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"Frustré", c’est Jacques Vendôme et son équipe qui nous offrent un film de genre à l’ancienne. Le tout c’est de savoir où est-ce qu’ils veulent nous emmener avec ça !? Fabrice Lombard est un perdant. Soyons francs, c’est pire qu’un perdant, c’est une vraie merde. Il vit dans un placard décoré d’images de femmes nues découpées aux ciseaux, dort (et plus car affinités) avec une poupée en latex et travail dans une laverie industrielle où il brille par son « inexcellence » à effectuer la moindre tâche. Comme le bougre n’est pas assez gratiné, sa frustration le pousse au voyeurisme, puis au meurtre. Le décor est planté : le résidu de déchet d’humanité qu’est Fabrice Lombard va passer de la branlette vénère au meurtre en série, « la faute à la frustration ». Attention, ça pique !



C’est toujours difficile de faire la critique d’un film à la demande de l’équipe. Tout d’abord parce que, contrairement à certains pisse-vinaigres qui m’hérissent rien que d’y penser, je n’éprouve aucun plaisir à tirer sur l’ambulance. Le cinéma c’est certes des spectateurs, mais c’est aussi et avant tout, des faiseurs d’histoires. Et même (surtout ?) bricolée avec trois bouts de ficelles, une histoire qui a vu le jour grâce au courage et à la passion de quelques personnes, c’est en soit un véritable exploit.

Sans transition, "Frustré" m’a déçu, ennuyé et parfois même agacé. Pour autant, il est plus que probable qu’il plaira à d’autres. Si les petits gars d’Oh My Gore ont choisi de le sortir, c’est qu’ils y ont vu quelques qualités. Alors, avant d’aller plus avant, mon conseil reste le même que lors de toutes mes précédentes critiques de films vraiment indés : faites-vous votre propre opinion en vous procurant le film. Je vais vous rabattre les feuilles de choux avec ça, mais c’est important, et soutenir le cinéma underground est devenu un acte quasi-politique.

À présent rentrons dans le vif du sujet.



Vous l’aurez compris, "Frustré" est un film fauché. Il n’a pas été tourné avec la dernière caméra tellement haute définition qu’on voit le poil de cul d’une mouche en arrière-plan. Probablement même que les conditions de tournage n’ont pas été optimales, et quelques plans ont dû être mis en boîte à la sauvage. De même, il souffre de quelques limitations au niveau des effets sonores et de la prise de son (certains dialogues apparaissent doublés et jurent un peu). Et puis les acteurs ne semblent pas tous très à l’aise.
Mais vous savez quoi ? On a vu pire ! Mieux : il est du devoir du spectateur d’occulter ces quelques défauts inhérents au cinéma sans budget.

Alors, oui, quelquefois, ça fait grincer des dents, surtout quand la transition balayage est utilisée pour raccorder deux plans. Mais ce qui transpire là-dessous, c’est une sacrée énergie, principalement incarnée à l’écran par Christophe Cerdan.
L’acteur est le film à lui tout seul.



Mais voilà, et c’est là que "Frustré" m’a perdu, le personnage en tant que création de fiction est inexistant. Comme annoncé au début de la présente critique, c’est une merde. Il est traité comme un paillasson par son entourage, utilisé, humilié. Pour que le film fonctionne, il aurait fallu que nous souffrions avec Fabrice, que malgré ses défauts, nous soyons à ses côtés. Or, ici, on ne peut que prendre parti avec les bourreaux de Fabrice tant il est abject.
Cette absence d’empathie pour le personnage principal, celui-là même qui devrait être le véhicule du spectateur au fil de l’intrigue, pose véritablement problème.

Si la tentative de faire un "Maniac" franchouillard est flagrante, le résultat est donc peu concluant. En effet, toute la puissance de « Maniac » réside dans l’identification du spectateur au « maniaque » en question. On ressent la douleur de Joe Spinel, on comprend son cheminement même si l’on réprouve ses actes ! On a pitié de lui !
Au contraire, dans Frustré, on n’a qu’une envie, c’est que Fabrice se tire un pruneau dans le buffet et qu’il arrête de nous traîner sa misère tout en travers de l’écran.



"Frustré" souffre aussi d’un petit manque d’originalité. L’influence de "Maniac" est vraiment trop présente. J’aurais aimé voir quelque chose d’un peu différent, ressentir la patte « Jacques Vendôme », voir un tueur vraiment franchouillard issu des classes laborieuses.

La vision du film n’est pas facilitée par la musique omniprésente, étouffante, qui semble ne jamais s’arrêter. Ça manque de pause, de silence, de moment de respiration.

Alors, hauts les cœurs, il y aura un après "Frustré" ! Et moi, j’ai hâte de le voir.

Pour la petite anecdote, le premier degré parfois un peu maladroit, a conduit quelques ahuris des bas-fonds de l’internet à débattre du film et de son soi-disant message misogyne. Apparemment le film serait une comédie qui justifierait le viol en cas de frustration de l’individu mâle provoqué par les charmes d’un individu femelle. Navrant.









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