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Suite à un discours musclé et raciste du révérend Kalahan (qui n'a rien à voir avec l'inspecteur Harry, Callahan, même que cela ne s'écrit pas pareil) un sémillant intégriste, proche des milieux néo-nazis, une de ses ouailles fait un massacre dans un bus scolaire en tuant tout ce qui ne ressemble pas de près ou de loin à une face de craie. Un peu plus tard le révérend est tué par un groupe de trois hommes cagoulés, sous les yeux de son fils et de sa femme qui sera grièvement brûlée. Neuf ans plus tard, Ethan Belfrage se voit séquestré par deux membres de l'église du révérend et par l'épouse de ce dernier. Ils l'accusent d'avoir fait partie des hommes qui ont tué le sympathique homme de Dieu. Torturé physiquement et moralement, celui-ci semble ne rien savoir, ni comprendre de cette histoire. La veuve du révérend se met à douter, les tensions au sein du groupe augmentent. Coupable ? Non coupable ? Qui est vraiment Ethan Belfrage ?



Vendu comme un film se voulant la synthèse entre un "American Psycho" et un torture-porn dérivé de la franchise "Saw", Dark Side n'est en fait qu'un énième thriller qui ne possède ni l'approche psychologique du premier, ni le suspense et la violence graphique du second.
Nanti d'une intrigue d'une grande banalité, d'un twist final que l'on voit arriver depuis les confins de l'espace par temps clair, et d'un déroulement mou de la cuisse quand il n'est pas carrément irréaliste, "Dark side" pêche à l'évidence plus souvent que son révérend martyr.

Pourtant, le métrage débute plutôt bien. Après une mise en bouche sous forme de discours "intégristo-religieux" du bon révérend, on assiste à la mise en place du personnage principal, une sorte d'ancien gauchiste tendance hippie, indépendant et qui refuse de quitter son appartement malgré la pression d'un promoteur peu scrupuleux. Bref, le genre de type avec des idées à l'opposé de celles de ses futurs ravisseurs.



Dès lors qu'il se voit confronté à ses tortionnaires et où le film devrait normalement prendre son envol, celui-ci va s'avérer d'une grande banalité.
En effet, on a déjà assisté dans un nombre incalculable de films au face à face entre de gros vilains capables de tout et une personne apparemment innocente qui subit divers sévices. Il faut donc, pour que l'on se prenne au jeu, parvenir à créer une tension dramatique, ce que n'arrive que très rarement à faire le réalisateur.

Une femme en quête de vengeance rendue folle par la mort de son mari, mais qui sous couvert de moralité va se poser des questions existentielles (amenant des situations presque risibles, tant on doute de la crédibilité de l'ensemble) pour savoir si oui ou non il faut liquider Ethan Belfrage. Un tortionnaire modèle, nazi dans l'âme et prêt à tout pour obtenir des renseignements. Et au milieu des deux le fils de feu le révérend capable d'une grande violence, mais dévoué à sa môman.



Les personnages apparaissent très vite creux, caricaturaux et sans réelle substance et n'amènent rien qui ferait de ce métrage un produit différent de tant d'autres.
Reste dès lors la violence et la torture auxquelles la jaquette nous convit en nous promettant un spectacle dépassant les limites du soutenable (enfin un truc dans le genre).
Et bien, sur ce point aussi, on peut se montrer un tantinet déçu, ceux ou celles qui s'attendent à voir de la "saw vagerie" peuvent passer leur chemin, d'autant plus que l'intrigue fait un long surplace et se permet de grosses ficelles scénaristiques au moment de savoir si oui ou non ce cher Ethan est l'un des auteurs du meurtre. Pas folichon tout ça, pas ennuyeux non plus.

Pas ennuyeux, car si le réalisateur en est à son premier long-métrage, les acteurs, eux, sont plus expérimentés et parviennent, par leur jeu, à maintenir ce "Dark Side" du côté non obscur de la force.

En premier lieu, une Andy MacDowell ("Greystoke", "The player", "Un jour sans fin") dont la carrière semble quand même "partir en biberine", qui casse un peu son côté femme fatale en jouant un personnage gravement brûlé (mais pas trop sur son beau visage quand même, faut pas déconner !). Cary Elwes ("The princess bride", le "Dracula" de Coppola, "Twister") qui joue Ethan Belfrage sur le mode mais oui j'ai joué dans le "Saw" original moi ! Mais aussi Brian Cox ("Braveheart", "Zodiac", "Trick ‘r treat"), Frank Whaley ("Motel", "Dragon rouge" , "Pulp fiction" ).



La toute première partie donne envie de voir la suite, mais celle-ci ne s'avèrera ni assez prenante, ni assez sauvage, ni assez riche dans ses personnages et un peu trop molle de la gambette, pour se hisser au-dessus de la pléthore de titres comparables actuels aussi bien dans la forme que dans le fond. Un DTV qui se laissera donc voir, mais qui, on en a bien peur, se laissera rapidement oublier.

Disponible en DVD chez Seven 7 à compter du 18 Mai 2010.




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