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Au 18ème siècle, deux clans écossais se vouent une haine farouche : les Glourie et les McLaggen. Lorsque ces derniers accusent leurs rivaux d’être des couards, Lord Glourie somme son fils Murdoch de partir à la guerre et de faire valoir son honneur sur le champ de bataille. Mais le jeune homme préfère la compagnie des jolies filles. La malchance veut qu’il se fasse tuer par inadvertance, sans avoir pu prouver sa valeur. Lord Glourie, récemment décédé, le maudit alors et le condamne à devenir un fantôme et à errer chaque nuit à partir de minuit dans les allées du château familial, jusqu’à ce qu’il ridiculise un McLaggen et retrouve son honneur. Au 20ème siècle, le dernier descendant des Glourie, Donald, doit absolument vendre le château afin de combler ses dettes. Une jeune américaine, Peggy, vient lui rendre visite et tombe sous son charme. Elle persuade son père d’acheter le château. Ce dernier accepte mais veut emmener son acquisition jusqu’en Floride, en démontant le château pierre par pierre pour le reconstruire ensuite en Amérique. Sosie de Donald, Murdoch le fantôme va venir compliquer les choses et semer le trouble dans l’esprit de Peggy…



René Clair est un talentueux réalisateur français à qui l’on doit de nombreux classiques de la comédie et qui s’est également illustré dans le domaine du fantastique, avec des films tels que : Paris qui dort en 1924, Ma Femme est une sorcière en 1942, C’est arrivé demain en 1944, La Beauté du Diable en 1950 ou bien Les Belles de Nuit en 1952 par exemple. En 1925, il avait déjà réalisé un film mettant en vedette un fantôme avec Le Fantôme du Moulin-Rouge. Lorsqu’il quitte la France pour aller exercer son métier en Angleterre en 1935, il se voit offrir de réaliser une comédie fantastique produite par Alexandre Korda, inspirée d’un récit d’Eric Keown, « Sir Tristram Goes West », et qui deviendra donc Fantôme à Vendre. L’histoire peut également être vue comme une adaptation de celle du Fantôme des Canterville d’Oscar Wilde, qui présente une trame à peu près similaire.



Désireux de damner le pion à Hollywood, Alexandre Korda, qui n’a pas eu une expérience très heureuse en Amérique, mise tout sur Robert Donat, star montante vue dans La Vie Privée d’Henry VIII en 1933, interprétant Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo en 1935 et surtout célèbre pour avoir joué le personnage principal dans Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock en 1935. Cette même année, on retrouve donc l’acteur dans le film de René Clair et dans un double-rôle qui plus est : celui du fantôme Murdoch Glourie et celui de son descendant Donald Glourie. Le début de Fantôme à Vendre se déroule au 18ème siècle et nous fait assister à la rivalité des deux clans écossais qui ne peuvent pas se voir. Cette partie « en costumes » nous permet de découvrir le personnage de Murdoch Glourie avant qu’il ne devienne une figure spectrale et permet à René Clair, par la même occasion, de peaufiner l’aspect comédie de son film et de nous offrir quelques situations cocasses qui nous font souvent sourire. Coureur de jupons invétéré, Murdoch Glourie nous apparaît hautement sympathique et on trouvera le châtiment divin de son père un peu exagéré car qui ne préférerait pas badiner avec une demoiselle plutôt que d’affronter des hordes d’anglais ? Mais que voulez-vous, on ne badine pas avec l’honneur !



Après un bond de 200 ans dans le futur, l’histoire cible un nouveau personnage, celui de Donald Glourie, toujours interprété par Robert Donat donc. Même caractéristique physique et même cœur d’artichaut qui bondit à la vue d’une jolie fille, la ressemblance frappante entre ce bon vivant et son ancêtre fantomatique va donner lieu à divers quiproquos et scènes de comique de situation, faisant tourner la tête de la jeune Peggy, interprétée par Jean Parker, qui ne comprend pas toujours les réactions tarabiscotées de Donald, et pour cause ! Parlant soit à Donald, soit à Murdoch, mais sans s’en rendre compte, la pauvre demoiselle a bien du mal à mettre de l’ordre dans ses idées et ses sentiments quand celui qu’elle aime secrètement semble ne pas maîtriser lui-même son comportement. Fantôme à Vendre verse alors dans la comédie légère et très fleur-bleue et si on trouve tout ça bien romantique et souvent drôle, on ne peut s’empêcher de trouver également le spectacle un peu niais, un peu enfantin, charmant mais aussi immature.



La dernière partie, quand le château se voit être déconstruit pierre par pierre puis remonté à l’identique en Floride, avec palmiers et soleil alentour, se montre plus dynamique et accentue le comique de situation mais surtout la charge satirique à l’encontre des américains. Ces derniers sont incarnés par le personnage du père de Peggy (brillamment interprété par Eugene Pallette), homme très riche qui veut quasiment transformer le château écossais en attraction spectaculaire ! Exit l’histoire du château, ses traditions, sa genèse ! Place à la surenchère et au grand spectacle ! Invitant toute une foule de personnalité, dont Elsa Lanchester, qui a été la Fiancée de Frankenstein la même année dans le film éponyme, le père de Peggy mise sur la légende voulant que le château soit hanté ! Comme il ne croit pas aux spectres, il demande à Donald de jouer ce rôle ! Mais Murdoch est bien présent, malgré le voyage des terres écossaises en Amérique et malgré la déconstruction/reconstruction du château. Il va pouvoir enfin satisfaire son père et briser la malédiction. Je ne vous dirais pas comment évidemment, pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même.

Si on trouvera au final Fantôme à Vendre un peu désuet vis-à-vis de sa réputation de petit classique, on appréciera néanmoins la réalisation classieuse (mais classique) de René Clair, un humour british bien en place, quelques effets spéciaux poétiques, et des personnages attachants. Un film au charme nostalgique, maîtrisé mais qui a tout de même pris un sacré coup de vieux.








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FANTOME A VENDRE