengeance. A la manière des supers héros, il se prépare à faire déferler une vigilante sur un monde séparé en deux clans rivaux : les clowns et les mimes.
Relevant plus de Batman que de Superman, Chingaso inspire la crainte, transpire la violence, et respire la haine. Pour lui pas de cape, pas de collants, pas de gadgets, mais une paire de poings qui appelle au sang.
Elias Matar nous offre ici une œuvre à la croisée des arts, entre bande dessinée (Comics en l’occurrence) et cinéma. "Chingaso le Clown", s’inscrit donc dans la lignée débutée par "Sin City", où les deux médias se confondaient ouvertement. Le mélange se fait de façon très fluide, la bande dessinée pouvant être envisagée comme une forme de cinéma statique (ou inversement – tout dépend du point de vue). Chingaso se permet d’aller encore plus avant, permettant à la BD d’infiltrer parfaitement son court métrage. Le résultat se présente non pas comme une adaptation graphiquement fidèle d’un comic book (comme le sont "300" et "Sin City"), mais plutôt d’une BD live. La nuance n’a rien de subtile : Chingaso utilise un univers graphique (la photo est signée Arthur Wong) et des personnages typiques, mais surtout se permet un découpage ponctuel de l’écran en cases. L’effet est saisissant.
Adapté d’un "Comic Book", chingaso le clown puise ses sources à divers endroits. Les inspirations semblent en effet se tourner tour à tour vers le Clown du Spawn de Todd McFarlane (pas celui de ce tâcheron de Mark A.Z. Dippé), et vers le Batman vigilante dans sa conception la plus sombre (donc pas celle de Burton – pour trouver un Batman véritablement haineux et corrompu de vengeance, il faudra se tourner vers les Comics Books). De sacrées références donc, qu’Elias Matar semble coiffer au poteau avec aisance par un court métrage d’une efficacité à toute épreuve. Viscéral et instantanément culte.
Le long métrage est en préparation et devrait être diffusé lors de l’édition 2008 du festival.

"Résidence Surveillée"


[Long métrage – Graeme Whifler – USA – 2005]

 


Un jeune couple emménage dans ce qui est apparemment une banlieue résidentielle typique et tranquille. De celles où toutes les maisons se ressemblent, avec le même petit bout de jardin et la même allée. Le réalisateur nous montre l’Amérique la plus lisse et la plus convenue possible, celle dont l’image est véhiculée par tous les médias à travers le monde. Mais ce n’est que pour mieux faire voler toutes ses valeurs en éclats.
Les travers du puritanisme de l’administration Bush sont dénoncés avec une virulence toute particulière. Graeme Whifler ne se contente pas de montrer du doigt, il nous met carrément le nez dans le caca. Et c’est d’un gros caca qu’il s’agit, magistralement mis en scène par le cinéaste américain.
"Résidence Surveillée" marque par son caractère irrévérencieux et ses 15 dernières minutes d’une rare violence. Accrochez-vous, ça va déménager ! D’ailleurs cet ultime quart d’heure déplace tellement les meubles que les estomacs les plus sensibles ont dû sortir de la salle (ou se couvrir les yeux).


"Zordax II : La guerre du métal"


[Court métrage – Syl Disjonk – Québec – 2006 – Compagnie du réalisateur – première européenne]

 


La diffusion de Zordax II n’était pas initialement prévue ce soir là, mais le lendemain matin à 10h30. Comme il était douteux qu’un samedi matin, l’amphi de musico soit aussi plein que pour cette Nuit Interdite, et que le réalisateur était là, les gentils organisateurs ont décidé de diffuser le court métrage québécois.
C’est donc devant quelques 200 personnes que Syl Disjoink nous a présenté "Zordax II : La guerre du métal". Le jeune homme est en grande forme, et va même jusqu’à nous gratifier les cages à miel d’un puissant : "ZOOORDAAAAAX".
Zordax II, est un vibrant hommage aux films d’exploitation post-nucléaire, dont l’Italie s’était faite le porte-parole pendant un temps.
En un peu plus que 10 minutes, le court métrage renverra les nostalgiques du genre à leurs premiers amours. Tout y est pour faire le parfait petit Post Nuke, des défauts aux qualités du genre. On s’attendrait presque à voir David Carradine débarquer d’entre les dunes. Comme le dirait Quentin Tarentino : "One of the best film ever made in the last 25 years". Ah, faut laisser le monsieur tranquille maintenant ? C’est quand même pas moi qui aie mis son nom sur toutes les affiches de films de genre sortis au cours des deux dernières années !


