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Sam, noceur professionnel mais aussi roi de l'incruste notoire réussit, avec ses copines Prune et Alice, à se procurer par miracle (ou plutôt par ruse) trois invitations pour la mystérieuse Nuit Médicis. Cette dernière est organisée dans une magnifique propriété dont le lieu est tenu secret et constitue la soirée la plus attendue de l'année car elle comprend le gratin des people du moment. Mannequins, hommes politiques et personnalités tendances sont donc réunis dans un château sous l'égide du Duc de Journiac pour participer à des festivités démesurées dans une ambiance de folie. Mais une fois sur place, nos compères déchantent très vite en s'apercevant que leurs hôtes sont des vampires bien décidés à les consommer comme amuse-gueules ! Dès lors, nos trois comparses n'ayant pas envie de servir de buffet aux descendants de Dracula, vont tout tenter pour échapper aux canines acérées des suceurs de sang. Ils entraîneront alors dans leur fuite Edouard, le boulet collant, Krinine, le dentiste des stars et Jessica, la blonde par excellence et accessoirement épouse d'un mafieux. Comment ce groupe pour le moins singulier va-t-il alors s'organiser pour essayer de survivre jusqu'au petit matin ?



Après le célébrissime "Les dents de la mer" et le moins connu "Les dents de la mort", voici celles de la nuit ! Mais ici, point de requin belliqueux et encore moins de crocodile patibulaire à l'horizon ! Les dents de la nuit repose, pour sa part, sur une idée originale : faire une comédie horrifique avec des vampires. Ce qui, avouons-le carrément, est un genre plutôt rare en France pour que l'on en parle, si l'on excepte justement "Les Charlots contre Dracula" de 1980 dont le réalisateur n'est autre que Jean-Pierre Desagnat, père de Vincent, présent au casting de cette rareté française, objet de notre critique. Ce qui me permet de faire une habile transition avec la distribution du film. Cette dernière est donc assez éclectique. D'un côté on découvre (ou presque) la jeune génération avec Patrick Mille (Chico, c'est lui ! Et vu dans la série "Clara Sheller"), Frédérique Bel (la pulpeuse de la "Minute blonde"), Vincent Desagnat le susnommé ("La Beuze", "Les 11 commandements") et Hélène de Fougerolles ("Le péril jeune" et "Mutants") ; de l'autre, on retrouve la moins jeune avec : Tchéky Karyo ("Dobermann"), Stéphane Freiss ("Bienvenue chez les Ch'tis") et Sam Karmann, vu notamment dans le cultissime "La cité de la peur" auquel Les dents de la nuit fait penser par son côté comédie déjantée.

Mais est-ce que ce casting panaché assure au moins un minimum ? Eh bien oui, figurez-vous ! Mais rien de tel qu'un petit résumé de l'histoire pour en avoir un avant-goût. Sam (Patrick Mille) est un glandeur et noctambule invétéré. Ses amies : la jolie blonde Alice (Frédérique Bel), prof d'aérobic, perpétuelle malheureuse en amour parce que trop belle, trop sexy, trop sportive, trop tout quoi ! Bref, en deux mots : trop chiante, pas étonnant qu'elle se fasse toujours plaquer ! A côté d'elle, on trouve la brunette Prune (Julie Fournier), intello piquante et meilleure amie de Sam, fêtarde également comme ses deux acolytes cités précédemment. Un jour, un mystérieux jeune homme aborde Alice pour lui proposer une invitation pour "The soirée VIP", la Nuit Médicis. Sam réussit habilement à lui chaparder deux autres invitations, et voilà nos trois larrons partis pour ce qui promet d'être la fête de l'année. Seulement voilà, si entrer dans cette soirée a été très difficile, en sortir va s'avérer impossible. En effet, nos amis vont vite s'apercevoir que les invités, sans le savoir, font aussi partie du menu de leurs hôtes ... qui ne sont autres que d'authentiques vampires sous le joug du Duc de Journiac (Tcheky Karyo). Sam, Prune et Alice vont alors tout faire pour pouvoir en réchapper. Ils entraîneront ainsi dans leur tentative de fuite, des convives rencontrés ça et là, parmi eux : Edouard (Vincent Desagnat), le looser collant et amoureux d'Alice, Krinine (Sam Karmann), un dentiste dont la réputation n'est plus à faire chez le moindre suceur de sang et Jessica (Hélène de Fougerolles), la blonde écervelée de service. A la lecture de ce script, on serait en droit de penser à des influences hétéroclites telles que : l'hilarant et complètement décalé "La cité de la peur", "Shaun of the Dead", qui joue également sur les codes des films d'horreur, le classique "The Party" de Blake Edwards pour son humour communicatif et enfin "Le bal des vampires" de Roman Polanski, une référence plus qu'adéquate ! Pourtant, côté influences cinéphiliques, Vincent Lobelle et Stephen Cafiero (les réalisateurs, également coscénaristes) reconnaissent avoir été beaucoup plus loin. Cela va ainsi du polar "Little Odessa" de James Gray à la comédie "Un jour sans fin" d'Harold Ramis, en passant par le déjanté "Mary à tout prix" des frères Farrelly, avec une pincée de "Apocalypse Now" de Coppola (!) sans oublier Alain Chabat et Mel Brooks ! Rien que ça messieurs ? On ne se la raconterait pas un petit peu là ? Les dents de la nuit est sympa, certes, mais ce n'est pas non plus un chef d'œuvre hyper novateur !

