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Des jeunes élèves accueillent la remplaçante de leur prof tombée malade. Dès le premier jour, cette dernière se montre radicalement différente des professeurs habituels : méchante, moqueuse et autoritaire, elle va rapidement devenir le pire cauchemar de toute une classe. Alors que le directeur de l’école et les parents d’élèves pensent que cette dernière est tout simplement formidable du fait qu’elle doit monter un projet en partenariat avec le Ministère de l’éducation pour que cette classe représente le Danemark pour la qualité de l’enseignement au niveau européen, les enfants vont au contraire enquêter sur cette mystérieuse femme venue de nulle part et tenter de faire comprendre à leurs famille qu’il s’agit en fait d’un extraterrestre dont les motivations sont tout autre !



Ole Bornedal : un nom qui ne parle peut-être pas à toutes les générations de cinéphiles. Il est vrai que le cinéaste danois n’a pas une filmographie des plus prestigieuses mais son premier film a été un véritable carton et est resté dans les mémoires de nombreux fans du cinéma de genre. "Le veilleur de nuit" (alias "nattevagten") a fait en effet sensation dans les festivals en 1994 à tel point que l’on confia quatre ans plus tard à Ole Bornedal la réalisation de son remake US intitulé "nightwatch" (et sorti également sous le titre « le veilleur de nuit » par chez nous) avec Ewan McGregor en acteur phare, accompagné entre autres de Nick Nolte, Brad Dourif et Patricia Arquette.
Une incursion au Pays de l’Oncle Sam qui permit à Ole Bornedal de produire notamment le très bon "mimic" de Guillermo Del Toro avant de repartir dans son pays natal pour se consacrer au théâtre et à la télévision danoise. C’est alors qu’il va sortir en 2002 le drame "Dina" avec Gérard Depardieu, énorme succès au Danemark qui parcourt les festivals internationaux, cinq années avant son fameux "the substitute" (alias "vikaren"), film qui nous intéresse aujourd’hui.

Malgré un Prix du Jury au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) en 2008 et un Prix du Public au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg la même année, "vikaren" n’est étrangement pas resté dans les annales et les mémoires de nombreux cinéphiles, à la différence de "nattevagten". Distribué par la société de production co-fondée par Sam Raimi Ghost House Underground (d’où sont également sortis entre autres "the children" et "dance of the dead" : deux belles pioches de Sam Raimi), le film d’Ole Bornedal ne parvient toujours pas à se faire une petite place bien au chaud dans le cœur des cinéphiles et ce malgré la belle (petite mais non négligeable) récolte de prix en festivals européens de cinéma de genre. Un film qui est aujourd’hui tombé dans l’oubli et que nous avons décidé de dépoussiérer et d’analyser rapidement chez horreur.com pour essayer d’en comprendre la cause.



Mêlant thriller et science-fiction avec quelques touches dramatiques et à l’inverse comiques, nous pouvons dire que "the substitute" est un film presque « touche-à-tout ». Un long-métrage que nous pourrions rapprocher de films tels que "les goonies", "the monster squad" ou encore plus récemment "super 8" du fait que ce dernier nous plonge dans le quotidien de jeunes enfants en proie à des mystères qu’ils vont tenter de résoudre tous ensemble. Une enquête qui va les mener bien-entendu à des conclusions jugées irrationnelles par leurs parents, générant alors les fameux conflits entre l’enfant qui voit mais que l’on ne croit pas et ses parents persuadés que leur chérubin regarde trop la télé ou s’abrutit trop avec les jeux vidéo ou au contraire qu’il s’ennuie tellement dans sa vie de tous les jours qu’il s’invente un autre monde bien plus palpitant au point de finir par y croire réellement… Rien de bien nouveau ici avec ce syndrome d’Andy aurais-je envie de dire (en référence à la saga des Chucky bien-entendu) que l’on voit assez souvent dans les films fantastiques mais cela donne bien souvent de petites scènes d’altercation entre enfants et parents bien sympathiques.

