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Sélection de 11 courts métrages signés Bill Plympton, un univers où sexe, violence, délires cartoonesques et surréalistes s'entremêlent. Jeux de TV-réalités mortels, successions de gags, clips, leçons de baiser ou de multiples conseils pour arrêter de fumer…



C'est en 1972 qu'un inconnu nommé Ralph Baski ose sortir sur les écrans "Fritz the cat", premier long métrage d'animation réservé aux adultes et qui sera bien entendu classé X. Une satire assez réaliste de l'Amérique des années 60-70 où un jeune chat part à l'aventure, découvrant la drogue, le sexe, les partouzes, le racisme, les émeutes, les sectes, le terrorisme… Une véritable chef d'œuvre devenu culte, inspiré par la BD de Crumb, elle aussi déjà assez épicée. La voie est ouverte, l'animation n'est plus réservée aux enfants, mais aussi aux adultes.

La plupart des animes japonais ou encore notre Picha national feront évidemment bouger les choses, ainsi que Matt Groening en 1987 avec sa série TV "Les Simpsons" qui montrait la famille américaine sous son vrai jour. De même que la série "South Park", dont l'esprit rappelle autant "Les Simpsons" que les films de la Troma, brisa bon nombres de tabous.

Bill Plympton est un animateur américain quant à lui plus discret, dont les courts et les longs métrages remportent un succès considérable dans certains festivals. Il évite astucieusement les chemins d'Hollywood et continue tranquillement son bonhomme de chemin avec de véritables chefs d'œuvres, autant appréciés par la critique que par le public. Une aubaine pour lui. "Mondo Plympton" est ainsi une compile sortie sur nos écrans en 2000, répertoriant ses meilleurs courts-métrages datant de 1987 jusqu'à 1999. Bien sûr, ce n'est pas une intégrale, puisque vient de sortir en DVD la suite : "Plymptoon". C'est Ed distribution, société de cinéma distribuant les films underground, qui se charge des films de Plympton.



* Comment faire l'amour à une femme : le titre est suffisamment évocateur : un homme doit apprendre comment coucher avec une femme. Cela commence par le choix de la femme jusqu'au moment tant attendu. Avec Plympton aux commandes, rien ne se passe comme prévu forcement : un téton crève l'œil du séducteur, des cheveux engloutissent celui qui a le malheur de les toucher, les jouets sexuels deviennent des armes… Et tout ceci est servi par un narrateur complètement allumé, très efféminé à la voix, et qui s'emporte même dans des sentences interminables, voire continue de parler lors du générique de fin alors que tout semble terminé !! Une petite perle de Plympton, mais petite par rapport à la suite…

* Ton visage : l'animation hésitante peut rebuter certains, et pourtant ce court-là est vraiment un bonheur total. En fait, il plaira surtout aux amateurs de surréalisme, en particulier ceux de Magritte qui semble être la source d'inspiration principale de Plympton pour ce court. Un crooner chante une vieille chanson ringarde… et se déforme continuellement devant l'écran. Pour la chanson utilisé pour le court, Plympton a fait chanter l'une ses collaboratrices afin de déformer sa voix par la suite au maximum. Le résultat est hilarant, effroyable, et continue même de hanter le spectateur après visionnage. Quand aux déformations, elles sont aussi drôle que nombreuses : la tête éclate, se reconstitue, gonfle, explose, tombe en lambeaux, s'étire… Un classique du grand Bill.

* Comment embrasser : même chose que pour "Comment faire l'amour à une femme" mais avec cette fois, le baiser. On a vu mieux dans la carrière de Plympton, mais les délires visuels sont souvent savoureux.

* 25 façons d'arrêter de fumer : le titre est également très explicite, voilà donc 25 façons d'arrêter de fumer… mortelles eh oui. C'est souvent très drôle, en particulier les intervention plus que surprenantes de ce sumo. Pas mal du tout.



* Plymptoons : le graphisme très simpliste peut passer, le court est un chef d'œuvre ! Une accumulations de situations surréalistes hilarantes, aussi effarantes de débilité que déconcertantes d'originalité : une voiture qui gueule après un voleur, la vie amoureuse des meubles (!!!), un escalator qui termine sa chute dans le vide, un nuage assassiné par un chasseur… Et comme je l'ai dit, l'ensemble a beau être quelque peu primaire visuellement, l'animation, elle, est très fluide.

* Un coup de trop : deux jumeaux s'adonnent à un duel surréaliste digne d'un western. Sauf qu'ici, les prises et les pièges ne semblent jamais s'arrêter : tondeuse à gazon en pleine tête, électrocution, bataille interne de chat et de chiens, yeux extirpés de leur orbites… Jusqu'au retournement de situation final vraiment très con mais tellement drôle, c'est du bonheur assuré ! Un énorme délire limite gore, à découvrir d'urgence.

* Les routes oubliées : un clip qui ne porte aucune vocation comique et qui passe comme un fantôme parmi tous les autres délires présents dans la compile. Animation fluide mais on oublie rapidement. Superflu.

* Poil de nez : le combat acharné d'un homme contre son poil de nez, qui s'allonge, prend plusieurs formes et trouve même une compagne avec qui il peut s'ébattre !! Bourré de surprises et original.



* La vie excitante d'un arbre : ATTENTION CHEF D'ŒUVRE !!
Qui n'a jamais rêvé d'être un arbre ? Personne ? Bon ben en tout cas Plympton assouvie via ce métrage ce rêve caché, et même très bien !! On se retrouve donc en vue subjective, dans la peau d'un arbre, de sa naissance (la préhistoire) à sa mort (son enterrement étant… Noël!!). Cet arbre connaitra tout : menace de mort par des chasseurs, attaque d'insectes ou d'oiseaux, amants fornicateurs passant par là, les différentes saisons… Non seulement Plympton peaufine parfaitement son graphisme, ses bruitages (le cri d'extase hilarant des multiples couples, ou le castor qui fait le bruit d'une scie électrique !!) et la fluidité de l'animation, mais aussi la crédibilité des détails et de l'histoire. A ce tarif, c'est carrément une experience unique !

* Surprise cinéma : encore un chef-d'œuvre d'une grande cruauté, où Plympton revient à ses obsessions favorites : le sexe et le gore. Un type au sourire Colgate et au flegme impeccable, déboule sans prévenir dans la vie des gens et leur tend des pièges mortels. Un gamin chevauche sans prendre garde un taureau enragé, un type se rase avec une tronçonneuse, un homme se sèche les mains avec le réacteur d'un avion… La meilleure séquence se situe d'ailleurs dans ce climax hilarant où un homme est torturé avec une musique d'ascenceur, le menant ainsi à se reduire en pièces dans un bain de sang! Complètement con, sadique, sanglant mais tellement jouissif !

Sex and violence : une version pour adulte de "Plymptoon" multipliant des saynettes hypercruelles ou osées, d'une inventivité visuelle carrément éblouissante : un homme se pend pour voir défiler le film de sa vie et ainsi savoir où il vient de mettre ses clés, un animal adorable rameute ses copains pour bouffer son maître, les premières esquisses obscènes et nonsensiques de Dieu sur la reproduction s'animent sous nos yeux, un type est littéralement broyé sur le trottoir en faisant du roller… Un sketch qui nous prouve que Bill Plympton est un véritable Tex Avery pour adultes, un génie qu'il faut suivre de très près.






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