LAST REFUGE – THE
PLEASE DON’T FEED THE CHILDREN
Dans un futur proche indéterminé où les enfants sont considérés comme porteurs d'une terrible pandémie ayant décimé la quasi intégralité des adultes, un groupe de jeunes orphelins désirant fuir les Etats-Unis et recherché par les autorités, trouve refuge dans la grande demeure isolée de Clara, une infirmière dont le mari est temporairement parti. Mais cette dernière semble cacher un lourd secret et paraît bien décidée à ne pas les laisser reprendre leur route...
The Last Refuge (dont le titre original « Please Don’t Feed the Children » est atrocement mal choisi il faut le dire !) prend l’apparence d’un thriller postapocalyptique comme ceux qui ont suivi l’après COVID, mais s’inscrit aussi dans la lignée d’un drame psychologique mâtiné d’horreur, rien que ça ! Pour son premier long-métrage, Destry Allyn Spielberg (fille de Kate Capshaw et de Steven Spielberg à la ville, avouez qu’il y a pire comme géniteurs !) choisit, faute de budget conséquent, une approche plutôt minimaliste : d’un monde dystopique promettant des zombies et autres infestés, présenté en deux temps, trois mouvements, on passe rapidement à un huis clos dans une grande maison où des jeunes gens vont devoir survivre à une psychopathe en puissance dont les intentions ne sont pas claires !
S'orientant donc assez vite vers le survival interdit aux claustrophobes, The Last Refuge révèle un scénario malheureusement dans la complète continuité de son prologue vite expédié avec cet antagoniste qui expurge sa folie, conséquence de celle générée par le monde extérieur en perdition, sur des victimes n'ayant désormais que pour but de lui échapper. Et les meilleurs coupables sont forcément ces adolescents que le monde entier désigne comme des pestiférés et vecteurs de l’épidémie !
Seulement voilà, au scénario on a Paul Bertino à ne pas confondre avec Bryan ("The dark and the wicked", "Mockingbird" ou "The strangers : prey at night") et sans réelle surprise, car il n’est pas au top, il n’aura rien à proposer dans cette captivité que ce qu’on n’a pas déjà vu mille fois ! En outre, même si on aura certains moments de suspense dans les diverses possibilités d'évasion explorées par la bande de gamins, on n’échappera pas à l’écueil des comportements irrationnels des protagonistes pouvant s’enfuir quinze-mille fois mais qui choisissent toujours la mauvaise option ! Et comme si ça ne plombait pas suffisamment le film, on aura une fin vraiment sans intérêt et surtout moult questions en suspens une fois le dernier plan terminé ! Alors même si c’était une façon assez originale de faire une œuvre de zombies mais sans zombie, ce métrage d’à peine 1h30 n’a vraiment rien de marquant, c’est juste un énième thriller lambda avec une psychopathe de service et des ados complètement stupides qui auraient pu s’en sortir en moins de dix minutes ! Mais bon, s’ils ne l’étaient pas, il n’y aurait pas eu de film ! Le seul truc à sauver, c’est que les jeunes acteurs ne jouent pas trop mal, notamment Zoe Colletti, vue dans la série Fear the Walking Dead, alors que leur bourreau est génialement incarné par Michelle Dockery, transfuge de Downtown Abbey et dont les regards noirs de folle furieuse font vraiment froid dans le dos !
Quelle déception que ce premier film de la fille de Spielberg ! Pourtant, le thème était sympa avec des enfants et ados qui sont ostracisés dans un monde postapocalyptique sur fond d'épidémie ! Le concept est toutefois vite évacué pour se concentrer sur une femme qui recueille et séquestre une bande de jeunes qui vont essayer de s'échapper. Quand le home invasion movie rencontre le huis clos ça ressemble à ça ! Sauf qu'au scénario, on a Paul et non pas Bryan Bertino, ce qui effectivement se ressent à l'écran, non pas que ce soit complètement nul, mais ça paraît assez inabouti faute d'un script suffisamment étoffé, déjà-vu et surtout mal conclu ! Dommage, car sur le papier et au vu du casting (les gosses jouent bien, Michelle Dockery est excellente et on a la chance de revoir l'éminent Giancarlo Esposito même pour un temps de jeu limité !) ça le faisait pas mal, mais au lieu de cela, on a un joli pétard mouillé à vite oublier !