Affiche française
Spell | Spell | 2020
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Spell | Spell | 2020
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Spell

Spell

Alors qu’il se rendait aux funérailles de son père, Marquis perd le contrôle de son petit avion privé et s’écrase dans les Appalaches. Sa femme et ses deux enfants ont disparu et lui se réveille dans un lit, emprisonné dans un grenier aménagé chez Madame Eloïse qui dit pouvoir le guérir de ses blessures en utilisant une poupée vaudou…

Spell | Spell | 2020

L'AVIS:

"Spell" (intitulé aussi "Sortilège" à juste titre dans certains pays francophones) est un thriller horrifique américain sorti en 2020. Un long-métrage qui n’aura pas connu les salles obscures en raison de la pandémie, que ce soit aux Etats-Unis (vidéo à la demande) ou en France nous concernant (VOD/DVD et sur plateformes comme Netflix).

Le film de Mark Tonderai mélange survival et magie noire avec quelques belles qualités et inventivités, le tout sans grand temps mort, mais malheureusement ce dernier se prend les pieds dans le tapis dans une seconde partie très décevante.
Prenons donc quelques minutes pour parler de ce petit film, le temps de quelques paragraphes.

Le principal point fort de "Spell" est indéniablement son aspect anxiogène, ce climat d’insécurité dans lequel il plonge le spectateur en compagnie d’une geôlière fort intrigante. La tension est réellement palpable dans la première moitié du film de Mark Tonderai dans laquelle on ressent cette ambiance malsaine renforcée par les pratiques occultes de cette femme tout aussi calme qu’elle est terrifiante. La sorcellerie et le vaudou viennent ajouter une pierre non négligeable à cette atmosphère parfois oppressante.

Autre atout de "Spell" : un casting de bonne facture. Notre cher Marquis, riche businessman ayant quitté il y a longtemps une enfance malheureuse avec un père violent pour prendre sa revanche sur la vie (un personnage fort intéressant et fort bien joué par Omari Hardwick, vu notamment dans "Kick-Ass" et "Army of the dead", dont on ressent l’inquiétude et la détresse), va retrouver ce qu’il a fui à l’époque en revenant sur ses terres natales le temps d’un enterrement. Des terres pauvres, vivant encore à l’ancienne au vu de certaines coutumes, qui sont ici le siège de pratiques obscures perpétrées par une dame vue ici comme une véritable sorcière et répondant sous le nom de Madame Eloïse. Une véritable fracture sociale entre ces deux Mondes que tout oppose et une fois sorti de son Monde riche et industrialisé dans lequel il a un pouvoir certain, Marquis devient vulnérable comme en témoigne sa captivité dans cette ferme isolée, impuissant prisonnier de cette redoutable femme (brillamment interprétée par une certaine Lorreta Devine, vue dans de nombreuses séries américaines mais également dans les deux premiers opus de la saga "Urban legend" ou encore "Les couleurs du destin") qui semble avoir une forte emprise sur son entourage et une intouchabilité à toute épreuve. Le fait de pratiquer la sorcellerie et de créer/manipuler des poupées vaudou rend cette inquiétante personne particulièrement redoutable et effrayante (en inadéquation totale avec son tempérament souvent calme presque déstabilisant).

Malheureusement, ces qualités perçues dans le film de Mark Tonderai sont ternies par des défauts flagrants dans la narration.

Tout d’abord "Spell" sent bon le déjà-vu. On pense bien évidemment à "Misery" (comment ne pas y penser en ne lisant rien que le résumé ?) mais aussi à "Get out" par exemple (et je ne dis pas cela uniquement parce que notre long-métrage du jour fait suite à toute cette nouvelle vague de films de blaxploitation, appelée « Black Horror », lancée principalement par le réalisateur Jordan Peele). Beaucoup de similitudes donc, un manque certain d’originalité malgré cette thématique du vaudou bienvenue.

Mais ce n’est pas cela le véritable problème : "Spell" est surtout bourré d’incohérences, d’exagérations et d’ellipses qui déçoivent énormément, notamment sur sa seconde moitié.
Un héros qui parvient à se hisser sur des toits avec un énorme clou planté dans le pied (qu’il arrive d’ailleurs à retirer et remettre à sa place avec une certaine agilité déconcertante), à se balader dans la maison à plusieurs reprises sans se faire voir ou encore à farfouiller un peu partout dans la ferme sans éveiller le moindre soupçon et en gommant toute trace de son passage… Oui, on peine à croire à tout cela et cela en devient grinçant au fil du récit.

D’ailleurs, le dernier quart d’heure que je qualifierais de « trop facile », tiré par les cheveux et semblant écrit à la va-vite pour finir le film sur une durée d’1h30 confortable, est tout simplement du grand n’importe quoi. Voilà bien le gros ratage de "Spell" qui vient finir bien tristement cette histoire qui proposait pourtant une première heure vraiment intéressante.

Au final, "Spell" rate le coche et ne parviendra pas à rester dans les mémoires en raison de ces lacunes dans la seconde moitié du scénario qui en font finalement un film maladroit et paresseux.
Une belle déception quand on voit le potentiel de la première heure du long-métrage de Mark Tonderai… « Merde alors ! » ai-je envie de lancer.

Spell | Spell | 2020
Spell | Spell | 2020
Bande-annonce
Note
2
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David Maurice