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Réalisation
Joel Schumacher

Scénariste
Fernley Phillips

Date de sortie
2007

Genre
thriller

Tagline


Cast
Jim Carrey
Virginia Madsen
Logan Lerman
Danny Huston
Rhona Mitra
etc.


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Harry Gregson-Williams

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(17 votes)
Walter Sparrow, qui travaille pour le département du contrôle animal, mène une vie des plus tranquilles aux côtés de sa femme Agatha et de leur fils Robin. Le jour de son anniversaire, son épouse lui offre un étrange roman qui détaille l'obsession de Fingerling, un détective, pour le nombre 23. Rapidement, Walter s'identifie au personnage principal du livre et s'aperçoit qu'il existe des parallèles troublants entre l'intrigue et sa propre existence, notamment le pouvoir du nombre 23 sur sa vie. Progressivement, l'univers du roman envahit sa réalité et Walter, sujet à des images de meurtres venant le hanter, se lance alors dans une quête obsessionnelle dans l'espoir d'en savoir plus sur l'auteur mystérieux qui le fascine tant, un certain Topsy Kretts et sur le personnage principal avec qui il partage tant de points communs. Cette recherche de la vérité est tellement intense qu'il en devient paranoïaque et commence à se comporter dangereusement envers son entourage. Est-il manipulé ou est-ce là le fruit de son imagination ? Pour échapper à ses angoisses et afin de changer son destin qui selon le livre semble inéluctable, Walter devra aller au bout de son enquête, dont la clé devrait l'aider à trouver le secret du nombre 23…



Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, Joel Schumacher est l'un des réalisateurs les plus inégaux d'Hollywood. Il a cette faculté d'alterner le bon ("L'expérience interdite", "8 mn"), le moyen qui vieillit mal ("Génération perdue"), avec le médiocre ("Batman Forever", "Batman et Robin"). Il est ici de retour avec un thriller numérologique, dont le scénario a été écrit par Fernley Phillips, ayant pour l'occasion, étudié pléthore de concepts afin de préparer le film (la symbolique, le traitement sélectif des données par le cerveau, mais également la suggestion et l'hypnose). Il a donc bien lu et vu que le nombre 23 était source de nombreux mystères et que des événements, aussi divers et variés soient-ils, pouvaient être liés à ce nombre. Parmi ceux-ci, on peut notamment en citer certains qui ont tous un rapport avec 23 : le degré de l'axe de la Terre, le nombre de chromosomes de chaque parent dans notre ADN, le nombre de coups de couteau dont a été victime Jules César lorsqu'il fut assassiné, les coordonnées géographiques au Nord de la catastrophe de Tchernobyl et de nombreux autres encore…
Le nombre 23 marque également ... la 23ème réalisation de Joel Schumacher, cinéma et télévision confondus. De plus, la sortie du long métrage aux Etats-Unis a été fixée au... 23 février 2007. Quel joli coup de marketing me direz-vous et vous n'auriez pas tort ! En effet, comment ne pas voir des 23 partout après ? Il est très facile de faire dire ce que l'on veut aux chiffres. Tiens donc, j'ai 32 ans et mais c'est…le nombre 23 à l'envers. Au-secours, je suis maudit, que va-t-il m'arriver ? Vite allons acheter trèfles à quatre feuilles, fers à cheval trempés dans les bénitiers de Lourdes et autres colifichets censés me protéger ! Trêve de plaisanterie, tout ça pour dire qu'après le 7, le 13, 666, Pi, ou bien encore le nombre d'or, qui ont depuis tous temps fasciné les hommes, voici maintenant le 23 amené comme un chiffre maudit dès le générique du métrage, très soigné soit dit en passant. En effet, et là préparez-vous bien à ce qui va suivre : figurez-vous que le 23 serait impliqué dans de nombreuses catastrophes telles que celle du 11 septembre 2001 car 11 + 9 + 2 + 0 + 1 = 23. Waouh, truc de dingue ! Cela laisse donc augurer une suite qui promet son pesant de cacahuètes de la part du père Joël, roi des raccourcis à deux francs six sous et spécialistes des montages "clippesques".