Vous l'aurez tout de même compris à la lecture des lignes précédentes, le film, grâce à ses influences diverses, fourmille de scènes hilarantes et de répliques en passe de devenir cultes. Pour exemples : Hélène de Fougerolles en plein ébat et son "Prends-moi comme un bourricot !" lancé à la cantonade ; mais aussi une vampire qui sort des toilettes, laissant un cadavre derrière elle à l'insu de tout le monde et qui s'exclame : "C'est le cinquième que je suce ce soir !" ; ou bien la série de jeux de mots de Tcheky Karyo à propos de sa serpillière qu'il arbore en guise de coiffe ("Je ne vais pas me faire de cheveux blancs...", "Je ne vais pas couper les cheveux en quatre...") ; ou bien encore la scène où Frédérique Bel, en maillot sexy d'aérobic lance, rythmée par la musique de son lecteur MP3, des coups à la tête de ses assaillants, attirés par sa carotide et qui perd tous ses moyens car son baladeur est déchargé et enfin Sam et Prune tentant de s'échapper du château à l'aide de formules tirées d'un vieux grimoire et qui se retrouvent transformés en à peu près n'importe quoi toutes les deux minutes, un vrai régal ! Toutefois, certains gags sentent le déjà-vu et là, les auteurs pourtant peu avares en références si l'on en juge leurs interviews, semblent ici, cruellement en manquer ! Etait-il ainsi vraiment nécessaire de faire une énième parodie concernant la scène où Leonardo DiCaprio se trouve à l'avant du Titanic et prétend être le roi du monde ? Non, vraiment pas, d'autant que ça a été mieux contrefait par le passé ! Et je ne vous parle même pas de certains effets de manche un peu graveleux et qui tombent à plat car éventés et vus maintes fois !

On peut également ajouter au crédit de ce long-métrage, une mise en scène efficace servie par des effets spéciaux pour le moins performants (cf. la transformation des hôtes en vampires étant très réaliste et super bien faite) si on les compare à un autre film français tel que le nullissime "Bloody Mallory" ! A noter encore, un score particulièrement réjouissant et signé Gast Walting qui colle parfaitement à chaque scène.

Néanmoins, le grand défaut du métrage, car il en faut bien un, est le mélange des genres nécessitant beaucoup de rigueur, ce qui, ici, n'est pas tout le temps visible à l'écran. Le film se perd, en effet, dans de trop nombreuses directions, sans aller au bout de ses idées. On en veut pour exemple, le loup-garou interprété par l'excellent Stéphane Freiss, qui manque de dimension et semble n'être là que pour amuser la galerie. Comment un lycanthrope a-t-il pu effectivement se retrouver dans une soirée VIP ne comprenant (ou presque) que des vampires ? C'est ce que l'on aurait aimé savoir ! Ne serait-ce que pour faire avancer l'intrigue, car là, on a plutôt affaire à un enchaînement de gags, dont certains sont parfois très lourds ou éculés car déjà vus. Ainsi, à vouloir trop en faire, les auteurs en oublient de creuser en profondeur leur histoire, la psychologie mais également le background de certains protagonistes et semblent se disperser progressivement. De plus, malgré un début très prometteur, la fin est un peu trop prévisible, tout comme certaines blagues manquant d'originalité. Mais bon, pour un premier film, c'est très encourageant alors ne boudons pas notre plaisir !

Les dents de la nuit, sans atteindre le niveau de ses aïeux "Le bal des vampires" ou bien "La cité de la peur" dont il semble être la filiation comique directe, tente de s'en rapprocher, avec quelques scènes et répliques qui resteront à coup sûr dans les annales de la comédie. Aussi, il vous est fortement déconseillé de vous lever pendant le générique de fin afin d'aller satisfaire une envie naturelle, si vous voulez prolonger l'hilarité un peu plus ! Ce long-métrage sympathique versant dans la comédie horrifique reste donc une curiosité à découvrir car il appartient à un genre encore trop rare en France. A l'instar de productions telles que "Hellphone", ce type de métrage, par son approche et son côté volontaire, apporte un véritable sang frais (c'est mon dernier jeu de mots, promis !) dans le cinéma hexagonal et ça fait du bien ! Vivement la suite !








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