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Suite à la mort de leur jeune enfant, Martha et Tomas décident de quitter leur vie londonienne et emménagent dans un village reculé d’Irlande, l’endroit même où Tomas a jadis passé son enfance. Enceinte de leur second enfant, Martha recueille au sein de leur foyer une jeune orpheline de sept ans nommée Daisy. Très turbulente et montrant par moments des comportements très proches de l’autisme, la jeune fille semble étrangement impliquée dans des drames survenus récemment, notamment le décès de ses parents dans un incendie dont la cause demeure inexpliquée. Très vite, les villageois soupçonnent Daisy d’être responsable de ces incidents tragiques et mettent en garde Martha et Tomas qui peinent quant à eux à croire ces balivernes basées pour certaines d’entre elles sur des légendes locales et des mythes ancestraux.



"Daisy" fait partie de ces nombreux films du cinéma fantastique mettant en scène des enfants tueurs. Un sous-genre effectivement très exploité depuis plusieurs décennies (on pense principalement à des films tels que "la malédiction", "Carrie au bal du diable", "les révoltés de l’an 2000", "les démons du maïs", "le village des damnés"…) et qui a connu depuis les années 2000 un nouvel essor grâce à des films tels que "Esther", "ils", "eden lake", les remakes de "halloween, la nuit des masques" ("halloween 2007"), "la malédiction" ("la malédiction 2006") et "les révoltés de l’an 2000" ("come out and play") ou encore "the children".

Un sous-genre qui a donc le vent en poupe et voit apparaître en 2012 de façon très discrète dans les bacs à dvds des magasins français le long-métrage "Daisy". Un direct-to-video qui se fera quatre ans après la réalisation du film, ce qui peut paraître étrangement long (pourquoi ce dernier nous parvient-il avec autant de retard ?) mais semble finalement répondre à l’engouement du public suscité en grande partie par le long-métrage "Esther", véritable tour de force aujourd’hui devenu culte dans ce sous-genre du cinéma fantastique.

De ce fait, que doit-on penser de cette soudaine mise en avant de "Daisy", ce film alors invisible pendant quatre ans qui semble n’avoir été distribué dans nos contrées que pour le fait de nous mettre de nouveau face à un de ces nouveaux enfants démoniaques à visage d’ange comme on avait pu en voir dans ces mêmes années avec "ils" (2006), "eden lake" (2008) ou encore "Esther" (2009), trois films ayant rencontré de jolis succès en France ? Avons-nous droit tout simplement à une pâle copie des films précédemment cités, sans grande saveur et répondant juste à un effet de mode ponctuel, ou avons-nous là une œuvre singulière se différenciant de ces derniers et apportant une véritable nouvelle pierre à un édifice pourtant déjà bien solide ? Réponse dans les paragraphes qui suivent…



Même si le film d’Aisling Walsh n’est pas un vulgaire plagiat de tous ces films sortis récemment, nous ne pouvons cependant pas dire que nous sommes face ici à un film qui restera dans les annales.

En effet, le hic avec "Daisy", c’est qu’il ne tient qu’à moitié ses promesses. Alors que nous sommes en droit de nous attendre, après avoir lu le résumé sur le verso de la jaquette dvd, à un film dans la même veine que le brillant "Esther" (le titre de ce dernier est d’ailleurs énoncé), nous nous rendons rapidement compte que le seul grand point commun entre les deux films est de nous présenter une petite gosse au visage angélique et dont la candeur semble plus qu’évidente mais qui au final n’est en rien un exemple d’innocence.

Une comparaison qui s’arrête nette à ce niveau à notre plus grand regret. Car effectivement il n’y a pas grand-chose d’autre de mémorable dans le film d’Aisling Walsh malheureusement, que ce soit dans son scénario ou son casting.