"Graveless"


[Court métrage – Christian Ray – USA – 2005 – Première française]

Deux personnes sont attachées dans ce qui semble être une cave, attendant que leurs geôliers se chargent d’eux. Chaque jour des milliers de personnes disparaissent – aucune d’elle n’aura jamais de tombe (d’où le titre du court métrage). Pourquoi devrait-il y avoir une explication à cela ?
Et effectivement le court métrage ne s’attache pas à donner une explication, juste à délivrer un court aperçu de l’enfer. L’enfer c’est l’attente de quelque chose qui ne vient jamais, celle des proches des disparus qui chaque jour espèrent leur retour ; c’est aussi retrouver ses frayeurs infantiles que l’âge adulte avait réussi à rationaliser.
"Graveless" est un court métrage pesant et cruel s’approchant presque de la perversion, qui se limite à dépeindre le sort de deux disparus, attachés dans un cachot. Tout le reste n’est que pure spéculation. Ce qui n’empêche nullement le court métrage de fonctionner.
Pour ne rien gâcher, la photographie est tout à fait convenable. L’éclairage oscillant entre des tons rouges et jaunes, confère à "Graveless" un aspect poussiéreux du meilleur effet.

S’il est agréable à regarder, et d’une efficacité indéniable, "Graveless" ne sera pas la meilleure surprise de cette nuit interdite.

"Agence de Voyage #3"


[Court métrage – Eric Bertrand, Caroline Labreche, Steeve Leonard – Québec – 2003]

 


Michaël Jackson entre dans une agence de voyage, à la recherche d’un petit séjour pour se détendre, et fuir sa vie, ô combien ennuyante. La conseillère lui répond qu’elle a exactement ce qu’il cherche, et là, tout bascule.
Pas d’effusion de sang, pas de zombie, pas de surnaturel pour ce court métrage, réflexion intense prenant pour présupposé la célèbre citation de l’éminent philosophe français : "le plastic c’est fantastique !"
Voici donc un porno québécois, entièrement tourné avec des poupées de type Barbie ©. Drôle, vulgaire, et irrévérencieux, "Agence de Voyage #3" a conquis le public présent à la projection. L’animation en image par image, rehaussée de savoureux dialogues, fait de ce court métrage une sacrément belle surprise.
Moralité, il ne faut jamais avoir peur de tirer un peu sur la corde (j’en entends qui pensent très fort "et pas que sur la corde"). Si les tabous existent c’est justement pour que des gens pleins d’imagination puissent leur casser les genoux avec délectation. Enfin un usage intelligent de ces stupides poupées.
Le réalisateur met ici le doigt sur un problème social : l’effet pervers de l’image qui est attendu de la femme dans les sociétés occidentales. Toutes petites, les modèles que l’on présente aux jeunes filles sont les Barbies © (blondes écervelés dont la plastique est le seul atout – vous imagineriez Barbie étudiante, autrement qu’en bimbo bizut imprégnée d’alcool et aux hormones chauffées à blanc ?). D’autres poupées véhiculent des valeurs tout aussi superficielles (quel est le nom de celles qui ressemblent à des prostituées qui se seraient fait gonfler le crâne ?). Ce n’est donc pas un hasard si la belle en plastique finit dans un porno. C’est Ken qui ne va pas être content ! Par contre, nous on en redemanderait encore !

Qu’entendez-vous par "faut avoir un grain pour faire un porno avec des poupées, et encore plus pour y voir une critique sociale ?"


"Broken"


[Long métrage – Adam Mason & Simon Boyes – Angleterre – 2005 – Première française]

 


Dans le ton "Broken" est radicalement opposé à "Agence de Voyage #3". Ici pas de gaudriole coquine, ou de poupées amatrices de Kama-Sutra excentrique.
Le duo de réalisateurs anglais n’est pas là pour faire rire, et il le montre avec pertes et fracas. Si l’histoire est simple : des femmes entre 30 et 40 ans sont enlevées, et doivent passer quelques épreuves particulièrement cruelles. Il semblerait que de cette façon, leur tortionnaire souhaite leur inculquer une sorte d’éducation sauvage.
Si dans le concept on pourrait penser à "Saw", ou à "Hostel" (plus particulièrement pour les séances de tortures sans concessions), "Broken" s’en démarque très largement grâce à une réalisation intelligente qui met à rude épreuve la psychologie des protagonistes, et des spectateurs. Ainsi à la vision de "Broken" on se sent agressé par l’atmosphère éminemment malsaine que le film dégage.

"Broken" se situe au cœur de cette nouvelle vague de cinéaste britanniques pour qui l’horreur se doit de répondre à une certaine esthétique – la photo est sublime – et agit tant visuellement que psychologiquement sur le spectateur. A ranger entre "Creep" et "The Descent".


Malheureusement je n’ai pu assister à la fin de la nuit. Cependant, les échos des deux films ont été excellents. Des amis, restés pour assister à la fin de la nuit, ne tarissent plus d’éloge sur le court et le long-métrage qui ont clôt cette nuit.

"Zombie Movie"


[Court métrage – Michael Asquith & Ben Stenbeck – Nouvelle Zélande – 2005 – Première française]

 


"Hilarant pastiche du "film de zombie" par les anciens collaborateurs de Peter Jackson"

"Evil (To Kako)"


[Long métrage – Yorgos Noussias – Grèce – 2005 – Première française]

 


"Athènes est ravagée par un virus zombifiant tout ce qui bouge. La résistance s’organise…"
festival mauvais genre - 2007



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