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Voilà la critique tant attendue (nan, c’est une blague, personne ou presque ne connaît !) de Galaxy of horrors, une anthologie mélangeant fantastique, horreur, science-fiction et anticipation. C’est là la dernière sélection de courts-métrages triés par Justin McConnell programmateur du festival canadien « Little Terrors » et édités en DVD avec l'aide du magazine d'horreur Rue Morgue et du distributeur IndieCan Entertainment. Comme pour tous les métrages omnibus contenant des courts plus ou moins horrifiques, la présentation se fera chronologiquement segment par segment avec une appréciation individuelle pour chacun, tout en donnant à l'ensemble du film une note globale à la fin. Alors veuillez attacher vos ceintures car cela risque de secouer un peu puisque l’on s’apprête à traverser la « galaxie des horreurs » !



On débute ce film à sketchs faisant suite à "Minutes past midnight" chroniqué sur notre site par votre dévoué serviteur spécialiste de l’exercice, par « Wraparound » (« envelopper » si mon anglais est encore bon !) réalisé par Justin McConnell lui-même et dans lequel un homme se réveille dans un caisson de cryogénisation en plein espace pour être informé que celui-ci fonctionne mal et mettra du temps à être réparé. L’ordinateur de bord propose alors à l'homme de regarder un film comme passe-temps en attendant que le logiciel de restauration ait fait son œuvre. Le seul problème, c’est que le programme de divertissement exige un mot de passe pour arrêter la diffusion du film mais l’homme ne le connaît pas ! Les métrages vont donc s’enchaîner sous ses yeux ébahis puis fatigués !

Vous l’aurez compris, il s’agit ici du segment servant de fil conducteur à l’ensemble et la situation de l'homme s'aggravera lentement à force de visionner des courts-métrages, tout en se rapprochant inexorablement de la mort tant que le mot de passe n’est pas découvert car sa jauge d’oxygène diminue à chaque diffusion ! Le concept de ce segment cadre était plutôt drôle et assez novateur. De plus, on se sent vraiment désolé pour le gars obligé de se farcir des métrages ad vitam aeternam. Toutefois, la réalisation un peu limitée et les effets spéciaux super cheap rendent cette ouverture très moyenne, d’autant que sa conclusion, qui arrive forcément à la fin du film, laisse à désirer. Et surtout, il nous apparaît un peu comme un prétexte à la succession des courts qui vont suivre sans réel lien et thématique pertinents entre eux.

On continue avec « Eden » réalisé par Todd Cobery. Ici, l’action se situe dans un avenir dystopique où deux factions belligérantes luttent en ce qui concerne le sort des États-Unis. Un groupe cherche à infiltrer une installation de dépistage génétique qui est une zone de rassemblement pour le futur discours du nouveau président. L'air est toxique pour tous, sauf pour quelques individus. La mission du groupe consiste non seulement à assassiner le président mais aussi à récupérer un être humain ayant subi des expériences, en raison de son immunité.

Intrigant au début, ce court devient rapidement un mélange science-fictionnel d’idées déjà vues çà et là pour les initiés et menant à une fin complètement déconcertante. Encore une fois, on frise le ridicule, spécialement en ce qui concerne les décors et les costumes des protagonistes, qu’une bande d’ados muni d’une caméra Super 8 aurait pu concevoir : trois bâches, un vieux masque à gaz, deux paires de bottes en caoutchouc et des sacs poubelle semblent en effet suffire ! C’est dire le côté amateur de l’entreprise ! De fait, difficile de lui donner du crédit malgré ses louables efforts !



Suit « Iris » de Richard Karpala dans lequel Siri (Iris à l’envers), un nouveau système d'application sur téléphone portable débarque sur le marché. Il s’agit d’une intelligence artificielle servant de secrétaire voire de conseillère personnelle avec qui l'on peut discuter, se confier et blaguer, tout en enterrant un cadavre dans la forêt ! C’est ainsi l’expérience que va vivre Dave jusqu’à ce que l’IA décide de prendre elle-même les choses en main...

Voilà un court bien meilleur que ce qui a précédé. On appréciera alors grandement l’humour noir de celui-ci, d’autant qu’il a été magnifiquement tourné. En clair, les SFX sont de bien meilleure qualité que les segments présentés ci-avant ! De même que la portée du métrage est plus ancrée dans la réalité car elle expose les dangers d'être surveillé en permanence par des appareils électroniques, une spécialité du NSA. En revanche, l'intrigue était plutôt prévisible, mais bon les performances des acteurs étaient agréables, les effets et le maquillage plutôt bons alors que les dialogues étaient incisifs, ce qui compense la faiblesse du twist final et pourrait même conférer au court toutes les aptitudes requises pour constituer un épisode de l’excellente série « Black mirror ». Sacré gage de qualité tout de même !

C’est alors au tour de « Flesh computer » (traduisible par « ordinateur de chair ») avec Ethan Shaftel à la réalisation, d’être présenté. Ici, on observe le quotidien d’un gardien de ce qui semble être une sorte de complexe résidentiel avec à l’intérieur un ordinateur composé de pièces électroniques et surtout biologiques ! Son travail est interrompu par deux lascars passablement éméchés n’ayant manifestement aucune bonne intention à son égard…

Ce court lorgnant fortement du côté du cinéma de Cronenberg et de son amour immodéré pour les chairs en décomposition ou agglomérées à d’autres matériaux est proprement incompréhensible. Le visuel est par moments intéressants mais le scénario avec pour toile de fond un discours pseudo scientifique sur la conscience ainsi que le terrible jeu des acteurs rendent ce métrage tout bonnement irregardable. En clair, c’est nul et je n’ai rien compris !

