SANG POUR SANG HORREUR
festival international du film fantastique de gerardmer 2010
ginger snaps 3
01/02/2010 : FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FANTASTIQUE DE GERARDMER 2010

Les deux dernières éditions étaient-elles un pur coup de chance ? On aurait tendance à le croire cette année...
C'est ainsi pour vous (et aussi pour lui tout de même) que votre serviteur vient de terminer son séjour au dernier fantastic'art, placé alors sous le signe du Silence. A la vue de la compétition, difficile de tenir pourtant sa langue.
Bien que l'ensemble soit relativement varié à première vue (des zombies, du fantastique espagnol, du thriller canadien, de la french touch, de la sf...), on était tout de même en droit d'attendre une sélection davantage excitante. Le visuel assez sobre de cette édition semblait déjà assez représentatif de cette amertume généralisée...

Journée 1 :

Pas de grands titres à l'horizon pour l'ouverture du festival mais un obscur thriller français dans les cartons depuis 2008 (rien de très rassurant jusque là), avec en tête d'affiche quelques talents sûrs (mais quelque peu has-been) tels que : Anne Parillaud (alors membre du jury), Jean Hughes-Anglade ou Thierry Frémont.
Premier long narrant une course-poursuite sanglante en pleine campagne française,Dans ton sommeil a l'avantage d'être totalement dégraissé des oripeaux référentiels si répandus en ces temps troublés. Ce "massacre au cutter" (assez gore et jusqu'au-boutiste, malgré tout) titube maladroitement, et ne respire pas la santé malgré une noirceur (très) appuyée. Bref, on tremble un peu pour la suite des événements...

Journée 2 :

Et ça commence avec Possessed, le métrage asiatique quelque peu obligé de ce festival, et Coréen avec ça. Pas de vilaine à cheveux longs, mais un nouveau regard sur un traditionnel cas de possession. Pas foncièrement mauvais, mais diablement longuet : on oublie.
La rétrospective John McTiernan (alors président du jury) bat son plein (bien qu'on trouvera peu d'intérêt à voir le dvd de "nomads" projeté sur grand écran), tandis que des chefs-d'oeuvres tels que "El Topo", "Alien", "Blow Out" ou "Solaris" se bousculent au portique.
La nuit tombe et la sentence de "La horde" aussi : bien que fiers d'avoir réalisé leur divertissement rêvé (question : est ce le nôtre ?), Yannick Dahan et Benjamin Rocher échouent avec ce qui s'apparente au cousin frenchy, beauf et crétin de "Une nuit en enfer". Bref, ça polémique sec, et les deux très bons documentaires Viande d'origine française et Nightmare in red, white & blue se chargèrent de clôturer la soirée avec sobriété.

Journée 3 :

Passé l'affront hexagonal, cette matinée neigeuse (se rendre à l'espace lac frôle le calvaire !!) nous offre une production anglaise dont les échos favorables ne s'étaient guère trompés : Moon emballe public et jury, ballade doucereuse et déprimante sur une station lunaire où il ne fait pas forcément bon vivre.
Encore plus fort, le très attendu Amer est un trip qui en laissé plus d'un dubitatif : contemplation incontrôlable, morbide et psyché de la vie d'une jeune femme morcelée en trois actes, jouant à loisir avec image et son pour rendre un hommage sidérant à tout un pan du giallo. Sans aucun doute, le plus bel OVNI de cette décennie et le film le plus hallucinant de cette sélection. Un pavé dans la mare...
Succédant à l'hommage à McTiernan (sympathique mais pas exempt de gaffes), 5150 Rue des Ormes se révèle comme la plus belle surprise du festival. Sur une base à la "Mum & Dad" (un jeune innocent séquestré par une famille de tarés), on s'éloigne du torture porn pour jouer sur les terres d'un thriller acide et macabre. Une vraie réussite.
Hors compétition, "Halloween 2" déçoit les foules et Doghouse, "shaun of the dead like" très marqué, dépasse de plusieurs têtes La horde avec ses célibataires british lâchés dans un village de zombinettes. Diablement fun.

Journée 4 :

Sur une base bien trop déjà vue (une disparition d'enfant mystérieuse), Hierro a cet aspect de fleur tragique ne demandant qu'à éclore, laissant le fantastique de côté (désolé...) pour toucher au drame onirique. Superbe.
Côté court, Entre deux louche dangereusement vers "Left Bank" malgré une idée de base saisissante, Les naufragés pompe pauvrement et sans vergogne "the children" et "Les révoltés de l'an 2000"; La carte touche au splastick fantastique avec entrain ; Toute ma vie surprend aisément, offrant le premier vrai rôle inquiétant à ce trublion de Vincent Desagnat ;
La morsure nous trompe sous son bel écrin pour ne mener finalement nulle part ; quant à Barbie Girls, il s'impose comme la petite bombe du lot. A voir et à revoir, sans aucun doute.
Doubles ambigus et faille spatio-temporelle sont au programme de
The door, une histoire forte pour une oeuvre hélas peu passionnante. Parfois intéressant (surtout dans son dernier acte bordélique), mais énervant.

