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Mike Painter, un psychologue pour enfants, revient dans la petite ville de son enfance située en Ohio, trente ans après la disparition de son frère jumeau Eddie et d'autres enfants de la région. Le corps de son frère n'a jamais été retrouvé mais leur mère, Marla, continue d'espérer depuis tout ce temps. Mike revoit alors ses amis d'enfance Jessica et Gary et ils reparlent tous du bon vieux temps ainsi que de « Candle Cove », une mystérieuse émission pour la jeunesse qui apparaissait sur n'importe quelle chaîne sans prévenir. De fil et en aiguille, Mike apprend que ce programme télé local aurait peut-être un rôle à jouer dans les événements meurtriers et cauchemardesques de son enfance et qu’il pourrait avoir été rediffusé car une petite fille du coin semble avoir disparu…




L’AVIS :

Channel Zero est une série télé américaine d’épouvante, d'horreur, de fantastique et de fantasy urbaine (rien que ça !) de 24 épisodes d'environ 42 minutes créée par Nick Antosca et diffusée dès 2016 sur Syfy. Chaque saison de six épisodes s'inspire de célèbres récits horrifiques et de mythes urbains découverts sur le Net appelées creepypastas, véritables phénomènes viraux de la Toile. Cette première saison se base donc d’une histoire écrite par Kris Straub sur son site Web « Ichor Falls » et intitulée « Candle Cove », se présentant initialement sous la forme d’échanges de messages sur un forum Internet par des personnes se remémorant un spectacle pour enfants normal en apparence, mais dont certains aspects inquiétants suscitaient moult interrogations. Ce qui est d’autant plus perturbant, c’est que « Candle Cove » n'était qu'une demi-heure de télé statique que les enfants croyaient être un réel programme télévisé ! Voilà donc pour l’historique du script pour cette saison 1 qui est finalement une adaptation version télé avec pour protagoniste principal un pédopsychiatre ayant vu son jumeau disparaître mystérieusement des années auparavant et qui revient dans son village natal pour enquêter sur la disparition d’enfants qui ont tous visionné « Candle Cove », une émission pirate. Etait-il alors nécessaire d’adapter cette légende du Net sur le petit écran ?




Au tout début de la série, on nous explique donc qu'il y a eu des meurtres et des disparitions d’enfants il y a fort longtemps et que Mike Painter, le personnage principal veut les résoudre car jamais cela n’a été élucidé et que lui aussi a perdu un être cher. L'origine du problème serait une émission télé avec des marionnettes horribles qui émettrait peut-être des messages subliminaux perceptibles par certains, leur faisant commettre des actes inimaginables. Mais quand une jeune fille disparaît, Mike est tout de suite accusé car, ce que l’on apprend par la suite, c’est qu’il a un jour, complétement pété les câbles et a été interné dans un asile ! Il va donc se retrouver seul contre tous à l’instar de David Vincent dans « Les envahisseurs » et tenter de prouver son innocence tout en essayant de résoudre les crimes. Comme dans les vieilles séries, tout ici est entouré de mystère, on se demande ce qui s’est déroulé dans le passé mais également ce qui va se produire au fur et à mesure que l’on avance dans les épisodes. On se laisse donc prendre à l’histoire et on a surtout envie de : découvrir ce qui se passe dans cette ville, qui tire les ficelles en amont et connaître la vérité sur ce bien sombre passé. C’est du moins le sentiment qui anime le spectateur lambda au début car très vite, à chaque épisode, on a des révélations qui ne mènent nulle part car pas ou peu intéressantes et qui rendent le récit assez brouillon. A base de flashbacks, d’hallucinations et de retours vers le présent, on a franchement l’impression que le scénario piétine pas mal afin de ne rien révéler de trop important et c'est là la grande faiblesse de Channel Zero (saison 1). Ainsi, à vouloir faire trop durer la première saison en ne dévoilant que des faits anodins ou qui ne suscitent pas d'intérêt, on finit par lasser le téléspectateur.



De plus, certains points sont assez invraisemblables comme : ces enfants qui tuent pour on ne sait quelle raison et même des policiers sans que personne ne bronche, des adultes aux comportements bizarres qui ne seront jamais expliqués ou encore ce personnage qui se prend deux énormes coups de crochets dans le dos et qui va se relever comme si de rien n’était ! Alors quand en plus, on a l’impression que quasiment tous les acteurs adultes jouent mal car ils ne montrent aucune émotion ou pas comme il le faudrait (soit de manière excessive, soit pas assez), on se dit qu’on tient-là une série horrifique assez pauvre. Ce qui est d’autant plus dommage, c’est qu’on a le sentiment qu’en creusant un peu plus, les scénaristes auraient pu proposer de meilleurs backgrounds, car il faut tout de même reconnaître que les protagonistes de l'histoire ont tous l'air d'avoir une psychologie bien complexe. Notons que la palme du moins expressif revient à Paul Schneider, l’interprète de Mike Painter, un acteur au charisme d’huître vraiment mou du genou ! En même temps, est-ce que tous les membres de la distribution ont bien saisi le scénario ? Pas sûr, parce nous, on n’a pas tout compris non plus ! Soyons donc indulgents ! On sauvera tout de même de ce marasme, la prestation du jeune Luca Villacis (déjà vu dans "Knuckleball", chroniqué sur ce site) qui incarne les jumeaux Painter (Mike et Eddie), véritable révélation de Channel Zero (saison 1) tant son jeu est bon car jouer deux personnalités distinctes à cet âge sans que l’on se rende compte qu’une seule personne est derrière les deux protagonistes, il faut le faire !

Heureusement également que l’on a cette émission télévisée antédiluvienne à l’image granuleuse qui passe et semble lobotomiser tout le monde et surtout les enfants. Elle est effrayante à souhait, car elle montre des créatures assez horribles poussant souvent des cris stridents. Alors quand celles-ci deviennent réelles, on a affaire à un bestiaire tout à fait effroyable avec notamment le Skin-Taker, un squelette avec un chapeau et des yeux exorbités démesurés et surtout, l'incroyable Tooth-Child, un monstre entièrement fait de dents !

Aussi curieux que cela puisse paraître, alors que pas grand-chose ne tient la route dans cette série, Channel Zero (saison 1) se laisse tout de même regarder jusqu’à son dénouement, peut-être parce que c’est tout de même bien réalisé, que c’est, par moments, assez angoissant et que certaines idées sont vraiment réussies (ah, le monstre de dents !), qui sait ? Espérons toutefois que cette série au fort potentiel de base saura évoluer positivement dans ses saisons ultérieures car il y avait tout de même de grands moments de flottement, des acteurs dont le jeu était un peu trop limité et beaucoup trop de confusions donnant l’impression que les scénaristes étaient bloqués avec cette histoire de rêve ou de réalité alternative, c’est selon.






3/6 - Vincent Duménil