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Réalisation
David Cronenberg

Scénariste
David Cronenberg

Date de sortie
1975

Genre
savants fous

Tagline


Cast
Paul Hampton
Joe Silver
Lynn Lowry
Barbara Steele.


Pays
Canada

Production


Musique
Ivan Reitman

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.3
(16 votes)
Des parasites envahissent un immeuble, contaminant inexorablement tous ses habitants et les tranformant en effroyables zombies qui manifestent une avidité bestiale pour le sexe.



C'est avec ce script de départ pour le moins déviant que le cinéaste canadien Cronenberg a accouché de sa première oeuvre. On notera déjà chez l'auteur son premier thème de prédilection qu'il poursuivra par la suite dans le futur "Rage", à savoir une obsession morbide quant à la contamination, étroitement liée au sexe et au sang.

Le générique de "Frissons" s'ouvre sur une présentation mielleuse de l'immeuble en question. On passe ensuite rapidement à une première séquence déjà fort déconcertante, où un homme d'un certain âge étrangle une jeune femme, avant de lui administrer une plaie abdominale. Le bougre se tranche ensuite la gorge.

La présentation des personnages se révèle quasi inexistante. De toute manière il est bien difficile de vouer un quelconque attachement à eux, tant ils sont dépeints de façon sommaire et caricaturale à la fois, ce qui n'est pas étonnant en fin de compte.



Au fil de l'histoire, on découvre que l'homme responsable du meurtre de cette femme et de son suicide, avait tenté une expérience sur cette dernière, en lui faisant ingurgiter un immonde parasite, curieux d'en voir ensuite agir les conséquences. Avant que l'on ait pu faire cette constatation, un autre protagoniste avait déjà été contaminé, à savoir le très antipathique Eric Tardieux, autrefois amant de la jeune femme. L'enchaînement de situations fait que d'autres personnes, habitants dans l'immeuble, attrapent par la suite le parasite. Les conséquences s'avèrent très particulières: les gens se transforment en ignobles dégénérés sexuels, manifestant une appétit sans limites pour la chair.

Là au milieu, un médecin courageux, qui a découvert l'origine de cette contagion avec l'un de ses collègues, tente de s'en sortir, flanqué d'une infirmière décérébrée avec laquelle il entretien une semi-relation.



Tout cela baigne dans un ambiance étrange, clinique, feutrée et profondément malsaine, typique de chez Cronenberg. Les scènes choc sont fréquentes et parfois résolument dérangeantes (cf. des enfants se confondant parmi les contaminés). En réalité, la transmission du parasite ne se fait pas ici à coup de morsures, comme tant d'autres oeuvres l'ont démontré, mais par le biais de rapports sexuels, même si du sang émerge constamment de la bouche des "victimes".

"Frissons" se transforme progressivement en orgie sexuelle hystérique, avec pour unique endroit ce sempiternel immeuble, véritable pieu scénaristique du lieu du film. Une sensation de huis-clos permanent s'ajoute donc forcément.



Du sexe, "Frissons" n'en contient quasiment pas. Cronenberg préfère dans ce domaine la suggestion. En revanche, l'hémoglobine ne nous est pas épargnée, loin de là, avec pour exemple quelques scènes bien corsées, dont un meurtre à coup de barre de fer laissant dégouliner une bonne grosse flaque de sang sur la tête de la victime, et surtout une scène mémorable et bien gore où le collègue du toubib héroïque pénètre dans l'appartement d'Eric Tardieux, totalement contaminé, avant de se faire "agresser" par un parasite.

Au final, voilà un film singulier et pour le moins dérangeant, doublé d'un brûlot alors totalement avant-gardiste et d'un modernisme impressionnant pour l'époque. À déconseiller aux âmes sensibles, néanmoins.

Le film est interdit aux moins de 16 ans.

Avant "Frissons", David Cronenberg avait déjà signé deux moyens-métrages, "Stereo" et "Crimes of the future".