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Réalisation
Joe Dante

Scénariste
Mark L. Smith

Date de sortie
2009

Genre
monstres

Tagline


Cast
Chris Massoglia
Haley Bennett
Nathan Gamble
Teri Polo
Bruce Dern
etc.


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Javier Navarrete

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(17 votes)
Dane, un adolescent, son petit frère Lucas et leur mère Susan, emménagent à Bensonville, une ville de banlieue pavillonnaire américaine banale comme il y en a pléthore aux Etats-Unis. Là, l’aîné est de plus en plus guetté par l’ennui, loin de ses amis de New-York, lieu du précédent domicile familial. Mais c’est suite à leur rencontre avec la charmante voisine Julie que Dane et Lucas, en explorant les recoins de leur nouvelle maison, découvrent dans la cave une mystérieuse trappe verrouillée à l’aide d’énormes cadenas. N’écoutant que leur curiosité ou leur insouciance c’est selon, ils décident, en compagnie de la ravissante ado, de décadenasser l’ouverture secrète menant on ne sait où. Tous les trois trouvent alors un trou qui semble sans fin qu’ils vont essayer d’explorer. A leurs dépens ?



Cela fait près de dix ans que Joe Dante n’avait plus abordé les écrans français depuis la sortie du sympathique "Les Looney Tunes passent à l’action" en 2002. Et quand on parle d’écrans, il s’agit bien sûr de ceux de nos salons, le film objet de notre critique ne venant en effet de sortir en France qu’en direct-to-video. Pourquoi une telle mise à l’écart pour le réalisateur de perles horrifiques comme : "Piranhas", "Hurlements", "Gremlins", "Explorers", "L’aventure intérieure", "Panic sur Florida Beach", "Small soldiers", j’en passe et des meilleures !? Pas assez bankable ? Trop campé sur ses positions ? Trop has been ? Peut-être un peu des trois. En attendant, Joe Dante est passé chez nous par la case télévision avec l’anthologie des Masters of Horror (il en a réalisé deux épisodes, un par saison) et peine désormais à trouver des budgets dignes de ce nom, à l’instar de John Carpenter et autres Stuart Gordon. Et ce, à l’heure où n’importe quelle ignominie horrifique est distribuée par grappes de tétralogie (suivez mon regard paranormal) sur beaucoup d’écrans hexagonaux ! Cherchez l’erreur, d’autant que les remakes, même si certains sont des réussites, sont légion (Alexandre Aja, nous te saluons) ! Aux États-Unis, notons que le dernier film du papa de Gizmo, n’a eu droit qu’à une sortie dans quatre salles sur tout le territoire. En France, The hole 3D sort avec trois ans de retard directement dans les bacs vidéo en 3D, mais uniquement pour les Blu-Ray, le DVD étant développé en 2D, tant pis pour les détenteurs d’un simple lecteur de salon suranné comme votre dévoué. Toutefois, même si l’auteur de ces lignes n’a pu voir le film avec des lunettes, certaines scènes et autres plans peuvent laisser deviner une exploitation efficace du relief par l’ami Dante. On ainsi va certainement recevoir des objets hétéroclites dans la face (notamment lors du combat dans la cave entre Lucas et un pantin), suivi de l’inévitable plongée dans le trou où l’effet de profondeur doit être intense, puis on va assurément en prendre plein les mirettes lors de l’incursion de Dane et de son frère dans le monde au-delà la trappe, où les héros vont se retrouver bloqués dans un univers fantasmatique hallucinant digne des plus beaux cauchemars de Freddy Krueger où les proportions de tailles et de plans ne sont pas du tout respectées.