Très lent dans sa narration et trop prévisible dans son chapitre final, "Daisy" ennuie bien souvent, ne propose pas suffisamment de scènes choc et manque cruellement de mordant. Inquiétant et mystérieux, le film d’Aisling Walsh l’est en grande partie mais ce dernier ne parvient pas à susciter en nous une quelconque peur, un effroi face à ce petit diable comme cela avait été le cas chez une Esther, un Gage ("simetierre"), un Damien ("the omen" alias "la malédiction") ou encore le tandem Isaac/Malachai ("children of the corn" alias "les démons du maïs").
Daisy suscite certes de la compassion (la malheureuse perd toute sa famille en un rien de temps et semble bien incapable de devenir un enfant normal au vu de ses troubles psychologiques et de ses crises à répétition) mais ne nous effraye point, le principal problème à mon avis dans le film d’Aisling Walsh.



Alors que nous pouvions souligner cette originalité du long-métrage à vouloir nous plonger entre réalité et fantastique, plus explicitement entre maladie mentale et mythe irlandais (Daisy est-elle tout simplement une jeune autiste turbulente ou tout simplement ce que l’on peut appeler un « changelin » comme le pensent plusieurs villageois? Autrement dit un leurre laissé par des fées à des parents à qui elles viennent d’enlever le nouveau-né), cette marque de singularité (que nous pouvions déjà avoir dans "la malédiction" avec le jeune Damien) s’éteint assez rapidement. En effet, les interrogations que nous nous posions au sujet de Daisy trouvent assez facilement réponse, la nature de cet enfant étant bien trop vite dévoilée au spectateur (et ce même dans la bande-annonce du dit-film…) : quand on voit une fillette cracher une substance proche de l’acide sur le visage d’un voisin ou encore mimer un accident quelques instants avant que celui-ci n’arrive, il est bien difficile de croire que cette gosse souffre uniquement d’une pathologie mentale…

Et ce n’est malheureusement pas le reste des personnages qui viendra sauver les meubles. Une bien belle déception quand on étudie de près le casting pourtant alléchant qui nous est proposé (d’ailleurs, on ne peut en vouloir aux acteurs qui jouent les rôles demandés : ce sont tout simplement les personnages qui ne fonctionnent pas).
On nous campe une Samantha Morton ("under the skin", "accords et désaccords", "minority report", "the messengers"…) dans le rôle d’une Martha bien naïve (comment ne peut-elle pas se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond chez sa fille adoptive?) et un Steven MacKintosh ("arnaques, crimes et botannique", "the jacket", les 2ème et 3ème volets de la saga "underworld") dans le rôle de Tomas, l’homme de la maison qui s’avère quelque peu effacé et semble subir tous les caprices de sa femme sans trop rechigner…
Etrangement, nous oublierons rapidement après la projection de "Daisy" ce trio de personnages et retiendrons bien plus volontiers l’arrogant et solitaire voisin du couple campé par David Bradley (le concierge de Poudlard dans la saga "Harry Potter", vu également dans "hot fuzz", "Captain America : first avenger", "l’exorciste au commencement" ou encore dans les séries "game of thrones" et "the strain"). Une sympathique consolation mais toutefois bien bien maigre au vu de tous ces défauts que nous avons pu citer au sujet du film d’Aisling Walsh (vous ai-je d’ailleurs parlé de la scène où notre cher David Bradley prend feu? Un effet visuel laid digne d’un petit téléfilm…).



Au final, "Daisy" s’avère être une bien belle déception. Certes, ce sous-genre du cinéma de genre mettant en scène des enfants tueurs est de plus en plus présent depuis quelques années mais la faute ne revient pas à cette concurrence féroce sur le marché. Non, même si "Daisy" souffre cruellement de la comparaison avec certains titres cités dans la présente chronique, il faut bien admettre que le film d’Aisling Walsh fourmille de défauts (un scénario lent et peu original porté par des personnages peu crédibles pour un résultat pas effrayant pour un sou, voilà en quelques mots la liste des principaux reproches que nous pourrons faire ici). Et ce n’est bien évidemment pas ses magnifiques paysages irlandais que l’on ne cesse d’admirer tout au long du film qui viendront changer la donne... C’est beau l’Ouest de l’Irlande quand-même…








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