Cependant, voilà bien le genre de film qui peut rapidement se casser la figure si le jeune casting ne tient pas la route… Heureusement ici, Ole Bornedal et son équipe ont su tirer parti de cette joyeuse et sympathique bande de jeunes aux caractères bien différents et ne laissant pas de côté les stéréotypes pour apporter cette petite touche humoristique à l’entreprise (la petite intello qui s’inquiète de ne pas avoir de devoirs à la maison, la petite racaille qui aime provoquer son petit monde, le génie en herbe accompagné de son père sacrément cultivé lui aussi, le petit rigolo de la classe, sans oublier la nouvelle fraîchement arrivée ou notre héros sortant tout juste d’un drame familial).
Une bien belle brochette de jeunes acteurs donc que l’on va suivre dans leur enquête afin de comprendre l’identité et les réelles motivations de cette étrangère qui a pris les commandes de la classe en l’absence de leur professeur malade (et oui, la vérité sort toujours de la bouche des enfants). Infiltrations et réunions se succèdent pour nos petites tête blondes jouant les détectives et ce sans réel ennui.

Passée une introduction réussie (un objet volant non identifié atterrit sur Terre, explosant une poule au passage – l’aspect humoristique est alors planté – et une mystérieuse entité extraterrestre va prendre possession d’une fermière dont le mari un peu beauf vient de se faire zigouiller) et faisant cruellement penser à "men in black", la première partie de film s’avère fort sympathique et très distrayante. La première rencontre entre la remplaçante (qui n’est autre que notre fermière transformée bien-sûr) et ses élèves est en effet la meilleure séquence du film assurément. Humour et interrogations sont au rendez-vous dans cette confrontation verbale où notre professeur va se montrer des plus détestables possibles (insultes, moqueries sur le physique, provocations : cette dernière est tout simplement odieuse avec les élèves) mais également où elle va commencer à montrer certains de ses pouvoirs comme la clairvoyance ou encore la faculté de pouvoir faire dire des choses à quelqu’un contre sa volonté. Le décor est planté : humour, science-fiction et suspense seront de la partie dans "the susbtitute" !

Mais alors, qu’est-ce qui cloche donc avec ce film d’Ole Bornedal ???



Hé bien, soyons clairs : même si le jeune casting et la première partie du film sont de très bonne facture, il faut bien avouer en revanche que "the substitute" est loin d’être la pépite attendue comme semblait le refléter son petit succès à Bruxelles et à Strasbourg.

Alors que le scénario n’était déjà pas très élaboré au départ (peu de rebondissements, une trame scénaristique sympathique mais aux airs de déjà-vu), ce dernier va carrément se disloquer en route pour nous donner trente dernières minutes décevantes. Pas de réelle surprise, bataille finale rapidement expédiée, incohérences regrettables (des parents qu’on mène trop facilement en bateau, une femme flic qui arrive comme un cheveu sur la soupe en pleine campagne dans un coin paumé pour jouer les héros…), un seul meurtre (certes original mais bon, pour une femme venant d’une planète en guerre perpétuelle et s’avérant être une véritable mante religieuse, nous aurions peut-être préféré avoir à faire à une entité croqueuse d’hommes proche de celle du film "la mutante"), pas de véritable scène choc, peu d’effets spéciaux… Une bien belle déception !

Sans oublier les nombreuses interrogations qui demeurent en suspend à la fin du film (qui l’a envoyée sur Terre ? Quelle est cette fameuse boule qu’elle promène partout ? D’où proviennent ces étranges tablettes dans son sac qui montrent des scènes du futur ? Pourquoi kidnapper des enfants et non des adultes qui seraient des sujets/cobayes bien plus expérimentés ?...). Bref, un final désastreux, bâclé et non représentatif des cinquante premières minutes de film bien plus captivantes, avec ses petits moments de suspense (l’introduction, l’infiltration dans la maison de l’extraterrestre…) et d’humour « bon enfant ».



Vacillant entre le film de science-fiction et le film d’horreur pour jeune public, celui que l’on attendait comme un nouveau "the faculty" avec son invasion extraterrestre dans un établissement scolaire n’est finalement pas arrivé. Malgré une première partie réussie alternant habilement suspense et humour, "the susbtitute" s’enlise dans un scénario plus du tout maîtrisé dans ses trente dernières minutes approximatives, parsemée d’incohérences et sans grand intérêt, laissant le spectateur sur sa faim… Dommage…








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