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A Thèbes, dans l'Egypte ancienne, le prêtre du Grand Pharaon et gardien du royaume des morts Imhotep, fou d'amour pour Anck-Su-Namon, la maîtresse du Pharaon, tua celui-ci avec la complicité de sa dulcinée. Pris en flagrant délit par les gardes du Pharaon, Anck-Su-Namon préféra mettre fin à sa vie plutôt que de subir les souffrances atroces promises pour un tel acte, tout en ordonnant à Imhotep de s'enfuir car lui seul avait le pouvoir de la faire ressusciter. Ce crime fut châtié par les gardes du défunt souverain qui enfermèrent dans un sarcophage rempli de scarabées dévoreurs de chair humaine le prêtre Imhotep, dans la cité des morts d'Hamunaptra, ancienne nécropole des Pharaons, avant même que celui-ci puisse ressusciter sa promise. Avant de succomber sous le poids des morsures des insectes, Imhotep jura à ses tortionnaires qu'il reviendrait se venger, accompagné des dix Plaies qu'a connues l'Egypte. 3000 ans se sont écoulés depuis la terrible malédiction. Evelyn Carnahan, bibliothécaire et égyptologue, fait libérer de prison un certain Rick O'Connell afin que celui-ci puisse les conduire, elle et son frère Jonathan, à la cité d'Hamunaptra pour y trouver les plus gros trésors de l'Egypte ainsi que le célèbre livre d'or d'Amon-Rê, le dieu des Origines. Mais nos courageux explorateurs vont par mégarde libérer le grand prêtre Imhotep de sa malédiction qui va alors partir dans sa quête de vengeance, se régénérant en s'accaparant les organes des profanateurs de son tombeau, désireux de ressusciter, trois millénaires plus tard, sa maîtresse Anck-Su-Namon.



67 ans après le classique des Studios Universal "la momie", avec comme acteur vedette Boris Karloff, la célèbre société cinématographique californienne décide de remettre à jour le mythe de la momie dans les années 90, après diverses tentatives plus ou moins réussies mettant en scène le monstre en bandelettes tout au long de ces six dernières décennies. Pour se faire, les Studios Universal emploient les gros moyens : budget conséquent, publicité ravageuse, équipe de choc… Tout y passe pour rendre hommage et refaire vivre l'une des créatures les plus chères aux mythiques studios.
A la réalisation, on retrouve Stephen Sommers, une tête encore peu connue en Amérique mais qui nous avait concocté un très bon monster movie maritime intitulé "un cri dans l'océan" et deux adaptations de dessins animés : "Les aventures d'Huckleberry Finn" et "Le livre de la jungle". Même si le passé de Stephen Sommers n'est pas des plus dorés, il faut bien dire que l'homme sait fort bien divertir son public et c'est exactement ce que souhaite les Studios Universal pour cette réadaptation de la momie. En effet, il n'est pas question ici d'un film d'horreur mais d'un film d'aventure familial, sans effusion de sang et autres déviations vers le registre de l'horreur et l'épouvante risquant de faire censurer le film et de toucher un public plus restreint… Alors, une question hante à l'époque les esprits : "Si un film de momie ne fait pas peur et est classé tous publics, alors est-il à la hauteur de nos espérances? Quelles sont dans ce cas ses qualités?". Pour le savoir, je vous invite à me suivre dans cette sympathique aventure au pays des pyramides et de ces déserts qui s'étendent à perte de vue.



L'un des points forts du film est sans conteste son casting, certes peu représentatif des gros blockbusters hollywoodiens mais ô combien admirable. Dans le rôle principal, on retrouve un acteur qui commence tout doucement à se faire un nom en cette fin de siècle, j'ai nommé Brendan Fraser ("Gods and monsters", "radio rebels", "George de la jungle", "endiablé", "Monkeybone", "les Looney Tunes passent à l'action"…), un acteur qui semble à ce moment se consacrer plus volontiers à des rôles comiques, d'où son interprétation dans "la momie (1999)" où il incarne le brave et attachant Rick O'Connel, un aventurier constamment dépassé par les évènements. A ses côtés se tiennent Rachel Weisz ("Stalingrad", "Constantine"…) dans le rôle d'Evelyn, bibliothécaire passionnée par l'Egypte ancienne mais un brin fofolle, et John Hannah ("pandemonium", "la dernière légion"…) qui interprète le rôle de Jonathan, le frère d'Evelyn : un homme avide d'argent, moqueur, mais sachant se montrer courageux quand sa sœur a besoin de lui. Dans la peau du prêtre Imhotep, on retrouve un acteur peu connu du nom d'Arnold Vosloo que l'on a pu voir dans "1942 : Christophe Colomb" et "chasse à l'homme" ou encore plus récemment dans "blood diamond". Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Arnold Vosloo est certainement l'un des personnages les plus réussis du film : imposant, courageux, ténébreux, sans pitié pour ses victimes… Tant de qualificatifs qui permettent de cerner, dès les premières minutes suivant son apparition, le redoutable adversaire que vont devoir combattre nos valeureux héros. Un autre acteur sans qui le film aurait perdu une grande partie de sa jovialité est Kevin J.O'Connor ("héros malgré lui", "programmé pour tuer", un cri dans l'océan", "50°C fahrenheit", "Van Helsing", "there will be blood"…) qui joue le rôle de Beni, l'ancien complice de Rick devenu son ennemi dans cette quête au trésor : l'archétype même de l'ordure suprême, n'hésitant pas à tromper, voler, et même à s'associer avec la momie pour être sous sa protection! Quoiqu'il en soit, ses diverses altercations avec Rick ou Evelyn font mouche à chaque coup et apportent ce petit brin d'humour si plaisant dans ce long-métrage.



