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Jimbo Farrar est un enfant prodige de 10 ans recueilli à New York par le richissime Charles Killian, dans sa fondation qui a vocation à aider les jeunes gens dotés de capacités mentales inimaginables. Devenu adulte et épanoui car vivant en couple avec Ann, Jimbo travaille désormais pour le mécène qui l’a pris en charge en tant qu’ingénieur informaticien et s’évertue, comme son mentor avant lui, à retrouver et réunir de jeunes surdoués afin de les aider à exploiter au mieux leurs dons et les protéger du monde extérieur. C’est ainsi que grâce à un jeu en ligne ingénieux, il repère cinq enfants précoces : Liza, Gil, Hari, Lee et Sammy, tous issus de milieux différents mais ayant en commun des aptitudes mentales et psychiques hors normes. S’estimant trahis par Jimbo arrivé trop tard à "leur" rendez-vous et jugeant que le monde des adultes est décidément pourri, nos compères en culottes courtes s’unissent pour contrôler l'esprit des autres et entrent de fait de plain-pied dans le monde du crime. Un cruel dilemme s’impose alors à Jimbo : doit-il lutter contre ces jeunes gens afin de sauver le monde de leurs éventuels méfaits ou bien prendre leur parti en tant qu’ex enfant prodige ?



The Prodigies est un film d'animation d'Antoine Charreyron (s’étant jusqu’ici illustré dans le monde des jeux vidéo), adaptation sur grand écran du roman « La nuit des enfants rois » de Bernard Lenteric, publié en 1981. Il a été réalisé entièrement en images de synthèse à l'aide de la technique de la motion capture pour laquelle Francisco Herrera et Humberto Ramos, deux dessinateurs de science-fiction, se sont inspirés de l'esthétique des mangas japonais et des bandes dessinées américaines pour créer les décors new-yorkais et les personnages. Notons que le métrage fait également appel aux services des deux auteurs du script de "Renaissance", autrement dit, on part en terrain connu et pas en compagnie de manchots.

Lorgnant sur la série « Heroes » ou encore sur le long-métrage "X-Men : le commencement" à la lecture du script, The Prodigies s’en éloigne pourtant radicalement par les thèmes qu’il choisit (on y parle en effet d’enfants battus, de l’isolement, de la marginalisation sociale) et surtout par la nature des images qu’il montre (parricide par pendaison, lynchage, décapitation et même… un viol !). Ainsi, on est donc très loin des dessins animés teintés de pop culture (peinture, photographie, musique, jeux de télé réalité, Internet, comics, mangas ou encore jeux vidéo…) et autres productions hollywoodiennes édulcorées. Ici, on prend des risques et le résultat à l’écran est impressionnant. Pourtant…

Eh oui, pourtant il y a un hic et même plusieurs si on y regarde de plus près. Premièrement, ce qui se veut comme un atout majeur constitue en fait le gros point faible de The Prodigies. Je veux bien sûr parler du choix de la motion capture. Certes, les scènes de télékinésie à base de voitures qui volent et d’immeubles qui s’écroulent sont réussies et le réalisateur et son équipe ont pu ainsi donner libre-court à toutes les fantaisies de mise en scène aérienne et autres déplacements déjantés du cadre. Mais cette facilité visuelle a une contrepartie : les différents protagonistes sont comme déshumanisés et apparaissent, dans leurs mouvements, comme des robots patauds mal dégrossis. De fait, on a du mal à éprouver de l’empathie, la faute à une rigidité des traits et à une émotion artificielle complètement froide apportée par la modélisation des différents protagonistes qui paraît surannée. Ensuite, on pourrait mettre en avant la faiblesse de caractérisation des personnages secondaires. Seul Jimbo a un véritable background et n’apparait pas comme un pantin ne dégageant aucune émotion, mais c’est bien peu. On aurait aimé en savoir plus sur ses géniaux alter egos ? De même, la cause véritable de leurs vies malheureuses est abordée de façon trop succincte. Que dire alors de leur rapport avec leur mentor, Jimbo Ferrar !? Quels liens ont bien pu unir ces petits génies ? Bref, que de mystères qui ne seront jamais résolus par un scénario empruntant trop de raccourcis fâcheux et c’est bien dommage.

The Prodigies, malgré des qualités artistiques certaines et des thèmes développés qui en font un film tout à fait regardable, se retrouve toutefois mutilé par une caractérisation chétive des personnages secondaires, des ellipses scénaristiques maladroites et la mauvaise utilisation de la motion capture. Ce qui est d’autant plus dommageable c’est qu’il aura fallu attendre 30 ans avant d’adapter le roman pour finalement se retrouver en face de ça : un bien joli projet flingué en deux secondes par des fans boys aux trop nombreuses références culturelles. Et même le fait que ce soit en partie français et qu’on puisse entendre les voix de Mathieu Kassovitz (Jimbo Farrar) et Féodor Atkine (Charles Killian) n’y pourront rien changer.









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