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Après avoir rompu avec la fille du Président des Etats-Unis, Jack Whittier part en Hongrie. Dans ce pays de légende, un soir, il se fait mordre par un loup et tue ce dernier avec une canne en argent. Une bohémienne lui révèle qu’il a été mordu par son fils, un loup-garou, et que la malédiction s’est abattu sur lui. De retour aux USA, Jack devient l’assistant presse personnel du Président. C’est alors que d’horribles meurtres s’abattent sur Washington, les nuits de pleine lune…



Amis du nanar, bonsoir ! Une bien belle formule pour commencer cette chronique du film de Milton Moses Ginsberg, car, oui lecteurs, c’est bel et bien d’un nanar dont nous allons causer ici, aucun doute possible après visionnage de ce "Loup-garou de Washington" qui fera bien rire celui provenant de "Londres" quelques années plus tard…

Le film de Milton Moses Ginsberg, réalisé en 73, peut être vu comme un "fun & fears", c’est-à-dire qu’il mêle à la fois l’épouvante et la comédie. Je ne sais pas par contre si c’était réellement l’intention du réalisateur au départ mais il reste qu’on rigole bien à la vision du film, de par le look du loup-garou déjà, bien poilu comme il faut, mais aussi par certaines répliques et situations fortes cocasses, voir même assez hallucinantes et qui ne manqueront pas de faire venir se dessiner un sourire sur votre visage. Un sourire certes un peu moqueur ou atterré devant ces images mais un sourire quand même.

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que Milton Moses Ginsberg, qui a également rédigé le scénario du film, était soit en manque d’inspiration soit un grand fan du film "Le loup garou" réalisé en 1941 par George Waggner pour la Universal, avec Lon Chaney Jr. dans le rôle du monstre. En effet, on retrouve quasiment tous les ingrédients du classique précité dans "Le loup-garou de Washington". Pompage ou hommage ? On a le héros, Jack Whittier, qui se fait mordre par un bohémien transformé en loup (rôle tenu par Bela Lugosi dans le film de 41), la mère de celui-ci qui met en garde Jack de la terrible malédiction qui vient de s’abattre sur lui, la présence de la canne en argent dont le pommeau représente un loup, l’apparition du pentagramme dans la paume de main des futures victimes et j’en passe. Tous les principaux éléments qui faisaient le charme du film de Waggner sont repris ici. Mais l’effet marche moins bien, avouons-le ! Il faut dire que le classicisme du film Universal est ici détourné de façon parodique.

Au rayon des scènettes rigolotes qui semblent surgir d’une autre dimension, on ne manquera pas de se rappeler le sort d’une pauvre dame attaquée par notre loup-garou alors qu’elle se trouve dans une cabine téléphonique. Face à la brutalité de l’attaque, la cabine se renverse et tombe côté porte, ce qui empêche la victime de s’enfuir mais lui permet par contre de ne pas subir les griffures et morsures de notre bête à poil (mais non, il n’est pas tout nu le monstre, il est poilu…halala, comment on peut détourner mes propos c’est fou ça…), qui a beau taper dans le plexiglas pour tenter d’atteindre sa proie que rien n’y fait. La pauvre créature n’aura plus qu’à déguerpir à cause de l’arrivée d’un policier qui lui tire dessus en plus alors qu’il n’a pas touché un cheveu de la tête de la pauvre dame ! C’est dur la condition de loup-garou quand même ! En tout cas, il nous aura bien fait rigoler !

Autre séquence proprement hallucinante, la fameuse partie de bowling dans le bureau du Président des Etats-Unis. Ben oui, le Président, il a deux pistes de bowling dans son bureau, vous croyez quoi ?? Il est Président lui ! Et il ne trouve rien de mieux que d’inviter notre pauvre Jack Whittier à faire une partie alors qu’il commence à ressentir de drôle de sensations, style ma crise de loup-garou aiguë est sur le point de commencer. Bien gênant en tout cas parce que ça lui fait gonfler les doigts et que ceux-ci restent coincés dans les trous de la boule de bowling ! Hilarant !

