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Castle Rock, petite ville paisible perdue au cœur du Maine. Vic et Donna Trenton vivent en parfaite harmonie dans leur belle maison avec leur fils de 4 ans, Tad. Rien ne semblait leur gâcher ce très bel été de 1980 mis à part peut-être cet incident survenu sur la propriété de Joe et Charity Camber. Leur gros chien, un saint-bernard nommé Cujo, venait de se faire mordre au museau par une chauve-souris enragée. Très vite, les premiers symptômes de la rage apparaissent chez le chien et celui-ci se transforme peu à peu en une bête féroce et sanguinaire, n'hésitant pas une seconde à tuer Gary, le voisin des Camber, mais également Joe alors que sa femme et son enfant sont partis dans le Connecticut. Alors que Vic Trenton s'est absenté du nid familial pour affaires à Boston, Donna se voit contrainte d'aller amener, avec Tad, la voiture chez le garagiste Joe Camber, sur cette propriété à l'écart de la civilisation de Castle Rock. Sur place, tous deux tombent nez à nez sur Cujo, véritable montagne de muscles animé par cette envie de mordre et déchiqueter la chair de quiconque se présenterait devant lui. Très vite, Donna et son fils se retrouvent séquestrés dans leur voiture en panne, à la merci de cette bête féroce sortie tout droit des enfers. Où peut bien être sa femme? Cela fait plusieurs fois que Vic tente de la joindre, en vain. Serait-elle avec son ex-amant, Steve Kemp? Les a-t-il kidnappés? Tout est confus dans l'esprit de ce jeune publicitaire de 32 ans, à mille lieues de s'imaginer que sa femme et son fils sont en train de vivre un véritable cauchemar, enfermés dans une voiture sous un soleil de plomb, surveillés de très près par un animal féroce et assoiffé de sang.



Bon nombre de livres de Stephen King font l'objet d'adaptations cinématographiques ("Carrie", "shining", "simetierre", "Christine", "ça", "peur bleue"…) et "Cujo" n'échappe pas à la règle.
Livre fort agréable à lire, "Cujo" conte l'histoire d'une jeune maman et de son enfant de 4 ans aux prises avec un chien enragé, ayant trouvé comme seul refuge leur voiture en panne, au milieu de nulle part. Mêlant habilement trois histoires (Vic Trenton et son travail dans le milieu de la publicité ; la famille Camber, leurs déboires financiers et leur vie misérable ; une passion brève et finie entre Donna Trenton et le poète-menuisier du coin, Steve Kemp) en une seule (Donna et son fils aux prises avec la bête enragée des Camber), l'œuvre de King nous fait passer par tous les sentiments : joie, tristesse, envie, amour, peur… Ce n'est pas pour rien que "Cujo" reste l'un des écrits les plus connus de l'écrivain. Mais qu'en est-il réellement de son adaptation cinématographique?



Servi par de bons acteurs, "Cujo" se suit agréablement bien, notamment grâce à la prestation de Dee Wallace ("hurlements", "la colline a des yeux", "E.T. l'extraterrestre", "critters", "fantômes contre fantômes", "alligator 2", "halloween le remake 2007"…), très convaincante dans son rôle de proie. L'actrice ne surjoue à aucun moment et interprète son rôle à la perfection. Apeurée, aux bords de la crise de nerfs, elle essaye toutefois de garder un minimum de lucidité afin de veiller au bien-être de son fils, tétanisé de peur, tantôt crispé au fond de son siège et tantôt plongé dans les bras de sa mère elle aussi sur le point de craquer. Tad Trenton, joué par le jeune acteur Danny Pintauro (que l'on retrouvera un an plus tard dans le rôle de Jonathan dans la série à succès "madame est servie"), est comme nous pouvions l'imaginer lors de la lecture du livre : petit bout de chou malicieux, joyeux, l'air toujours innocent. Une facette pleine de clarté qui va se désagréger au fil de l'histoire suite à cette malencontreuse rencontre avec Cujo, représentation réelle du monstre tapis dans l'obscurité de son placard lors de ses cauchemars les plus intenses de petit enfant. Tout comme pour Dee Wallace dans la peau de Donna Trenton, Danny Pintauro possède un réel talent, aussi bien pour jouer le petit ange, enfant modèle, que pour jouer la détresse, la panique et la perte de contrôle face à la bête enragée qu'est Cujo. On regrettera cependant son doublage français énervant (une voix bien trop mielleuse sonnant faux), préférant voir le film en version originale avec sous-titrage.
Les autres personnages collent plutôt bien à ceux que l'on imagine quand on lit le bouquin de Stephen King : Vic Trenton et son sérieux émanant de son travail à lourdes responsabilités (mais n'hésitant cependant pas à rire aux éclats avec son fils et à jouer son rôle de papa protecteur lors des nombreux cauchemars de l'enfant), ce vieil ivrogne de Gary Pervier (voisin antipathique de Joe qui sera la première victime de Cujo), le simplet mais honnête George Meara (le facteur de Castle Rock)… On regrettera toutefois certains traits de caractères que l'on aurait aimé retrouver chez certains personnages. En effet, Joe Camber semble bien plus "humain" que ce que nous décrit Stephen King (il parait plus jeune et plus propre que dans le livre et le climat de tension qu'il y avait constamment entre lui et sa femme Charity semble avoir été ignoré), tout comme Steve Kemp qui parait bien moins machiavélique et brute que ce que nous avions pu lire dans les paragraphes que l'écrivain lui consacrait. Quelques petits points sans grande importance diront certains mais je trouve pour ma part que l'on perd un peu de ce qui faisait ce mélange de sentiments (la jalousie excessive de Steve Kemp, le dégoût de Charity Camber pour sa misérable vie et son envie de rejoindre sa sœur dans le Connecticut…) qui émanait de l'œuvre de Stephen King.

