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A New York, le riche entrepreneur Christopher van der Veer et son épouse sont sauvagement assassinés. La police privilégie la piste du terrorisme international. Mais les meurtres se multiplient, touchant cette fois les quartiers plus populaires de la ville. L'inspecteur Dewey Wilson ne peut se résigner à la thèse officielle et mène son enquête en direction d'une piste plus "surnaturelle".



La sortie de "Wolfen" d'après le roman de Whitley Strieber est à replacer en plein engouement des films sur les loups-garous. Joe Dante et John Landis lançaient alors deux films cultes: "Hurlements" et "Le loup-garou de Londres". Un peu coincé entre ses deux monuments du genre, le film de Michael Wadleigh, arrive à se tailler une petite réputation au fil des années, devenant de fait un film culte. Pourtant dès sa sortie, "Wolfen", se révèle (pour l'avoir découvert en salles!), comme une réussite du genre mélangeant avec une rare intelligence l'épouvante et la réflexion sociale. Il prend pour toile de fond les laissés pour compte de la richesse et les exclus (en particulier les Indiens contraints de venir vivre en ville, bien loin de leur mode de vie traditionnelle) d'une société prospère.



Le Wolfen est en l'occurrence un mythe véhiculé par des croyances ancestrales comme le sera plus tard le "Candyman" de Bernard Rose. En cela, les deux films ont en commun de mettre l'accent sur la misère sociale d'un pays. Loin de la beauté des beaux quartiers, l'inspecteur Dewey Wilson (interprété de manière plus que solide par Albert Finney), nous emmène dans des décors insalubres, dont l'éminente représentation se trouve être une église délabrée d'où semble émaner une menace palpable. L'église en décrépitude symbolise ainsi la foi semblant avoir déserté ces lieux, comme l'espoir d'une vie meilleure.



Sur le plan technique, le film tient largement la route et se révèle même novateur pour l'époque. La réalisation est très dynamique et les mouvements de caméra atteignent alors une grande fluidité, ce qui permet des attaques particulièrement saisissantes. L'autre innovation de "Wolfen" provient de l'utilisation du point de vue de la bête, et qui se repère grâce aux sources de chaleur. Il faudra attendre "Predator" de McTiernan pour que le procédé soit popularisé. Toutes ces utilisations techniques expliquent que tant d'années après, "Wolfen" arrive à conserver un tel impact.



Certains pourront reprocher au film son propos en apparence simpliste sur une certaine défense des valeurs de la nature, que l'homme détruit par son action. Car c'est bien une morale et une fable écologique qui sous-tendent le récit d'un film bien dans l'esprit années 70 (ce n'est pas pour rien que Wadleigh qui a réalisé un documentaire sur "Woodstock" s'en soit vu confié les rênes). Cela serait oublier toute la magie qui baigne ce film (la musique de James Horner apportant une touche vraiment angoissante) qui a eu le tord d'être catalogué dans les films de loups-garous. Alors qu'il n'en est pas un. Ce qu'est vraiment le "Wolfen" est laissé à l'appréciation de chaque spectateur après une conclusion où cruauté et émotion se côtoient.








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