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Un homme sans abri atteint d'une maladie mentale débute une série de meurtres dans les rues de New York. Alliant l'horreur, le drame et l'humour noir, "Crazy Murder" est doté d'une tornade de la mort, un tsunami de sang et d'un volcan de matière fécale...



Amis du bon goût, le film chroniqué se présente comme un exemple typique du cinéma trash nauséabond.
"Crazy Murder" est un métrage sorti tout droit de la production Brain Damage Films déjà à l'origine de petits films d'horreur à la qualité douteuse ("Bunnyman Massacre", "Monsturd", "Sledge" etc.), le genre de films qu'on oublie très vite vu l'amateurisme omniprésent de leur réalisation. Mais ce petit nouveau se démarque de tout ça en offrant tout ce qu'il y a de plus répugnant pour pouvoir avoir une chance d'attirer l'attention des amateurs de films de mauvais goût.

En effet, l'histoire se centre sur le parcours d'un clochard repoussant, atteint de dégénérescence et s'aventurant dans les rues de la ville de New York pour partager ses coups de poignard et ses selles avec les passants qui auront la malchance de le croiser. Le film commence directement par les séquences de meurtres particulièrement réussies et une présentation sans ménagement du sacré personnage qu'on devra supporter tout au long du visionnage. Au bout de 10 minutes de sang et de grimaces accompagnées par des hurlements, le SDF n'hésitera pas à plonger sa main à plusieurs reprises dans son slip blanc pour en sortir des excréments avant de jouer avec ces derniers ou bien les déguster. Au moins le message est passé : il est fortement déconseillé de manger devant ce film.



Quand la folie se mêle à la saleté, la liberté de pondre des scènes infâmes est illimitée.

Aucun développement d'intrigue, les réalisateurs ne cherchent pas à compliquer les choses et se contentent de montrer au spectateur innocent, des auto-mutilations du pénis de notre clodo, des scènes de défécation (que ce soit par terre ou sur le visage d'une pauvre victime), quelques moments de vomissement absolument dégoûtants ou encore un bel éclatement à terre d'un bébé arraché des bras de sa mère.

Un défouloir grossier et volontairement absurde qui arrive tout de même à se prendre au sérieux grâce au soin de la photographie, de la réalisation et de l'ambiance poisseuse et infecte rappelant l'atmosphère de "Street Trash".



Un homme perdu respirant le désespoir et le pessimisme, fouillant d'innombrables poubelles pour se nourrir, hurlant en pleine rue, dormant dans son propre vomi, parlant seul en employant des termes sales et vulgaires, marchant le pantalon baissé en laissant apercevoir une certaine quantité d'excréments stockés dans son slip se baladant de gauche à droite avant de couler sur sa cuisse. "Crazy murder" n'est peut-être pas le film le plus violent qui soit mais il s'inscrit facilement comme un des plus sales et répugnants jamais réalisés. Toutefois, une pincée d'humour noir rendra le tout plutôt attractif et permettra de savourer cette œuvre indépendante audacieuse.

Avec un budget extrêmement faible, les auteurs de cette immondice arrivent à atteindre leur but et à rendre leur personnage principal tantôt attachant, tantôt détestable. Une vraie victime déguisée en bourreau n'arrivant même plus à faire la différence entre le bien et le mal: un des passants aura beau lui offrir un sandwich par générosité, il subira le même sort que les autres avec autant de rapidité et d'efficacité.



Sans oublier cet instant de divertissement et de folie où le pauvre malade mental se scotche un couteau sur la bouche et utilise des sacs poubelle pour se faire un costume afin d'attaquer toutes les personnes qui croiseront son chemin tout en se prenant pour un super-héros.

On ne sait pas par moments s'il faut ressentir de la pitié, de l'amusement ou du dégoût pour le personnage tellement ce cocktail d'humour de mauvais goût, de tristesse, de déviance, de saleté et d'impureté perturbe notre point de vue vis-à-vis du film sans qu'on sache sous quel angle le visionner. Et c'est ce qui fait l'originalité et le charme de "Crazy Murder", s'avérant finalement être un film aussi trash que plaisant.
Une œuvre bien plus crasseuse que "Hanger" de Ryan Nicholson étant exactement dans le même genre.

Malheureusement, on aurait préféré un final un peu plus énervé et déjanté pour finir le tout. 1h35 c'est déjà assez long pour un film de cette catégorie même si ce dernier fait un effort pour ne pas lasser son public.
En tout cas, on retiendra le bon travail sur les effets gore, les idées farfelues et hideuses qui auront permis aux deux auteurs indépendants de livrer une sacrée cochonnerie bien divertissante et nous apprenant que poser un gros étron sur une table avant de le manger n'est pas la meilleure technique de drague pour séduire une fille qui nous tape dans l’œil.

Un savoureux mélange de sang et d'excréments.









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