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Avant de prendre un air respectable avec le scénario de "Identity", on peut dire que Michael Cooney s'était déjà bien régalé à concocter des scénarios tordus! Mettre en scène un serial killer bonhomme de neige avait en effet tout du projet potache et hautement casse-gueule, mais non content d'aller jusqu'au bout, il se permettra trois années plus tard d'y revenir avec une suite au titre délicieux : "Jack Frost 2: Revenge of the mutant killer snowman"! Un pari improbable et pourtant concluant, malgré la "frilosité" des distributeurs qui continuent à vendre le film comme produit sérieux, de peur sans doute de "refroidir" les spectateurs…



La veille de Noël, Tonton Henry raconte à sa petite fille l'effrayante histoire de "Jack Frost" (Scott Mc Donald), tueur en série auteur de 38 morts et désormais en route pour la chaise électrique. Mais la tempête de neige qui sévit sur la route de Snowmonton cause un accident : le fourgon transportant "Jack Frost" en percute un autre, qui contient la solution expérimentale d'un laboratoire de recherche génétique. Le liquide asperge "Jack Frost" et le dissous dans la neige… Soulagé de pouvoir le considérer comme mort, le shérif Sam Tyler (Christopher Allport) n'imagine pas un seul instant que le tueur puisse encore sévir…



Grotesquerie ennuyeuse pour les uns, nullité culte pour les autres, "Jack Frost" se donne avec une honnêteté hilarante pour ce qu'il est : une énorme blague parfaitement consciente de son ridicule et assumant son rôle jusqu'au générique de fin, entrelardé des calembours les plus foireux de l'un des serial killer les plus jouissivement lamentable de l'histoire du cinéma! On peut à ce titre féliciter le courage (ou l'inconscience?) des producteurs, peu d'entre eux en dehors de la Troma étant prêt à gaspiller de l'argent dans des produits aussi volontairement débiles (involontairement, c'est une autre histoire…). Des moyens, d'ailleurs, il y en a peu, comme il fallait s'y attendre: bonhomme de neige qui sent bon les matières chimiques, meurtres bouffons, effets spéciaux à dix centimes d'euro, montage en carton, cela fait partie de la foirade savoureuse qu'est "Jack Frost". Michael Cooney ne se prive pas d'en souligner lourdement la carence dans les dialogues et autres taglines mémorables, par exemple lorsque Jack Frost, percuté par un véhicule, s'envole et s'écrie : "Wooo, je vois ta maison d'ici !" ou carrément "Wouaaa, faut finir ce film!".



Sur un schéma classique (un tueur échappe à la mort et revient pour se venger), "Jack Frost" multiplie les perles de caricature (l'agent du FBI, le scientifique, les parents éplorés, les bévues d'un shérif déclarant que leur enfant faisait "deux têtes de plus" que le sien alors qu'il vient d'être décapité…), mais attention, ce sont des perles parce qu'elles sont pour la plupart lourdaudes ou bien ratées, noyées dans un à-peu-près aussi remarquable que la réalisation (et ne parlons pas de la crédibilité psychologique!), faisant naître sur les zygomatiques les spasmes incomparables du troisième, voire du quatrième degré! Une dégringolade bien normale dans l'échelle de l'humour, vu le sujet du film… Enchaînant les péripéties directement engendrées par la nature même du tueur bonhomme de neige, Michael Cooney nous offrira une scène culminante qui fera plaisir aux coiffeurs ("Il vaut mieux laisser choir", ah ah ah), et qui ne sera pourtant pas la dernière boutade graphique. Et plutôt que de tout saborder dans un joyeux laisser-aller je-m'en-foutiste, le film prendra soin de se terminer de la façon la plus classique, achevant sans doute de désappointer le spectateur transi de stupeur.



Si donc votre sens de l'humour est doté de plusieurs couches (et là, reconnaissons qu'il en faut une grosse!), n'hésitez pas! Admirable pied de nez au genre, "Jack Frost" est en effet un petit ovni qu'il serait dommage de ne pas goûter, quand bien même certains jugeraient qu'il s'agit là du "cornet de glace le plus chiant du monde"!

On appréciera encore la plastique d'Elizabeth Shannon, vedette des Américan Pie.