Hors compétition, le nouveau Vincenzo Natali ne brille pas par son originalité, curieux mélange de "La mouche" et de "La mutante", mais se suit avec délectation tant sa créature (incarnée par une Delphine Chanéac bien de chez nous...et fort belle) redouble de sensualité vénéneuse et de dangerosité.
Le trailer abominable (dans le bon sens du terme) du nouveau film de Douglas Buck aura bien fait de calmer les festivaliers, énième variation de l'enfant assassin faisant crapahuter "Les révoltés de l'an 2000" avec "cannibal holocaust".
Après la douche tiède "Diary of the dead", Romero décide de s'éclater un bon coup et livre une (presque) comédie zombiesque jubilatoire de bout en bout avec Survival of the dead. Une fois de plus, n'est pas La horde qui veut !!
Le tout s'est vu suivi, naturellement, d'une nuit zombie s'ouvrant sur une véritable pluie de tripailles (au sens propre hein !!) puis avec un Zone of the dead apocalyptique de nullité, qui a eu fort heureusement un effet bénéfique sur les spectateurs. "Zombie" fut projeté quant à lui dans des conditions "Grindhouse", c'est à dire en VF d'époque avec une copie...d'époque, donc à bout de souffle et prête à claquer à tout moment ! Ce qui vaudra des scratches et des griffures hautement prononcés, et des sautes régulières. Authentique.
La version de Snyder, quant à elle, clôtura la soirée, peu gourmande en bis italien hélas.

Journée 5 :

Si la fin d'un festival (même moyen) ne met pas particulièrement en joie, le terminer sur une note plus que médiocre n'arrange guère les choses : Les témoins du mal est un spécimen assez honteux de surnaturel ibérique prisonnier de ses propres clichés (mère esseulée, fantômes d'enfants, secrets enfouis, maison hantée...), amoché par une mise en image horrible et une cascade d'apparitions en CGI rigoureusement atroces. Pauvre Ana Torrent qui semble y croire tout le long...
Les plus déçus se rassurèrent avec le décalé Metropia, hélas parachuté hors compétition.

Le charme naturel et immuable du festival fut malgré tout présent, entre la neige omniprésente ; le beau lac gelé ; ses files d'attentes agitées (alors arrosées de bataille de boules de neiges incongrues !) ; son public déchaîné habituel, applaudissant et rutilant à chaque scène gore ou l'ambiance inimitable du Grand Hôtel, peuplé de people discrets et de journalistes frétillants, sans oubier ce pauvre piano fort maltraité par un crooner de karaoké récidiviste...avant que Mister Poncet de la clique Mad vienne pianoter quelques beaux thèmes ciné pour détendre l'atmosphère.

Il fait toujours bon d'aller à Gerardmer, quelque part...

Le palmarès :

Grand prix : The Door d'Anno Saul

Prix du jury : Moon de Duncan Jones

Prix de la critique : Moon de Duncan Jones, avec mension spéciale à Amer de de Hélène Cattet et Bruno Forzani

Prix du public : 5150, rue des Ormes d'Eric Tessier

Prix du jury SyFy : La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Prix du jury jeunes : Possessed de Lee Yong-ju

Prix du court-métrage : La morsure de Joyce A. Nashawati

Vous pourrez en savoir plus sur les films pré-cités tout au long du mois, avec de nombreuses chroniques avant-premières !

Jérémie Marchetti


Les autres brèves :

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  Avis de ~BenjO~ sur festival international du film fantastique de gerardmer 2010
C'est vrai que la sélection laissait un peu à désirer. Il a fallu attendre le dernier jour pour voir un film qui m'a vraiment emballé, "5150 rue des Ormes". Je ne serai pas aussi sévère que toi envers "Les témoins du mal" car je l'ai trouvé plutôt divertissant en comparaison avec le reste. Quand à "Moon", même si je lui reconnais quelques qualités, je me suis passablement fait chier...

Les deux premières claques que j'ai pris sont des films hors compétition. "Halloween 2" que j'ai trouvé largement supérieur au premier et "Doghouse", une comédie horrifique anglaise dans la lignée de "Shaun of the dead" en plus déjanté vraiment très sympa.

Concernant le Palmarès, "The Door" n'est vraiment pas un film que j'attendais... J'aurai plutôt vu 5150 ou Moon pour le Grand Prix.

Très content en revanche que La Horde n'ai pas reçu le prix du public! Avec la quantité de tickets "Excellent" qu'on voyait dans l'urne ça faisait peur... Une espèce de "Banlieu 13" version zombies avec des lascards qui passent leur temps à s'insulter et à se braquer des flingues sur la tête tout le long du film. Mise en scène illisible, montage épileptique, scénario au ras des paquerettes, personnages détestables... Rien à sauver!

Quand au Jury jeune qui prime un film coréen ennuyeux, surement pour se donner un air intelligent, no comment.


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