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Robert travaille dans une équipe de "ramasseurs" de cadavres. Il va sur un accident de la route et récupère quelques morceaux des cadavres présents qu'il entrepose dans des bocaux chez lui. Il vit en compagnie de Bettie, son amie nécrophile, qui voue la même passion que lui pour la mort. Bettie aime prendre des bains de sang. Un jour, Robert lui fait la surprise de sa vie : il ramène un cadavre à la maison, qui commence déjà à se décomposer. Nos deux tourtereaux, avec leur macabre compagnon, se livre à une partie à trois. Mais le lendemain, Robert est viré de son travail...



Attention film choc. Nekromantik est un film très spécial, bien différent des films d'horreurs qu'on a l'habitude de voir. Réalisé par un jeune allemand de 24 ans, Jorg Buttgereit traite son film comme un documentaire, de par une image sale et granuleuse, ce qui renforce encore le malaise provoqué par la vision du film. De gore, Nekromantik n'a que quelques scènes, comme un visage coupé en deux et un corps sectionné. Ce qui choque dans le film, c'est bien évidemment cet ultime tabou, qui peut nous apparaître comme impensable, la nécrophilie. Jamais on aura vu un film aller aussi loin dans le rapport Eros/Thanatos.



La séquence où le couple fait l'amour au cadavre est traitée comme une réelle histoire d'amour, avec une charmante musique au piano qui accompagne la scène et la rend romantique. Pourtant, voir Rob et Bettie lécher l'oeil vitreux du cadavre n'a rien de particulièrement appétissant. Rob et Bettie sont amoureux de la mort. Ce n'est pas une déviance. Ca fait partie d'eux. Sans la mort, ils ne peuvent vivre. Difficile à admettre. Mais c'est comme ça. Pour Rob, cette fascination de la mort démarre lorsqu'il était enfant et qu'il voit son père tuer un lapin et le dépecer. Dès lors, cette fascination morbide ne le quittera plus. Il collectionne des organes humains (yeux, coeur, mains...), prend aussi des bain des sang. La vie et la mort en parfaite symbiose.



D'ailleurs, quand Bettie quitte Rob en emmenant leur "compagnon", Rob sombre dans une profonde dépression. Il n'arrive plus à "vivre". La perte de son emploi, qui lui facilitait bien la vie pour vivre sa passion, est un facteur aggravant à sa déchéance. Il tente pourtant de faire face, loue les services d'une prostituée mais n'arrive à rien. Il la tue et alors seulement, il pourra arriver à l'orgasme. Jorg Buttgereit repousse donc dans ses plus profonds retranchements la morale et les tabous. Son film n'a la plupart du temps aucun dialogue. Les images sont là et parlent d'elles-mêmes.



La dernière séquence est une ouverture directe pour Buttgereit qui tournera Nekromantik 2 quelques quatre années plus tard. Ce qui lui vaudra les foudres de la censure allemande.
Nekromantik est donc un film pour nécrophiles et pour amateurs de films différents, qui tentent de briser des tabous et les codes d'un genre. En celà, le film de Buttgereit est une réussite et sa death-story romantique ne laissera personne indifférent !