Sans avoir le don d'un Kubrick ou d'un Spielberg des grands jours, le père Schumacher parvient toutefois à sortir son épingle du jeu notamment grâce à un étonnant Jim Carrey qui montre, une fois de plus, l'incroyable étendue de sa palette d'émotions. Après avoir fait preuve de ses indéniables talents comiques dans "The Mask" ou dans les films des frères Farelly, il dévoilait dans "Batman Forever" (d'ailleurs première collaboration avec Schumacher et quelle collaboration !) et "Disjoncté", son côté mi burlesque, mi obscur, puis il démontrait sa capacité à jouer des rôles dramatiques dans des longs métrages tels que : "The Truman Show" ou bien encore l'incroyable "Eternal sunshine of the spotless mind". Le nombre 23 est un nouveau témoignage (mais en doutait-on vraiment ?) que l'acteur Jim Carrey peut faire autre chose que de la comédie pure où pourtant il excelle. Le métrage de Joel Schumacher est le premier véritable thriller de sa carrière. Dans celui-ci, Jim Carrey fait montre d'un jeu, variable et outrancier (ça devient une habitude), qui s'accorde parfaitement à la mise en scène limite réductrice du réalisateur américain et qui résume ce dont il a pu être capable tout au long de sa carrière. Tantôt rassurant en père de famille modèle à la vie pépère et au boulot un peu avilissant (il travaille pour la municipalité et doit ramener les cabots récalcitrants à la fourrière), tantôt inquiétant lorsqu'il endosse la personnalité du détective du roman, l'acteur hors norme nous offre ici une composition schizophrénique à souhait avec un jeu de jonglage entre plusieurs identités dont seul lui a le secret. Vous l'aurez donc compris, Jim Carrey sauve le film et j'adore cet acteur protéiforme ! D'ailleurs, je l'ai même trouvé super beau en détective ténébreux jouant du saxo ! Quant au reste du casting, notons quand même la présence de Virginia Madsen (le fameux "Candyman") qui a piqué le rôle à une Elizabeth Shue ("The hollow man") enceinte et qui livre elle aussi une prestation impeccable en femme rassurante ou amante formidable que son parano de mari en vient à néanmoins soupçonner comme étant l'auteur(e) du roman maudit. Les plus attentifs auront également reconnu Rhona Mitra (actrice dans le "Beowulf" avec notre Christophe Lambert national ou bien encore Kit dans "Nip/ Tuck, saison 3"), personnage énigmatique qui va implicitement mener Walter vers Topsy Kretts, clé de l'énigme…

"Mais il est comment le film" ? me demanderez-vous la bave aux lèvres. Ah oui, c'est vrai il faut que j'en parle un peu. Ben disons que Schumacher arrive à distiller un climax assez glauque et parfois oppressant mais il est regrettable qu'il soit sans cesse obligé de grossir les effets d'annonce à chaque fois. C'est vrai quoi, il y en a marre à la fin, il nous prend pour des demeurés ou quoi ? Il n'arrête pas, pour se justifier, de semer par-ci par-là des 23 afin que nous aussi on en voit partout ! Faut arrêter deux secondes, surtout que ça dessert complètement le métrage qui n'avait pas besoin de ça ! En effet, ne vous ai-je pas dit que le visuel lorgne quand même pas mal du côté de "Seven" mais que l'on est loin du chef d'œuvre de Fincher ? Vous ai-je également parlé de l'illustration du roman (ambiance playmate, cigarette, saxo, sexe et meurtres), caricaturale à mort, entre la bande dessinée style "Pulp" et "Sin city", complètement hors propos puisque n'apporte rien au film ? Enfin, vous ai-je annoncé que la fin fait vaciller définitivement le film parce que l'on s'embarque, une fois n'est pas coutume avec les ricains, dans un ixième twist final qui s'embourbe dans une explication tirée par les cheveux ? Et puis franchement, Topsy Kretts, c'est pas bidon comme pseudonyme, sérieux ?

Surnagent quand même quelques images d'une très belle beauté (certains flashbacks de Walter / Fingerling), une atmosphère chargée en intensité et prête à exploser en même temps que la folie profondément enfouie dans le subconscient du personnage central incarné par un Jim Carrey en grande forme, manifestement aussi à l'aise dans la peau du débile de service que dans celle de l'halluciné.

Le nombre 23 est donc un petit thriller des familles pas très fin qui se laisse regarder avant tout pour l'acteur principal qui arrive, par son jeu, à nous immerger progressivement dans un univers paranoïaque et obsessionnel auquel il est difficile d'échapper. Cela dit, il ne constitue pas moins qu'un énième produit consommable. Donc vite absorbé, vite oublié !