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Une femme dont on ne sait l'identité, déterre le cadavre d'un homme (le personnage principal du premier film) afin d'avoir une relation nécrophile avec lui. Malgré tout, elle peine à la supporter et par hasard rencontre un homme avec qui elle vivra une aventure. Mais son penchant pour la nécrophilie va-t-il vraiment réussir à s'estomper ?



Suite directe du premier, Buttgereit à l'instar de son compatriote teuton Olaf Ittenbach, fait partie de ces réalisateurs classés underground, qui prônent avant tout la provocation afin justement d'être médiatisé.
En abordant le thème de la nécrophilie, il est sûr que la censure n'était pas apte à juger de ce genre, ce qui expliqua entre autre les mésaventures de ce film, qui reste interdit dans de nombreux pays.
Il est vrai qu'il est osé de faire une suite à une oeuvre déjà provocatrice et singulière, qui dégageait une ambiance morbide voire insoutenable en vu de son côté très réaliste et surtout de son sujet qui reste encore de nos jours tabou.



Malgré tout Buttgereit offre une alternative avec cette suite, qui s'avère au premier abord beaucoup moins oppressante dû fait de sa réalisation plus proche de la normale. Ici point de pellicule toutes égratignées ou grattées, et moins de caméra à l'épaule, ici la réalisation est plus sage, plus propre.
Néanmoins si le premier film mettait en scène un corps déjà bien pourri, plus proche des os qu'autre chose, il en est différent ici, avec ce corps en pleine putréfaction, s'avérant au final beaucoup plus dur à regarder que pour l'oeuvre originale.
Il en est de même pour les effets spéciaux dans l'ensemble du film, où la femme s'oblige à découper la tête et le sexe du macchabée dans sa baignoire, ainsi que la scène finale que je vous laisse découvrir par vous même, et qui offre du gros gore bien crado, ainsi qu' une conclusion surprenante, nettement plus puissante que pour le premier film, qui semblait beaucoup moins réaliste, trop poussée.




Malgré tout ça, comme pour le premier film, Buttgereit donne à son métrage une dimension poétique à travers le rêve de la chanson, avec ces paroles très spéciales et sa musique envoûtante au piano, tout l'aspect de la nature, et la relation amoureuse entre le jeune homme et la jeune femme, énormément enjoués par du piano et des moments intimes de bonheur.
Bien évidemment la musique joue un rôle quasi essentiel à l'oeuvre pour la faire rentrer parfaitement dans cette notion de poésie morbide, applaudissons donc comme il ce doit le très bon travail de ces compositeurs allemands, proposant des mélodies belles, légères, à la fois mélancoliques et tragiques.

Il faut cependant remarquer des défauts assez gênant. Tout d'abord le film s'accorde beaucoup trop de longueur (une demi-heure de plus que le premier, et s'avérant justement une demi-heure de trop), ce qui fait que l'on a tendance à décrocher un peu par moment, Buttgereit s'attardant quelquefois trop sur des détails qui s'avèrent plus futiles qu'autres choses. En témoigne par exemple la scène du phoque, qui à l'instar des films de cannibales, ne voit ici aucun intérêt, à part pour le spectateur une certaine envie d'aller vomir, et de couper l'appétit. Surtout que cette scène, si elle a un but (?), est de montrer encore plus la déficience de la jeune femme, qui s'accoquine avec des amies aussi barjos qu'elle. Bref, c'est léger comme argument, non ?




En tout cas Buttgereit livre ici une oeuvre provocatrice et extrême, à ne pas mettre devant les yeux de tout le monde. Ne surpassant jamais son modèle, cette suite s'avère néanmoins une alternative de son aîné, assez intéressante mais pas indispensable.



4/6 - Anonymous