GET AWAY
GET AWAY
Richard, Susan, Jessie et Sam Smith sont les membres d’une petite famille britannique lambda partie en virée sur une île isolée de Suède, pour assister à une fête païenne nommée « Karantan » en hommage à la quarantaine de l’île face aux colons anglais il y a fort longtemps. Le problème, c'est que les autochtones n'ont pas l'air très ravis de leur venue et vont tout faire pour gâcher leurs vacances. Tout cela pourrait sembler anodin, si dans le même temps il n'y avait pas la découverte de meurtres sanglants aux alentours et si leur hôte, Matts, ne semblait pas aussi bizarre, voire malsain…
L'AVIS :
On connaissait le britannique Nick Frost pour ses collaborations de qualité avec son comparse Simon Pegg, les deux aimant détourner les films de genre à leur façon so british, mais surtout ayant œuvré sur les amusants "Paul", Hot Fuzz, "Le dernier pub avant la fin du monde" et le cultissime "Shaun of the dead" ! Ici, on retrouve le père Frost en solo pour un long-métrage dans la même veine en tant qu’acteur principal et scénariste. Cette fois, le genre détourné sera le slasher à tendance folk horror avec une famille se retrouvant isolée dans un endroit lointain avec à la fois des locaux peu aimables et surtout un tueur fou en liberté ! De "Délivrance" à "Vendredi 13" en passant par The wicked man et le plus récent "Midsommar", Frost va s’amuser à détourner les codes des classiques dans un décor purement scandinave. A la réalisation, on retrouvera Steffen Haars, cocréateur des énormes "New kids turbo" et "New kids nitro", de quoi faire saliver !
Le début de Get Away se laisse donc suivre tranquillement avec cette famille british classique mal accueillie par les habitants d’une petite île suédoise célébrant une fête ancestrale fustigeant les colons britanniques venus autrefois sur leurs terres, pas de bol pour eux ! Heureusement, leur hôte, Matts Larson les accueille avec bienveillance. Ce dernier semble cependant cacher de bien obscures intentions…
Alors évidemment, le film parait sympa de prime abord et le tout est saupoudré d’une sorte de décalage intéressant entre le flegme britannique et l’humour à froid typiquement nordique. Malgré cela, on peut trouver qu’il ne va pas assez loin dans la comédie car on sourit certes devant certaines situations et autres quiproquos dus à la barrière de la langue et de la culture, mais on ne rit pas vraiment à gorge déployée et surtout côté horreur, il n’y a rien à se mettre sous la dent d’autant que ça traîne un peu trop en longueur à notre goût !
Toutefois, à un moment où on y croyait plus trop, autrement dit à 25 minutes de la fin à peu près, un twist inattendu et presque improbable à ce niveau survient comme par enchantement ! Le délire commence enfin et même s’il est de courte durée, il sera fortement réjouissant et ô combien cathartique pour la famille Smith jusque-là bien frustrée et nous avec ! Ainsi, jusqu’à la toute fin bien amorale comme on les aime car imprévue, les violences en tous genres se succéderont pour le plus grand plaisir des amateurs de gore et d’explosions de parties du corps diverses finissant en geysers d’hémoglobine semblant interminables !
L’autre point de satisfaction à mettre au crédit de ce petit film est son casting avec : un Nick Frost auquel on s’identifie souvent car il a une bonne tête de « monsieur-tout-le-monde », Aisling Bea incarnant sa femme qui en fait des tonnes, ainsi que Sebastian Croft et Maisie Ayres, interprétant avec justesse deux ados ne manquant pas de caractère ! A côté de cela, on retiendra chez les autochtones la présence d’Anitta Suikkari, l’odieuse matrone s’érigeant en chef de l’hostile communauté de l’île, mais surtout Eero Milonoff, acteur au faciès atypique ayant déjà joué des rôles inquiétants dans des longs-métrages de genre comme Border et Azrael ! Notons aussi pour l'anecdote, la présence dans la bande-annonce d'un titre plein d'entrain de 1967, "Monsieur Kannibal" de Siw Malmqvist, reprise suédoise d'un hit de Sacha Distel !
Pour conclure, malgré un twist bienvenu en son tiers (que certains pourront prévoir s'ils sont attentifs à certains indices…), Get away peine tout de même à susciter un intérêt constant tant il manque de sérieux dans son développement et qu’il a du mal à jongler habilement entre les genres. Toutefois, sa dernière demi-heure totalement jubilatoire et son casting plus que convaincant l’empêchent d’être complètement raté et peuvent même le rendre regardable si on n’est pas trop exigeant !