Nous est proposé ensuite « Pathos » réalisé par les italiens Fabio Prati, Dennis Cabella et Marcello Ercole et au propos peu amusant : dans un avenir contraire à l’utopie et proposant le pire qui soit, l'humanité a été forcée de se réfugier sous terre et l'acte même de vivre est un luxe qui n'est offert qu'à ceux qui peuvent payer.

Voilà peut-être le plus visuellement frappant de tous les courts inclus, le design est vraiment impressionnant : confiné dans une petite pièce et lié à un cordon qui s'étend de sa tête au plafond, un homme essaie désespérément de trouver un moyen de faire un paiement avant que toutes ses fonctions corporelles nécessaires ne soient arrêtées. Certes, cette critique du consumérisme n'est pas trop subtile, mais elle est peut-être presciente ! Alors même si ce segment aux forts relents de "Brazil", "Matrix" voire "Cube" était très intéressant, son exécution reste tout de même de courte durée et il n’était pas aussi clair et direct dans sa narration que ses illustres prédécesseurs.



C’est « Eveless » (« Sans Eve ») d’Antonio Padovan qui prend le relais. On découvre ici que dans un monde où les femmes sont devenues un mythe, deux hommes cherchent à en créer une dans des conditions moins idéales et orthodoxes que celles que l’on connaît habituellement.

Alors certes, il est vrai que le désespoir et la détermination des deux hommes à trouver un moyen de créer une vie féminine et donc à perpétuer l’espèce est palpable et le temps qu’ils prennent à le faire est impressionnant. Toutefois, l'accomplissement du concept est limitée et les effets comiques, qu’ils soient souhaités ou non, sabordent l’ensemble qu’on aurait voulu encore plus sombre et viscéral.

« They will all die in space » (« Ils vont tous mourir dans l'espace ») de Javier Chillon est, quant à lui, tourné en noir et blanc et de nationalité espagnole. Il narre l’histoire de deux hommes qui, dans l’espace, en réveillent un troisième d’une phase d’hyper sommeil afin, au vu de ses compétences, qu'il puisse réparer la navette leur permettant d'envoyer un signal de détresse. Peu à peu, l'homme extrait de son caisson commence à soupçonner qu’on l’a sorti de son état de cryogénisation pour d’autres motifs…

Traitant d'un vaisseau spatial paralysé et d'une tentative désespérée d'une équipe de rester en vie, ce court développe un scénario très inquiétant au fur et à mesure que le récit progresse. Les performances des acteurs sont plus que crédibles, les motivations des uns et des autres sont complexes et le tout est esthétiquement bien réalisé. Bref, un segment de classe A, comme on aimerait en voir plus souvent dans les anthologies !

On poursuit avec « Entity » (« Entité ») réalisé par Andrew Desmond dans lequel une astronaute se retrouve éjectée dans l’espace suite à une défaillance technique de son vaisseau. Elle tente d’entrer en contact avec sa base pour obtenir de l’aide. Mais en vain. Son niveau d’oxygène baisse lentement et la peur l’envahit progressivement. Après avoir perdu connaissance et flotté à la dérive pendant des heures, elle se réveille face à une entité singulière et mystérieuse, prenant la forme d’un immense nuage...

Au vu de ce synopsis, la ressemblance avec "Gravity" sera frappante, pourtant ce court-métrage français (cocorico !) est sorti quelque temps avant. Esthétiquement, le film est magnifique et réussit, au vu d’un budget pourtant restreint, à nous immerger totalement dans l’espace infini. Il est indéniable que c’est très beau, mais on reste tout de même sur notre faim car il manque quelque chose pour nous transporter totalement. Et puis le scénario semble malingre même pour un court-métrage. Quant à la fin, elle est décevante et c’est malheureusement ce que la majorité des spectateurs retiendront !

On conclura cette anthologie par le court allemand « Kingz » de Marinko Spahic et Benni Diez mettant en scène les aventures de deux dealers de drogue qui entrent dans un night-club souterrain afin de faire une livraison de cocaïne et qui finissent par se bastonner sévère avec un ennemi d’un autre monde…

Tout cela est de facture assez moyenne que ce soit au niveau de la chorégraphie, de l’action, du score ou du scénario pour ce court-métrage mêlant le drame criminel à la science-fiction. Reste des effets spéciaux convenables mais c’est bien trop léger pour en faire un joyau, ça c’est sûr !



Ainsi, Galaxy of horrors est juste ce que l’on peut obtenir d’assez sympa du côté des productions indépendantes avec de l’envie malgré de petits budgets. Seulement voilà, couramment dans ce type d’œuvres omnibus, il y a du bon et du moins bon mais ici, il y a surtout du pas terrible. C’est d’autant plus frustrant que les 9 courts-métrages n’ont pas été tournés en même temps, certains datant même des années 90 ! Si ça, ce n’est pas une belle arnaque au nom de la diversité des genres et des nationalités (américaine, italienne, espagnole, allemande, française…) ! Seuls sont à sauver « Iris » et « They will all die in space ». Malheureusement, cela reste insuffisant pour en faire une anthologie culte vu la faiblesse scénaristique voire visuelle des autres courts !









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