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Un catcheur de grande renommée nommé Ulysse décide de rendre visite à l'un de ses amis Blue Saint et sa sœur Mercedes, tous deux catcheurs également. En route, il apprend que Tiki, un autre catcheur mais peu fréquentable, a mis en place un numéro spécial avec des zombies-catcheurs. Rien d'étonnant cependant d'entendre parler de zombies à cette époque étant donné que leur existence est connue de tous mais que ceux-ci sont enfermés dans des cages en raison de leur dangerosité. Curieux de voir cela et de savoir ce que manigance encore ce vieux renard solitaire de Tiki, Ulysse et ses deux amis décident d'aller voir de plus près l'un de ses spectacles. Mais, le soir du numéro de Tiki, une jeune femme meurt suite à une attaque de morts vivants. Commence alors la recherche du coupable : qui a bien pu libérer des zombies dans la nature? Plusieurs personnes sont alors susceptibles d'être responsables de ceci : tout d'abord Tiki (ses zombies-catcheurs sont-ils réellement apprivoisés et inoffensifs comme il le prétend?), mais également French Vixen (alias Renarde française) qui fait en cachette de nombreuses expériences sur les zombies pour créer une armée d'hybrides, ou enfin Zombie King, un lutteur qui rêve de dominer le Monde… Commence alors une enquête des plus étonnantes dans ce monde déjanté où catcheurs et zombies se tapent sur la figure!



Les films de zombies, c'est une certitude aujourd'hui, nous en avons pour tous les goûts : les comédies horrifiques ("le retour des morts vivants", "undead", "shaun of the dead", "dead meat"…), les films de zombies sérieux ("zombie", "l'enfer des zombies"…), les films de zombies à tendance gore ("braindead", "the dead next door"…), les adaptations de jeux vidéo ayant pour thème nos amis les morts vivants ("resident evil", "house of the dead"…), sans oublier les soldats zombies ("le commando des morts vivants", "le lac des morts vivants"…), les animaux zombifiés ("dead meat" et sa vache, "resident evil" et ses chiens…) et j'en passe… Mais au Canada aussi on sait rigoler et innover car ce sont bien des zombies catcheurs qui verront le jour en 2003 dans le film intitulé "Zombie King and the legion of doom".

Attention les mirettes car ce premier film indépendant de Stacey Case est tout simplement un énorme défouloir où tout un tas d'idées saugrenues sont mises bout à bout pour créer un univers totalement déjanté et très coloré. "Ca n'a ni queue ni tête" diront certains, "c'est totalement débile" diront d'autres, "totalement, je leur répondrai, et c'est bien ça la force du film!".
Que les intellectuels ne jurant que par le rationnel ferment les yeux et se bouchent les oreilles, et que les anti-catch contournent cet ovni : "Zombie King and the legion of doom" risquent fortement de leur déplaire! Pour les autres (ceux qui aiment le catch, raffolent de tout ce qui touche au surréalisme et adorent se fendre la poire sur des films complètement barges, aux situations absurdes et aux dialogues à ras les pâquerettes), suivez-moi dans la critique de ce film loufoque!



Comme je vous l'ai dit plus haut, "Zombie King and the legion of doom" est une sorte de grand cirque mis sur pellicule où situations burlesques, dialogues ridicules et personnages complètement décalés sont les ingrédients indispensables pour réussir à faire tenir le chapiteau et nous maintenir en haleine durant presque 80 minutes.

Le scénario? Certes il y en a un et celui-ci plonge dans un total surréalisme. Tout d'abord, la première chose qui frappe quand on regarde ce film, ce sont les personnages : ils ont quasi tous un masque sur la tête (tous les lutteurs du moins, autrement dit tous les personnages principaux : Ulysse, Blue Saint, Mercedes, Tiki et ses zombies catcheurs, Mister X, French Vixen et Zombie King) et le gardent tout au long du film (pour manger, dormir…)! Rien de plus normal me direz-vous avec une légère ironie…
Autre excentricité : de nombreuses scènes sont totalement en inadéquation totale avec le contexte. Pour exemples, vous verrez notre chère Mercedes aller bronzer sur la plage avec son masque et son maillot de bain alors qu'il neige dehors! Vous serez également aux premières loges d'un combat de catch avec des zombies (et ils en prennent plein la figure!), vous verrez des femmes entièrement nues nettoyer le pont d'un bateau comme si de rien n'était, vous ferez la connaissance d'un shérif chez qui le catch n'a plus de secret et qui ne trouvera rien d'anormal à coffrer un zombie, vous rencontrerez un gros méchant pas beau qui utilise un ancien parc d'attractions comme QG… Bref, en enfilant le dvd dans votre lecteur, vous voilà partis pour un voyage totalement déjanté et fun de bout en bout!

Qui dit film totalement barge dit bien souvent rythme ultra soutenu et anti-ennui. Hé bien c'est tout à fait le cas avec le film de Stacey Case : les scènes se suivent et se talonnent à une vitesse folle, les scènes d'action et de bagarre (catch oblige!) sont omniprésentes (que ce soit entre lutteurs ou contre des zombies) et les idées folles fusent à la vitesse grand V!

Que dire des bagarres? Celles-ci sont magnifiquement orchestrées et ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles que vous pouvez voir lors de combats de catch. Les coups spéciaux et parades sont parfaitement retranscrits (saut de l'ange, armbreaker, one-handed bulldog, hip toss et j'en passe…) grâce à Rob ‘El Fuego' Etcheverria, un catcheur professionnel qui est à la fois acteur dans le film (Tiki le solitaire) et chorégraphe pour les scènes de combat. A en voir les splendides scènes de catch et la façon dont le tout est orchestré, on a du mal à croire que la totalité du film a été tournée en trois semaines (dans une région de Toronto pour information).