Pour ce qui est du scénario, inutile de dire qu'il semble que Stephen Sommers désirait rendre un petit hommage aux films d'aventure des années 80. En effet, pour faire simple on nous narre l'histoire d'une jeune et belle femme désireuse de trouver un trésor et qui va trouver un beau et courageux aventurier pour l'accompagner dans sa quête, quête qui d'ailleurs sera parsemée de périls et de péripéties à gogo. Cela ne vous dit rien, dites? Bien entendu que je fais référence ici à Indiana Jones et ce film est bâti sur les mêmes relations homme/femme que les films de Steven Spielberg. Nombreux sont les films désireux de suivre les pas des épisodes d'Indiana Jones, d'où le terme parfois rencontré sur le net de "Indiana Jones - Like". C'est le cas notamment du film "le temple d'or" avec Chuck Norris ou encore bien entendu la saga des Allan Quatermain, principal rival d'Harrison Ford dans la fin des années 80…
Etant un film basé sur la mythologie égyptienne, il est jugé important que le scénario tienne un minimum la route (notamment pour ceux comme moi qui sont passionnés par l'Egypte ancienne et tout ce qui touche à la mythologie de ce grand peuple). Voilà pourquoi, afin de permettre la véracité des propos portés à l'écran, les scénaristes ont été aidés et fortement influencés par Stewart Smith, professeur d'égyptologie à l'UCLA.
Quoiqu'il en soit, le scénario de "la momie" bénéficie de beaucoup de qualités et se permet de surfer sur plusieurs genres à la fois : l'aventure (ah, les temples égyptiens!), l'action (une envolée en avion plutôt remuante, un combat acharné contre des lépreux et des hommes du désert…), le fantastique (des momies, des squelettes, des cafards qui font froid dans le dos…), l'humour (Beni et sa poisse perpétuelle, Rick et son incapacité à gérer les situations dramatiques, un directeur de prison bien bête…) sans oublier le romantique (car ne l'oublions pas, quand il y a dans le collimateur un bel homme et une belle femme, ça sent la romance dès le début du film! RIRES!). Pour ce qui est de l'action et de l'aventure, le spectateur sera comblé : courses poursuites, tempête de sable, batailles en plein désert, explosions… Aucun doute là-dessus, nous sommes en face d'un pur produit hollywoodien pour toute la famille! Et on peut le dire, tout est ordonné de façon à ce que le spectateur ne soit pas pris d'une envie irrésistible de regarder sa montre : aucun temps mort ne pointe le bout de son nez durant le film de Stephen Sommers. Tout est calibré afin de nous faire comprendre la gravité de la situation et l'urgence de la traiter! Un film qui ne manque pas de rythme, c'est le moins que l'on puisse dire.



Attardons-nous un peu à présent sur l'aspect visuel de "la momie (1999)". Comme tout bon film d'aventure qui se respecte, nous avons droit à des décors magnifiques, des dunes de sable à perte de vue, un immense temple égyptien perdu au beau milieu d'une mer jaune et brûlante… Pour obtenir cette remarquable photographie, l'équipe est allée tourner une grande partie du film dans le désert marocain, le tout dirigé par une certaine Patricia Carr, la même qui a déjà participé aux épisodes "Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche Perdue" et "Indiana Jones et la dernière croisade" (tiens, tiens…). L'esthétisme de la cité des morts d'Hamunaptra est également soigné, tout comme les intérieurs avec ses grandes salles et ses fresques ornées de hiéroglyphes et de silhouettes vues de profil.
Pour ce qui est de la momie ("enfin!" diront certains), celle-ci a été faite numériquement : exit donc les acteurs entourés de bandelettes comme autrefois et bonjour les effets spéciaux! Le tout a été supervisé par John Berton, connu pour son travail sur "terminator 2", "jurassic park", "the mask" et "men in black". Même si l'on perd un peu ce sentiment d'humanité chez notre momie, on y gagne par contre une savoureuse régénération des tissus humains qui nous permet de passer de l'état de squelette à celui d'homme entièrement constitué. On regrettera peut-être le fait que l'on ne nous montre pas les métamorphoses (un peu comme dans "hurlements"…) et seulement les étapes finales de chaque stade. Mais bon passons ce petit point décevant.... Restent toutefois des cadavres plutôt bien réalisés : verdâtres, le visage atrophié et le regard horrifié, le corps raide comme un manche à balai. Du bon travail!

Enfin, parlons brièvement de la musique du film. Vous vous en doutiez, nous avons principalement droit à de la musique orientale, agrémentée de percussions et de cuivres pour les scènes de batailles. Mais ce que beaucoup ne savent pas, et je pense qu'il est important de le citer pour clore cette chronique de manière plus que positive, c'est que la musique a été faite par le grand Jerry Goldsmith, l'un des maîtres dans la composition de bandes originales de films ("la planète des singes", "alien, le huitième passager", "star trek : le film", "la malédiction", "poltergeist", "Congo", "hollow man", "basic instinct", "un cri dans l'océan"… sans oublier la saga des Gremlins, des Allan Quatermain et des Rambo!).

Au final, "la momie (1999)" est un très bon divertissement, surfant sur la vague des films d'aventure des années 80 qui avaient la particularité d'amuser le spectateur tout en le plongeant dans des scènes d'action d'anthologie, le tout saupoudré de péripéties à n'en plus finir. Certes, bien qu'étant tout de même un film de genre, le long-métrage de Stephen Sommers n'est pas un film horrifique malgré le fait qu'il aborde le mythe de la momie, personnage sacré des Studio Universal au même titre que le loup-garou, Dracula, l'homme invisible, le fantôme de l'opéra ou encore Frankenstein. Il en demeure toutefois une agréable surprise pour tout amateur de films d'aventure, de 7 à 77 ans.