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VIGALONDO Nacho

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Sorti récemment en dvd, "TIME CRIMES" de l'espagnol Nacho Vigalondo fut une belle surprise pour les festivaliers de Gérardmer 2009 et pour le jury, qui lui ont offert le prix du meilleur inédit vidéo. Cette histoire de voyage à reculons dans le temps se transforme pour Hector, le principal protagoniste, en un véritable cauchemar temporel, digne d'un épisode de La Quatrième Dimension.

Horreur.com a eu l'opportunité de réaliser une petite interview de Nacho Vigalondo, que nous vous livrons ci-après...

Bonjour Nacho. Les affiches de "Time Crimes" ont un côté très "Grindhouse" alors que votre film est très différent de ce type de films. Est-ce vous même qui avait décidé de donner cet effet de style aux affiches de votre film et si oui, pourquoi ? Si non, aimez-vous le résultat ?

Dans ce film je voulais jouer avec des vieilles textures, mais pas de manière explicite comme le grindhouse de Tarantino-Rodriguez. Je suis séduit par l'idée que dans un demi-siècle, on ne pourra pas dater précisément "Time Crimes" de par son aspect. Est-ce que ça vient des années 90, 70... ? Regardez la couverture de vos livres. Ceux qui n'essayent pas à tout prix d'être à la mode, sont ceux qui résistent le mieux aux poids des années. Bref, je dois dire que le poster français, celui qui est le plus ouvertement grindhouse, est l'un de mes préférés.

Le personnage avec les bandages m'a fait penser à l'Homme Invisible de James Whale, spécialement dans la séquence où il retire ses bandages et laisse apparaître son visage. Etait-ce une référence pour vous ?

La "momie rose" est un personnage qui m'est venu au travers du script. Les bandages, leur couleur, les ciseaux... Ils ne sont pas arbitraires et répondent à un besoin spécifique de l'histoire. Mais ça ne veux pas dire que je n'avais pas des mythes horrifiques dans un coin de ma tête. Je savais que mon petit serial killer ressemblerait beaucoup à "l'homme invisible", "Darkman" et à des personnages de comix comme Rebis de "Domm Patrol". Toutes ces histoires traitent de l'identité. Si vous avez un personnage avec des bandages sur la tête dans votre histoire, j'ai peur que vous ne puissiez pas éviter de traiter d'identité...

Quand avez-vous eu l'idée de "Time Crimes" ? Combien de temps a duré le tournage ?

"Time Crimes" était une histoire sur laquelle j'ai travaillé longtemps, comme un exercice personnel. C'était une façon de me divertir, et de me prouver que j'étais capable d'écrire une histoire folle mais logique de voyage dans le temps. Un peu comme les nouvelles de K. Dick ou Stanislaw Lem. Quand j'ai été promu aux oscars avec mon court "7:35 in the morning" j'ai décidé de saisir l'opportunité de faire ce film. De toutes mes idées à cette époque, c'était la plus folle, celle que je ne pouvais m'attendre à faire en Espagne. Ca m'a excité, mais la production n'en a été que plus compliqué et plus lente. Ca a pris quatre ans pour passer du financement à la postproduction.

Votre film parle de voyage dans le temps mais n'utilise pas d'effets-spéciaux révolutionnaires ou actuels. J'ai trouvé que cette simplicité correspondait très bien à l'ambiance du film. Ets-ce un choix personnel de ne pas utiliser d'effets spéciaux récents ou juste un problème de budget ?

Si vous regardez mes courts (comme "Sunday", "Code 7", "Changing the world", tous sont sur Youtube...), tous ont un budget extrêmement bas, même quand il s'agit de science fiction. J'adore l'énergie que prend votre film lorsque vous n'avez que peu de cartes en mains. C'est comme faire un tour de carte au lieu de faire disparaitre la statue de la Liberté. Je promets que tout mes prochains projets seront des petit films, quelqu'en
soit le budget.

Comment avez-vous réussi à ne pas confondre tous ces "Hector" ??!!

Parfois, je n'ai pas réussi ! De toute manière, la meilleur façon de les éviter, et qui marche pour tous les films, c'est d'écrire un paquet de brouillons de script. Vérifier tous les angles de caméra avant de tourner. Avoir fait ses devoir, quoi !

Aviez-vous en tête l'acteur Karra Elejalde dès le départ pour ce rôle ? Il est vraiment très bon...

Je n'y ai pas pensé, mais quand il a fallu choisir l'acteur, j'avais hector en tête. C'était une façon de ramener à la vie les personnages sombres qu'Elejalde jouait dans les 90s, comme dans "The Dead Mother". Dans ce film, il est hilarant et sinistre à la fois. Je voulais retrouver cela dans "Time Crimes". Il peut jouer le personnage le plus désinvolte comme le plus gros psychopathe, en ne bougeant qu'à peine sa figure...

L'esprit du Giallo est très présent dans votre film, à travers les séquences filmées via les jumelles, à travers la nudité de la victime, à travers l'arme employée (les ciseaux)... Est-ce un genre que vous appréciez et que vous vouliez retrouver dans votre film ?

Je suis tellement content que tu le pense. Comme je te l'ai dit avant, j'adore exploiter différents genres, mais sans trop le montrer. J'adore les giallo, et la face giallesque de Brian de Palma (j'avais aussi "Body Double" en tête). Et bien sûr le film pré-giallo, "Psychose". Ce n'est pas la
dernière fois que je tente de bidouiller la vieille structure du giallo, dans laquelle vous avez la fille qui est épiée, le tueur masqué, le héros
ambigu. L'un de mes scripts en cours est une variation de ces stéréotypes. Comme un second "Time Crimes", mais sans le voyage dans le temps. Mais avec un autre masque...

Le cinéma fantastique espagnol a le vent en poupe en ce moment et nous offre de belles surprises. Quelle est votre vision de l'évolution du genre dans votre pays ?

Quand on regarde des films comme "rec" ou "l'orphelinat", on dirait que l'on entre dans une sorte d'âge d'or. Mais en réalité, il est toujours beaucoup trop compliqué de faire un film en Espagne qui sorte des sentiers battus du divertissement (comédie, drame, réalisme). Des réalisateurs comme Elio Quiroga (the cold hour) ou Koldo Serra (The Backwoods) risquent vraiment beaucoup pour tenter de changer la donne.

Avez-vous des projets futurs ?

Je suis en train d'écrire... J'essaye de développer un projet en Espagne, un autre à Los Angeles... il est trop tôt pour connaître la suite des évènements, mais je vous promets que mes prochains films seront proches de l'horreur et de la science fiction !

MERCI A NACHO VIGALONDO et à JULIE GIORGETTI d'avoir rendu possible cet interview.

Interview réalisé par Stéphane Erbisti

Traduction : Alexandra Martin et Colin Vettier



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  Avis de Lionel J. sur
Belle interview, pour un film assez sympathique et parfois innovant.


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