Autre trip hallucinogène (je ne sais pas ce qu’il avait fumé le réal mais ça doit être de la bonne !), la scène se déroulant dans l’avion du Président qui a invité un compatriote chinois ou japonais. Ce dernier s’aperçoit que Jack, présent dans l’avion lui aussi, est en train de se transformer en loup-garou et il essaye de le faire comprendre au Président des USA qui ne comprend justement rien à rien ! Bref, même si le film n’est franchement pas une grande réussite, je vous conseille de le diffuser lors d’une soirée avec tous vos potes, mal aux zygomatiques garanti !!!

Pourtant, derrière tout cet humour à deux euros six cents, ne se cacherait-il pas une critique de la société américaine et du pouvoir en place de l’époque ?? Policiers racistes ("sûrement un coup des Black Panthers"), Président un brin simplet, ses conseillers farouchement anti-gauchistes et autres allusions sarcastiques et ironiques nous font deviner un possible message caché. Une satire politique sous forme de comédie d’épouvante en somme. D’ailleurs, le fait de faire du héros lycanthrope un personnage important au sein de Washington et d’avoir placé l’action du film dans ce haut lieu des Etats-Unis n’est certainement pas fortuit. Malheureusement, cet aspect passe bien souvent derrière la platitude de la réalisation, la laideur de la photographie et l’ennui qui vient s’emparer de nous, uniquement brisé par les scènes de comique de situation dont on a déjà parlé. Une deuxième vision s’imposerait sûrement pour mettre en lumière cette dénonciation par l’humour de la politique américaine des 70’s, dont la tragédie de la guerre du Vietnam est encore bien présente dans les esprits. Mais personnellement, pas sûr que je réintroduise ma vidéocassette dans mon magnétoscope une seconde fois…

Et le loup-garou dans tout ça ? Ben oui, faudrait pas l’oublier, je rappelle que si on a décidé de visionner ce film, c’est avant tout pour lui ! Bon, maintenant, c’est pas obligé non plus de visionner le film hein…

Niveau transformations, c’est toujours la base classique, à savoir des modifications physiques images par images, plan par plan, avec ajouts de poils et de prothèses, comme dans "Werewolf of London" par exemple. Je rappelle qu’on est en 73 et que "Hurlements" et "Le loup-garou de londres" ne sont pas encore d’actualité. Notre monstre ne s’en sort pas si mal que ça en fait, il est peut-être un peu trop poilu, me faisant penser à celui de "The Werewolf" de Fred S. Sears, réalisé en 1956. L’acteur l’incarnant n’est autre que Dean Stockwell, ancien star-enfant né en 1936 et qui a commencé sa longue carrière cinématographique à l’âge de sept ans, ayant pour partenaire Frank Sinatra dès 1945 ! En 1948, il est le héros du film de science-fiction "Le garçon aux cheveux verts" de Joseph Losey. Adolescent, on le reverra au côté d’Errol Flynn dans le célèbre film d’aventure "Kim". Dans le genre qui nous intéresse, on l’a vu par exemple dans deux films de David Lynch, "Dune" et "Blue Velvet" mais aussi dans "The Dunwich Horror" en 1970, ainsi que dans l’adaptation du roman "Les Langoliers" en 95. Mais son personnage sûrement le plus célèbre restera celui de Albert Calavicci, vu dans la série culte "Code Quantum". Rappelez-vous, le personnage holographique, c’est lui ! Dans "Le loup-garou de Washington", il donne un réel talent comique à son personnage et semble assez à son aise dans ce registre, même si on est très loin de ses performances d’antan.

Amateurs de "werewolf movies", sachez à quoi vous attendre avant de visionner ce film. Si vous cherchez du suspense, de l’épouvante et des transformations efficaces, mieux vaut passer votre chemin et vous rabattre sur d’autres classiques du genre. Maintenant, si vous êtes amateurs de joyeux nanars et que vous voulez faire passer une soirée inoubliable à vos amis qui ne reviendront peut-être plus chez vous par la suite, c’est un titre à mettre de côté, effet garanti ! Personnellement, même si j’ai bien rigolé, je vais vite cacher la cassette au fin fond de mon armoire…









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