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Dans le Japon féodal, un bourreau, Ogami Itto, voit un complot se former autour de lui. Après la mort de sa femme, assassinée, il part sur les routes du Japon avec son très jeune fils Daigoro, tuant tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Mais la route sera longue, très longue avant d'aboutir à l'ultime vengeance.



Culte pour beaucoup, la saga "Baby Cart" est un tournant important dans le cinéma japonais. Dans la masse des films d'exploitation de l'époque, "Baby Cart" perpétue la tradition des fameux Chambara, sous-genre bien connu des amateurs, se déroulant dans le Japon féodal, entre samouraï, giclées de sang et combats survoltés au sabre. Vous vous demandez bien pourquoi un tel film est présent sur notre site ? Eh bien parce que "Baby Cart" est une saga empruntant un peu à tout, et surtout au manga puisqu'il est inspiré d'une bande dessinée.

La saga se permet d'importantes fantaisies comme des combats hallucinants tout droit sortis d'un manga, des idées folles, des touches d'humour, de sexe et même de fantastique (dans le sixième épisode, des soldats morts-vivants sont ressuscités pour l'occasion), et surtout d'ultra-violence, pour ne pas dire de gore. Certes ce n'est pas "Braindead" mais les combats sont souvent drôlement saignants, en particulier dans le très bon second épisode, dont les excès ont dû inspirer sans aucun doute "Kill Bill".

Deux hommes sont les membres fondateurs de "Baby Cart" : Kenji Misumi, qui a réalisé la moitié des films de la saga et qui était déjà plongé dans l'univers des "Zatoichi", et Kazuo Koike, créateur de l'univers "Baby Cart" et qui a également créé deux autres légendes saignantes du genre : "Lady Snowblood" et "Crying Freeman". Inédit d'abord chez nous, la série des "Baby Cart" est sortie en VHS chez Cine Horizons pendant les années 90 avant de se voir transporter sur support DVD grâce à HK Vidéo.

Malheureusement, Wild Side en a profité pour récupérer les droits, retirant ainsi les deux coffrets de HK Vidéo de la vente. Si le coffret de Wild Side est toujours en attente, vous pouvez toujours trouver les deux coffrets édités par HK contenant chacun trois films.



Plus ou moins fidèle au manga, "Baby Cart" compte 6 épisodes, dont un "renégat" nommé "Shogun Assassin", une piètre version distribuée par les Américains, qui est une sorte de compile des deux premiers épisodes. Belle jaquette mais peu d'intérêt. Pour jouer Ogami Itto, c'est l'imposant et bedonnant Tomisaburo Wakayama qui a été choisi, collant parfaitement au fameux personnage. Il incarnera le même personnage sur toute la série, malgré certains problèmes de santé. Dans ce premier volet indispensable, le film débute par une sorte de flashback où l'on apprend le terrible complot qui s'est formé autour du bourreau officiel du shogun, Ogami Itto. Personnage hirsute, cruel et assoiffé de pouvoir, Retsudo Yagyu dirige le clan des tueurs officiels du shogun, mais désire posséder également celui des espions, et bien sûr celui de l'exécuteur.

La femme de Ogami est tuée et celui-ci, découvrant l'infâme complot de Yagyu, s'enfuit avec son fils Daigoro, à peine âgé de quelques mois. Il lui propose alors un choix dans une scène cruciale : si l'enfant choisit la balle plutôt que le sabre, il sera tué ; si l'inverse se produit, son père l'emmènera avec lui. L'enfant choisit le sabre et part ainsi avec son père, qui refuse de se faire hara-kiri et devient un rônin : un samouraï sans maître.



Le film fait donc un saut dans le temps : Daigoro a quelque peu grandi, et son père le ballade dans un landau de bois à travers les routes du Japon. Dans cet épisode, il arrive dans un petit village visité pour sa station thermale, mais menacé par une tribu de rônin et de brigands détestables, semant la terreur partout où ils passent. Et il va falloir faire le ménage…

Allant à l'encontre des règles du parfait samouraï, Ogami applique son propre code du déshonneur et préfère se venger des tueurs lancés à ses trousses, que de pratiquer le fameux "seppuku" ou hara-kiri. On remarquera que Kazuo Koike confectionne toujours des personnages ivres de vengeance, voire hors-normes: dans "Crying Freeman", un tueur à gages pleurant après la mort de ses victimes tombe éperdument amoureux de sa cible, et dans "Lady Snowblood", une jeune fille transformée en machine à tuer par sa mère va orchestrer la vengeance de celle-ci. Ogami est un personnage tout aussi torturé, il parle peu, il tue presque sans se détourner de son chemin voire sans se blesser. C'est un véritable bloc qui va découvrir que son fils est également aussi fort et malin que lui (de nombreuses petites touches dans la saga vont le prouver à partir du second épisode).



Certains combats ou duels annoncent déjà les fameux jeux vidéo de "beat them all", comme le prouve le combat du lac ou la scène finale où Ogami Itto affronte plusieurs rônins en même temps. Evidemment, les combats laissent échapper quelques beaux geysers sanguinolents : un corps décapité fait gicler du sang sur fond de coucher de soleil, un homme se fait littéralement couper les deux jambes en même temps, un vilain crâche un bon litre de sang sur la caméra en contre-plongée…

De même que l'utilisation du fameux landau reste encore assez discrète (car par la suite il va s'avérer être un véritable gadget sur roulettes). Il y a des audaces évidentes (l'exécution du bambin, hors-champ forcément, au début du film, la mort de la mère devant son bébé apeuré) et des éclairs de folies visuelles inattendus (la fameuse image symbolique séparée en trois écrans, les flashs épileptiques de Yagyu lors du combat du lac). Via un découpage digne d'une Bd, d'idées surprenantes (Ogami s'humilie en faisant l'amour avec une prostituée devant quelques rônins bien vicieux, pour ainsi sauver la jeune fille) et d'un magnifique cinémascope qui va traverser toute la saga, "Baby Cart" s'impose comme une référence dans le cinéma d'exploitation japonais.






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