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Roberto Merigi, sculpteur et restaurateur d’œuvres d’art, se rend dans un petit village italien afin de restaurer une statue qui avait coulé dans les eaux d’un lac. A son arrivée, il découvre que cette statue terrorise les habitants qui la considèrent comme maudite, victime d’une ancienne malédiction. Effectivement, peu de temps après sa réapparition au sein du village, des événements étranges se produisent. Dans le même temps, Harriet Montebruno fait également son retour dans le village afin de prendre possession de son héritage et de la demeure familiale, un majestueux château dans lequel un drame s’est produit il y a longtemps, et dont la construction de la statue n’est pas étrangère…



Réalisé par Camillo Mastrocinque, qui a déjà une longue carrière dans le cinéma derrière lui, mais pas spécialement dans l’épouvante ou le fantastique, même s’il nous a livré un "Crypt of the Vampire" avec Christopher Lee en 64, "Un Ange pour Satan" est pourtant un film d’épouvante gothique fort réussi, qui vaut principalement pour l’extraordinaire composition de la divine Barbara Steele, qui nous offre ici toute l’étendue de son talent.

En effet, son personnage dans le film va exprimer une dualité permanente entre le bien et le mal, dont je ne vous dévoilerai pas la cause bien évidemment. Nous avons donc deux facettes bien distinctes d’un même personnage et Barbara Steele a tout le loisir de laisser aller ses émotions dans divers registres. Lorsqu’elle interprète Harriet Montebruno façon "gentille", Barbara se montre calme, douce, touchante, n’ayant pas un mot plus haut que l’autre, se laissant submerger par un amour naissant pour le beau sculpteur fraîchement arrivé dans sa demeure, se sentant abattue et désespérée quand les villageois la traite de sorcière. A l’inverse, lorsque son personnage vire du côté "sombre", Barbara devient alors absolument odieuse, menant des actions uniquement destinées à faire souffrir les autres, les torturant psychologiquement, comme dans la scène où elle se dénude devant un simple d’esprit et qu’elle lui interdit de la regarder sous peine de subir une sévère punition, qu’elle lui infligera bien sûr, à coups de cravache au visage, le désir de notre pauvre garçon étant plus fort que sa raison.

Ce qui est étonnant, c’est que nous, spectateurs, trouvons Barbara encore plus désirable, encore plus radieuse, quant elle se retrouve dans son côté obscur. Sa méchanceté, son regard halluciné, font alors d’elle une véritable muse de l’épouvante, un vrai personnage maléfique du cinéma fantastique, qui donne une dimension érotique à l’œuvre vraiment bienvenue alors qu’aucune vision de corps dénudés ne sera présente à l’écran.

Pour accompagner Barbara, le réalisateur a choisi pour interpréter le rôle de Roberto Mergi, le sculpteur, Anthony Steffen, acteur plutôt spécialisé dans le western et le péplum. Notre artiste va avoir bien des difficultés à comprendre les faits étranges qui se produisent autours de lui, comme le comportement lunatique d’Harriet, qui semble folle amoureuse de lui pour ensuite le repousser ou l’humilier. En ayant un semblant d’explication sur la tragédie qui s’est déroulée dans le château à cause de la statue lors d’un cauchemar, Roberto va peu à peu se demander si un esprit avide de revanche ne serait pas à l’origine des différentes morts et bouleversements qui émaillent la petite ville depuis son arrivée.

Bien malin, le scénario nous dirige vers plusieurs hypothèses possibles et on pourra trouver la conclusion et le dénouement un peu faibles par rapport à ce qu’on en attendait.

Parmi les autres personnages importants du film, on trouve Rita, la femme de chambre particulière d’Harriet, jouée par la très jolie Ursula Davis, amoureuse de l’instituteur du village. Ce dernier, interprété par Vassili Karis, subira le charme envoûtant exercé par le côté sombre d’Harriet, tout comme sa fiancée d’ailleurs, et leur amour naissant en sera tragiquement chamboulé. Autre personnage inquiétant, l’oncle d’Harriet, énigmatique par bien des aspects, et qui est joué par Claudio Gora. Tragique également sera le sort de l’homme fort du village, Carlo Lionesi, interprété par Mario Brega, qui lui aussi ne saura résister à la ténébreuse Harriet, allant jusqu’à en oublier sa famille et causer leur perte.

Nos protagonistes vont donc se retrouver au cœur d’une étrange histoire, dont le point de départ est le retour de la statue représentant une ancêtre d’Harriet, et qui est d’une ressemblance surprenante avec cette dernière. La statue serait-elle une entité à part entière, tout comme la nouvelle de Prosper Mérimée "La Vénus d’Ille" ? C’est ce qu’on va se demander tout au long du film, avec les personnages. Le tout baignant dans un climat d’étrangeté, magnifié par un splendide noir et blanc et une très bonne réalisation.

"Un Ange pour Satan" a longtemps été une rareté en France, sorti de l’oubli grâce à Jean-Pierre Dionnet qui le diffusa dans son "Cinéma de Quartier". Mais il était toujours très difficile de se le procurer. Cette magistrale déficience vient d’être enfin stoppée grâce à l’éditeur Seven 7, qui nous permet enfin de pouvoir le visionner facilement, ayant eu la formidable idée de le sortir en DVD dans une belle copie. Que les fans de Barbara Steele se précipitent sur cette édition lui rendant honneur !








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