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Réalisation
Jacques Lacerte

Scénariste
Jacques Lacerte

Date de sortie
1973

Genre
necrophilie

Tagline


Cast
Mary Wilcox
Lyle Waggoner
Christopher Stone
Timothy Scott
Michael Pardue…


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Phil Moody

Effets spéciaux



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Moyenne: 3.5
(2 votes)
Lindsay Finch est une jeune femme très séduisante mais qui cache en elle une perversion étrange. Ayant entretenu des relations très fortes avec son père, la mort de celui-ci l'a totalement traumatisé, au point qu'elle n'éprouve désormais du désir qu'envers les personnes… mortes. Elle arpente donc les cérémonies funéraires afin de se retrouver seule avec le défunt dans son cercueil pour pouvoir le toucher, l'embrasser, laisser libre cours à sa nécrophilie. Elle se laisse néanmoins séduire par Alex Martin, qui tient une galerie d'art, et fait la connaissance de Fred, qui travaille dans une société de Pompes Funèbres…



Cette œuvre est l'unique film de son réalisateur Jacques Lacerte. Il y traite de la nécrophilie, thème scabreux et choquant par excellence. En effet, aimer la mort, être attiré par ce qui n'a plus de vie, attirance pouvant aller jusqu'à faire l'amour à un cadavre, apparaît comme une perversion des plus malsaines pour un être humain "normal". Mais après tout, qu'est-ce qui est vraiment normal dans notre monde ?

L'évocation de la nécrophilie n'est pas nouvelle. Une légende voudrait que le Roi Hérode, dans l'antiquité, ait continué à coucher avec sa femme après l'avoir assassinée. On prête même à Charlemagne cette déviance, évoquant le fait qu'il n'eût pu se résigner à enterrer l'une de ses maîtresses allemandes et continua à coucher avec son cadavre. Le terme même de "nécrophilie" apparait au 19ème siècle, prononcé par un psychiatre belge, le Dr Joseph Guislain.

On peut également citer les nombreux cas de nécrophilie associés aux tueurs en série. En 1849 déjà, à Paris, François Bertrand, sergent dans l'armée, surnommé "le vampire de Montparnasse" avait une passion pour les femmes mortes et allait les déterrer la nuit dans les cimetières pour pratiquer des jeux sexuels avec les défuntes. Le cas le plus célèbre est bien entendu celui d'Ed Gein, résidant à Plainsfield dans le Wisconsin, qui gardait des ornements funéraires chez lui en guise de décoration, mais également des corps en décomposition, se fabriquait des masques de peaux humaines et même un costume de femme avec la peau des cadavres, afin de se prendre pour sa mère, décédée, ce qui causa un vrai traumatisme en lui. Le cas Ed Gein inspira le cinéma, il suffit de regarder le Leatherface de "Massacre a la tronçonneuse", le Norman Bates de "Psychose" ou le Buffalo Bill de "Le silence des agneaux" pour s'en apercevoir…



Hormis les œuvres citées ci-dessus, qui ne traitent pas vraiment de la nécrophilie mais utilisent un personnage l'ayant été, on peut parler d'autres films qui eux, peuvent être considérés comme des films nécrophiles. Parmi les plus célèbres, citons l'excellent film italien de Riccardo Freda, "L'effroyable secret du professeur Hichcock" réalisé en 1962, "Lune froide", film français de Patrick Bouchitey réalisé en 1991, "Deranged" de Jeff Gillen en 74, "Kissed" de Lynne Stopkewich en 96, "Baiser macabre" de Lamberto Bava en 80, le terrible "Aftermath" de Nacho Cerda en 94, les cultes et choquants "Nekromantik" et "Nekromantik 2" de l'Allemand Jorg Buttgereit, "Living doll" de George Dugdale en 90 et ce "Love me deadly" dont le titre explicite résume parfaitement bien le sujet traité.

La scène d'introduction est d'ailleurs parfaitement représentative de cette perversion. Pendant une messe funéraire, une jeune femme tout de noir vêtue ne semble pas être très attristée par le décès. Elle attend sagement sur le banc de l'église, n'allant même pas donner sa bénédiction au défunt. Une fois tout le monde parti, elle se lève enfin, se dirige vers le cercueil et semble alors toute excitée devant la dépouille mortelle, qu'elle touche et embrasse langoureusement, sous l'œil discret d'un employé des Pompes Funèbres. Une introduction qui met d'emblée dans l'atmosphère particulière de la nécrophilie. Dommage que le générique vienne faire retomber l'ambiance instaurée, avec une chanson qu'on croirait sortir d'un James Bond ! Une musique lugubre aurait été bien plus efficace.



La vision de "Love me Deadly" nous fait regretter que le traitement ne soit pas à la hauteur de nos espérances. En effet, le film est bien trop "sage" et ne se montre quasi jamais choquant. Là où Jorg Buttgereit allait au bout de cette perversion en terme visuel, provoquant un réel malaise chez le spectateur, Jacques Lacerte ne fait qu'effleurer la perversion de Lindsay et ne va pas au bout des choses, malgré une ou deux séquences plutôt bien amenées. La première moitié du film propose des scènes assez répétitives en fait et ne passionne guère. Pire, la seconde moitié se focalise sur les problèmes de couples de Lindsay et son mari, celle-ci ne supportant pas le contact d'un homme "vivant". Il est vrai que si Lindsay a jeté son dévolu sur Alex Martin, c'est que celui-ci lui rappelle physiquement son père, créant, en plus de la nécrophilie, un autre obstacle à son épanouissement de femme. Le film nous propose d'ailleurs de nombreux plans de la jeunesse de Lindsay, où on ressent vraiment la fusion qui existait entre son père et elle. Cette seconde moitié de film est également très bavarde et ennuie un peu.

Heureusement, Lacerte nous a quand même concocté des petites scènes assez glauques, même si elles paraissent bien inoffensives comparées à celles de "Nekromantik" par exemple. Lors de ses petits jeux aux séances funéraires, Lindsay s'est fait remarquer par Fred, qui travaille aux Pompes Funèbres. Celui-ci lui explique "qu'elle n'est pas toute seule", et nous comprenons que lui aussi voue une passion pour la mort. Il l'entraînera d'ailleurs avec lui à venir rendre visite à sa secte d'adorateurs de la mort, lors de réunions plutôt malsaines où des personnes nues s'amusent avec des cadavres. La séquence où Alex, s'inquiétant des sorties nocturnes de sa femme, la découvre en train de copuler avec un défunt, provoque en nous quelques émotions, mêlant dégoût et fascination. Cette vision est assez brève, la caméra de Jacques Lacerte ne s'attardant pas comme celle de Buttgereit sur l'acte, mais elle réussit à créer son petit effet. Je ne vous raconte pas le final, qui se devine assez facilement…



L'actrice qui interprète Lindsay Finch s'en sort plutôt bien, de même que les autres acteurs. La vraie punition est de visionner le film en français, les voix donnant l'impression de regarder un mauvais téléfilm. Manquant de rythme, ne se focalisant pas toujours sur l'essentiel, étant trop bavard parfois, "Love Me Deadly" n'est au final qu'un film plutôt moyen, et sauvé par de trop rares visions nécrophiles. Mais les films traitant de ce sujet tabou étant relativement rares, il mérite néanmoins d'être découvert.








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