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Edward Swenson est un homme incroyablement tranquille travaillant comme monteur dans une société cinématographique spécialisée dans le film d'auteur. Sam Campbell, travaillant dans une firme dédiée au film d'horreur, l'engage pour couper les scènes les plus sanglantes de son nouveau film. Emménageant dans une maison de campagne, Edward va être en proie à d'inquiétantes hallucinations et commence à sombrer lentement dans la folie meurtrière…



Excepté le très dur rape and revenge "Thriller", la Suède ne nous a pas habituée jusqu'ici aux films d'horreur. Et on comprend très vite pourquoi : la Suède dispose d'une censure très sévère allant jusqu'à mutiler un film aussi innocent que "L'empire contre attaque" !!!! Avec "Evil Ed", Anders Jacobson décide de faire un beau pied de nez à la censure de son pays avec ce film gore et délirant. L'introduction du film annonce d'ailleurs la couleur : un monteur de film d'horreur s'enferme dans sa salle de montage et pète littéralement un plomb, alors que son patron tente de faire ouvrir la porte au chalumeau. Une fois la porte défoncée, le monteur s'enfonce une grenade dans la bouche et la dégoupille, faisant gicler du sang sur la face de son patron et sur le poster de "Cherry 2000" ! Pour enfoncer le clou, le patron lance agressivement "Vous êtes viré" !!



C'est le gentil Edward qui va succéder à ce monteur fou. Père de famille, naïf et plutôt habitué à monté toute la journée des films d'auteur ennuyeux, il va se retrouver auprès du producteur Sam Campbell (vous avez tout de même compris le clin d'œil ?), lui proposant de séjourner dans une tranquille maison de campagne pour s'occuper des coupes à effectuer sur son prochain film d'horreur, contant les aventures goresques et salacse d'un bûcheron psychopathe. Ed accepte et se retrouve seul pendant des nuits entières à couper le film de Sam, détail hilarant : les coupes effectués rendent le film incompréhensible, en particulier ce meurtre bien "hard gore" coupé entièrement, passant de la rencontre du tueur et de sa victime au plan du tueur ensanglanté ! Mais la santé mentale de Ed commence à se déséquilibrer et les hallucinations cauchemardesques s'amoncellent : il croit couper un bras alors qu'il ne fait que trancher un morceau de pain, s'imagine que sa vieille rombière de voisine se change en blondasse à la poitrine opulente, et il est persuadé d'être harceler par un Gremlins bouffi dévalisant son frigo et l'envoyant clairement se faire foutre ! Comme quoi y a des jours ou il vaut mieux rester coucher.



Mais aussi drôle soit-il, "Evil Ed" inquiète parfois comme cette scène déplaisante ou Edward se repasse en boucle la phrase "Don't you fucking look at me" dans le noir complet, une scène d'autant plus dérangeante que Jacobson nous envoi par la suite un très vilain effet de surprise en pleine poire, qui risque d'en terrifier plus d'un !! Ed va devenir un psychopathe en puissance, massacrant toutes les personnes gênantes sur sa route, il faut le voir en train d'assassiner un cambrioleur à coup de téléphone et de vaisselle ou d'envoyer une impressionnante série de coups de poing au gentil héros du film, le tout sur un air musical de berceuse ! Peu avare en scène gore, Jacobson s'en tire avec les honneurs malgré un faible budget : une belle galerie de monstres et des effets sanguinolents très réussis.



Mais ce qui fait avant tout "Evil Ed", ce sont les très nombreux clins d'œil et hommage au cinéma d'horreur et fantastique comme on l'aime : "Evil Dead" bien sûr (les fameux mouvements de caméras subjectives, le titre, le nom du producteur, l'infirmière possédée), les premiers films de Peter Jackson (la musique, le mélange gore/humour), "Legend" (l'apparition surprise de Lord of Darkness !!!) ; Gremlins (le monstre dans le frigo), Robocop (la mort spectaculaire de Ed est un clin d'œil a celle de Murphy), The Stephfather (la scène ou Edward poursuit sa femme, la chemise et la face maculée de sang, le coup du téléphone) ou encore à Clive Barker ( un inquiétant zombie dont les phrases, le style voir l'ambiance des décors où il évolue font penser directement au fameux Lord de l'horreur anglaise). Même le cinéma de John Woo et de Peckinpah est cité lors d'un gunfight final gorissime, mouvements de caméras spectaculaires à l'appui (la caméra suivant le trajet de la balle). On pourra également remarquer la présence multiples affiches de films d'horreur qu'on s'amusera à repérer : "Critters", "La mouche", "Evil Dead 2", "Prince des ténèbres"… Sorti beaucoup trop discrètement dans un dvd zone 2 douteux, "Evil Ed" est un hommage malicieux et inventif au cinéma d'horreur, qui plaira indéniablement aux fantasticophiles comme nous sommes.








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