Quoi qu’il en soit, l’univers de Joe Dante est touchant, car en bon artisan du cinéma populaire voire bis, il sait à la fois plaire aux petits et aux grands par les thèmes qu’il brasse. Mais ce que souhaite avant tout le coréalisateur du film "La quatrième dimension", c’est faire peur. Et ça, il le met en pratique en créant une véritable tension via ses effets de mise en scène jamais trop ostentatoires ou encore gros comme une maison comme dans moult productions de genre étasuniennes récentes faites pour décérébrés. Tantôt on entraperçoit une silhouette, tantôt une ombre fugitive est distinguée dans le champ de vision, ou bien une forme indéfinissable mais avec un œil semblant appartenir à un humain apparaît sur la bande vidéo du caméscope familial. Bref, que de petits éléments disséminés çà et là et apportant une touche de suspense car l’inquiétude vient avant tout de l’incertitude quant à la nature du danger en provenance du trou sans fond. En décadenassant la trappe dissimulant l’abime, les enfants vont ainsi voir des choses en sortir et se matérialiser sous la forme de peurs enfouies au fin fond de leur subconscient et liées à des traumatismes subis dans l’enfance. Une véritable séance psychanalytique pour ados et autres gamins en culottes courtes finalement ! On peut noter également que le cinéaste américain n’est pas en reste quand il s’agit de faire des références littéraires ou encore pour cinéphiles avec, par exemple : la lecture par Julie de « La divine comédie », poème de Dante Alighieri relatant les aventures de Dante aux enfers, ou encore le nom du fabricant de gants qui n’est autre que monsieur Orlac ! Pour les plus jeunes et pour la petite histoire, ce dernier est un personnage de roman créé par un français dans les années 20, personnage qui, à la suite d’un accident de chemin de fer, se fait greffer les deux mains d’un assassin. Pratique quand on est pianiste de son état ! Le succès sera tel qu’il bénéficiera de quatre adaptations cinématographiques.



Côté casting, on retrouve des têtes déjà vues quelque part mais où déjà ? Dans le rôle de la maman, on remarque Teri Polo (vue dans "The arrival" et surtout dans la trilogie des « Mon beau-père et moi » !), les deux mômes sont quant à eux campés par : Chris Massoglia, l’ado ayant joué dans "L’assistant du vampire" et Nathan Gamble, un gamin aperçu dans "The mist" et "Dark knight : le chevalier noir". Pour le reste, on peut citer Bruce Dern ("Silent running", "La prison de verre", "Hantise", "Twixt") dans un petit rôle et Haley Bennett, une midinette rencontrée dans "Kaboom" de Gregg Araki. Ca y est, on les remet ? Bon, rien d’exceptionnel, mais ils remplissent le cahier des charges de manière honnête, alors on va les laisser tranquilles et l’on va s’intéresser aux failles du métrage. Les films de Dante n’ont jamais été connus pour être d’une complexité narrative incroyable et une fois encore, l’intrigue est réduite à peau de chagrin. Effectivement, les gamins après avoir ouvert leur boîte de Pandore, ont semble-t-il réveillé certaines forces obscures et vont devoir lutter contre elles jusqu’à la fermeture définitive de la trappe. Il y a quand même plus compliqué comme script, non ? De plus, les personnages et leur background apparaissent comme des clichés communs : la famille monoparentale fraichement installée dans une nouvelle demeure où quelque chose de suspect semble attendre, l’ado mal intégré qui rejette son jeune frère, la jeune provinciale qui s’ennuie, le parent esseulé qui essaie de refaire sa vie avec quelqu’un non accepté par les enfants, etc. Par ailleurs, le long-métrage est inégal car souffrant de baisses de rythme manifestes dues à des développements scénaristiques médiocres car maintes fois rabâchés dans les films de genre ou bien bâclés car pas assez jusqu’au-boutistes. On pense surtout aux peurs enfouies suscitées et recréées par le trou (chose qu’on ne devine qu’au bout d’une heure de film quand même !) qui ne sont qu’au nombre de trois, ce qui est un peu maigre pour tout fan qui se respecte ! Mais bon, est-ce que Dante pouvait faire mieux ? En tout cas, nous, on ressort frustrés de ce visionnage tellement on a l’impression que le cinéaste n’est pas allé assez loin. Dommage…



On se prend alors à imaginer ce qu’aurait pu être The hole 3D si l’on avait donné à Joe Dante les moyens de ses ambitions. Malgré tous les défauts évoqués ci-avant, le savoir-faire du réalisateur demeure intact, sauvant le film in extremis. Le père Joe reste ainsi fidèle à son style narratif, métissage du film familial et du métrage fantastique pouvant se montrer assez effrayant, ce qui peut alors convenir à tout style de public, même si on aurait souhaité plus d’audace.









Hommage réussi aux années 80

Portrait de Gérald.Giacomini

5.04

Plein de nostalgie, le film de Joe Dante, sorti dans l'anonymat et directement en Dvd, renoue avec les productions Amblin. Epoque bénie où les histoires enfantines se mélangeaient avec le fantastique et l'épouvante.
Alors que Abrams avait sorti son "Super 8" sur la même fibre nostalgique, force est de constater que Dante est bien plus capable d'approfondir son sujet. Qu'importe au final la gadgetisation via la 3D, le réalisateur des "Gremlins" est toujours en très grande forme.