Car oui, "Zombie King and the legion of doom" est un véritable hommage aux films de lutte mexicaine, appelée plus couramment "lucha libre". Pourquoi un tel nom me demanderez-vous? Et bien tout simplement parce que, contrairement au catch américain qui se veut être en premier lieu un show, la lutte mexicaine, à l'inverse, est un sport très brutal où les règles d'un combat sont simples : tous les coups sont permis sauf dans les coucougnettes. L'enjeu consiste à épuiser son adversaire, le pousser à abandonner le combat afin de pouvoir lui retirer son masque et lui raser les cheveux, symboles de victoire. Voilà qui répond donc à la question "pourquoi ils ont tous des masques?" : il s'agit tout simplement d'une marque de fabrique de la "lucha libre".
D'ailleurs, outre le catcheur professionnel Rob ‘El Fuego' Etcheverria dans le rôle de Tiki le solitaire, les fans de catch reconnaitront le catcheur Jim ‘The Anvil' dans la peau d'un shérif qui n'aime pas qu'on l'emmerde.



Pour parler rapidement des personnages du film, nous avons là un panel de stéréotypes bien typique de ce genre de production. Chaque personnage est d'ailleurs présenté en début de film sous forme d'une vignette avec sa photo et deux trois mots le qualifiant, à la manière de comics dont Stacey Case semble également raffoler.

Ainsi, nous avons le héros Ulysse : un catcheur très connu dans le pays, philosophe à ses heures (il aime citer Aristote et Platon) mais sachant faire preuve d'énormément de courage (normal, c'est un héros! RIRES). Puis, nous avons Mercedes (alias celle qui a le feu aux fesses et craque littéralement pour Ulysse) et son frère Blue Saint (qui ne souhaite que venger la mort de son père et combat le crime tout comme Ulysse). Suivent ensuite Tiki le solitaire (la forte tête qui n'en fait qu'à sa tête et déteste être accusé à tord) et Mister X (un lutteur comme ceux précédemment cités mais qui semble bien plus dans le monde des affaires).
Pour ce qui est des méchants (oh les vilains!), on retrouve Zombie King (un gros lutteur mégalo rêvant de conquérir le Monde avec des hordes de zombies), French Vixen (la catcheuse française qui fait des expériences sur des zombies sous les ordres de Zombie King pour créer un hybride puissant) sans oublier le méchant homme de main de Zombie King (qui n'a d'ailleurs pas de masque), aussi bête que méchant.
Une galerie de personnages bien fournie à laquelle s'ajoutent divers personnages décalés : des lesbiennes bien vulgaires, un shérif très porté sur la baston, un groupe de musiciens catcheurs, un jeune couple dont le boy veut à tout prix tirer son coup…

On remarquera cependant que dans "Zombie King and the legion of doom", ce ne sont pas les zombies qui ont le plus grand rôle. Au contraire, ceux-ci sont mis en retrait pour privilégier les catcheurs et leurs combats sans fin. Mais ce n'est pas pour autant que l'on ne les voit pas : bien que peu travaillés au niveau du maquillage (quelques filets de bave rouge sortant de la bouche, des yeux hagards, une démarche titubante et le tour est joué), ceux-ci sont bien présents et sont plutôt voraces.



Qui dit zombies dit scènes sanglantes, débordements gores (du moins dans la majeure partie des cas…) et là encore nous sommes servis. Bon, certes, le film n'est pas fait pour attirer un public fana de scènes gores mais celui-ci contient toutefois quelques scènes sympathiques comme un bon petit dîner de morts vivants en pleine forêt (pour moi ce sera une entrecôte bien saignante!), une façon radicale de faire rentrer les yeux dans le crâne et bien-entendu des décapitations en veux-tu en voilà (les têtes sautent de partout lors des combats! Fun et jubilatoire à souhait).

Mais ce qui fait également l'une des forces du film, c'est la bande originale. Alors là, encore aujourd'hui, je n'hésiterais pas une seconde à mettre cette BO dans mon top10! La musique est véritablement un personnage à part entière : elle intervient dans tous les combats, dynamisant et donnant le rythme à l'ensemble des scènes de lutte mexicaine, et nous plonge dans un univers tonitruant et déjanté! Un pur délire guidé par une musique tantôt punk, tantôt rock 'n' roll, tantôt teintée de country… Et que dire de la musique du générique de fin : magistrale et remuante à souhait (ce sera d'ailleurs la même musique que vous retrouverez dans le menu du dvd édité par Néo : inutile de vous dire que j'ai laissé mon menu tourner en boucle! RIRES)!

Au final, "Zombie King and the legion of doom" est un ovni complètement déjanté où rien n'est à prendre au premier degré. Des dialogues cons, des situations burlesques, des personnages hors du commun, des scènes de combat magistrales, des zombies qui en prennent plein la poire : voilà les ingrédients qui font du film de Stacey Case un très bon divertissement!
On regrettera cependant que les zombies ne soient pas plus mis en avant mais bon tant pis, des zombies il y en a plein ailleurs!
Un film à voir seul ou à plusieurs mais en laissant son cerveau à l'entrée du salon s'il vous plait!

George A. Romero a décidé de parrainer ce film lors de sa sortie. Le pape du zombie movie devait même jouer le rôle de Zombie King mais, en raison de soucis d'emploi du temps (il devait tourner son "land of the dead"), il n'a pu apporter sa pierre à l'édifice. Seule une mention "George A. Romero presents" figure sur l'affiche du film.






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