Pour ce qui est de l'histoire, celle-ci se suit sans problème et s'avère même être un moment assez divertissant (le jeu de Dee Wallace et les scènes réalistes avec Cujo aidant beaucoup). Bon nombre de choses sont respectées vis-à-vis du livre, le scénariste allant jusqu'à reprendre des phrases identiques à celles de Stephen King. Le film suit exactement le même déroulement et tente de retranscrire un maximum de péripéties du livre de l'écrivain. Cependant, beaucoup auraient aimé, je pense, que le film soit plus long et ne soit pas amputé de deux parties bien distinctes présente dans le livre : la visite de Charity et son fils Brett chez la sœur de celle-ci, et la scène du message codé que Steve Kemp envoyait à Vic Trenton pour lui avouer qu'il était cocu, renforçant ainsi la dureté et la tristesse de Vic mais également sa certitude que celui-ci y était pour quelque chose dans la disparition de sa femme et de son enfant. Deux morceaux pour ma part importants pour renforcer l'histoire que visiblement le réalisateur et le scénariste ne souhaitaient pas mettre dans leur film pour se cibler sur ce qui leur semblait le plus important : les scènes de Donna et Tad séquestrés dans la vieille Ford Pinto, assiégés par Cujo.



Attention SPOILER :

Par ailleurs, nous ne pouvons que regretter la séquence finale entièrement révisée par l'équipe du film. Alors que l'histoire originale se finit par la mort du petit garçon, resté trop longtemps sans eau et sans nourriture sous un soleil de plomb, et par l'hospitalisation de Donna (qui a perdu un peu la tête après ce drame), le scénariste préféra finir sur un happy end (l'enfant est réanimé et tout rentre dans l'ordre) ma fois décevant mais qui avait certainement comme simple et unique raison de permettre au film d'être regardé par toute la famille…

Fin du SPOILER.



Justement, parlons-en de Cujo. Alors que beaucoup auraient pu penser que les paragraphes où Stephen King nous décrivaient l'animal de façon à l'assimiler à ce que l'on pouvait rencontrer de pire comme bête sanguinaire ne se ressentiraient pas de la même façon sur pellicule, et bien force est de constater que nous sommes agréablement surpris par la transparence avec le livre. Cujo est représenté ici comme nous l'imaginions : féroce, puissant, les yeux plein de haine, le visage ensanglanté et les poils ébouriffés. Les attaques du chien sont surprenantes de réalisme et arrivent même à nous faire frissonner devant notre télévision. Les scènes où Cujo saute après les fenêtres de l'habitacle de la Ford Pinto sont remarquables, tout comme sa première apparition surprise avec Donna et Tad (sans que l'on s'y attende, une masse pleine de poils surgit contre la vitre de la portière, laissant un grand filet de bave et un grand cercle de buée sur celle-ci : une scène tout simplement impressionnante!).
On regrettera par contre que le temps ne soit pas trop représentatif vis-à-vis du livre. En effet, selon King, Donna et Tad passent près de 2 jours dans la voiture avant l'arrivée des secours, ce qui ne parait être qu'une journée (et encore) dans le film… Il est alors difficile de rendre crédibles les séquences de spasmes et d'états de déshydratation que subissent nos deux héros durant leur calvaire, les poussant dans leurs derniers retranchements métaboliques, comme le dépeint si bien Stephen King.

Comme pour le cas du téléfilm "ça" tiré lui aussi d'un livre populaire de Stephen King, "Cujo" se voit amputé des scènes sanglantes qui sortaient de la plume de l'écrivain. (pas d'intestin arraché ou encore d'œil crevé). Toujours par souci de rendre le film accessible pour tout public diront certains…

Au final, Cujo est un film qui surprend par le réalisme porté à certaines scènes, plus particulièrement celles avec le chien enragé, et pour ses deux acteurs principaux, Dee Wallace et Danny Pintauro (alias Donna et Tad Trenton), qui nous offre là un duo tonitruant. Cependant, on regrettera cette volonté d'avoir voulu raccourcir l'histoire en l'amputant de quelques séquences majeures du livre de Stephen King et de nous avoir donné cette fin décevante pour ceux ayant lu le livre…
Un film à voir cependant pour tout amateur (ou adorateur) de Stephen King.








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