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Kevin kidnappe trois jeunes filles sur un parking. Séquestrées dans une pièce aménagée en sous-sol, celles-ci vont devoir « cohabiter » avec certaines des vingt-trois personnalités de leur ravisseur diagnostiquées par le docteur Karen Fletcher dont : un psychopathe, un enfant de neuf ans, une inquiétante femme rigide, un designer de mode homosexuel parmi les plus prégnantes. Tout cela en attendant l’arrivée de la vingt-quatrième, « la bête »…



Après l’excellent "The visit" et la série "Wayward Pines" d’honnête facture, Night Shyamalan semblait avoir remonté la pente et était attendu au tournant, surtout après les échecs de "Phénomènes" et "After earth". Malheureusement, on ne peut que sortir déçu et frustré de la salle. La bande-annonce laissait pourtant augurer un bon thriller horrifique allant crescendo avec deux, trois scènes chocs à la clé. Mais non, car comme souvent dans les teasers, on nous balance tout ce qu’il y a de meilleur à voir et le reste n’est que du vain remplissage !

Le film démarre vraiment très lentement en prenant soin de nous raconter avec trop de longueurs et de bavardages, la personnalité du malade qui multiplie les visites chez son psy, laquelle, à mon sens, n’est pas assez incisive et insistante vis-à-vis d’un patient qui a besoin d’être acculé pour être mieux contenu. Certaines scènes sont également inutiles et répétitives (notamment celles liées à l’enfance de Casey, lorsqu’elle allait chasser avec son père et son oncle…) et n’apportent pas grand-chose au récit. On a surtout la curieuse impression que le réalisateur (qui pour l’occasion, s’octroie un petit rôle dans son métrage) éprouve le besoin de tout nous expliquer via les interventions de la psychiatre ou par le truchement de flashbacks forestiers trop fréquents !



Et pendant ce temps-là, l’histoire se déroule tant bien que mal avec un James McAvoy ("X-Men : le commencement" ou "Docteur Frankenstein") qui cabotine à outrance et « joue » avec ses séquestrées en leur balançant une personnalité par-ci par là, quand il ne va pas chez son psy ou quand le réalisateur ne nous assène pas une scène rétrospective d’enfance censée nous faire mieux comprendre la psychologie de Casey. Mais c’est bien trop creux voire maladroit et surtout, il y a un gros problème ! Pourquoi annoncer sur l’affiche du film ou lors de sa promotion vingt-trois personnalités si ce n'est finalement pour ne nous en montrer qu’à peine le tiers à l’écran !? Ce procédé n’a qu’un nom : c’est une arnaque et une bonne, pour faire venir le chaland de base et je me suis donc fait avoir comme tant d’autres ! Night Shyamalan est donc un bonimenteur car tel un charlatan du Far West, il nous a laissé entrevoir l’impossible dans le but de nous séduire. Dans le genre dédoublement de personnalité, ce métrage n'est donc pas le plus intéressant puisqu’en plus de ficelles narratives pas terribles, il y a eu tromperie sur la marchandise et on a le sentiment que les scénaristes en mal d’inspiration ont désormais la fâcheuse tendance à recourir à la facilité en utilisant dans les films, des personnages atteints de schizophrénie ou de trouble dissociatif de l’identité comme on dit dans le jargon. On pourra alors lui préférer "Dorothy", qui lui au moins, ne nous prenait pas pour des vaches à lait et était bien mieux fait !



Mais revenons-en aux acteurs. Tout le monde porte McAvoy aux nues et on lui pressentait déjà un Oscar pour sa performance, alors qu'en définitive il n'est pas si incroyable que cela. Il surjoue de manière abusive et interprète, par exemple, très mal l'enfant de neuf ans : il n'a pas assez de tics et de doigts dans la bouche à mon goût. Non, pas que je ferais mieux hein, mais bon, ça ne m’a pas emballé plus que cela ! Et puis comment être crédible en femme sans perruque et maquillage qui va avec !? Pour moi, la vraie star du film c'est Anya Taylor-Joy, déjà repérée dans "The witch" et "Morgane", parfaite en jeune fille forte et fragile à la fois qui cherche à s'émanciper d'un passé trop lourd pour elle. Mais bon, elle ne préservera pas le film et donc ses futurs spectateurs d’une désillusion totale parce que pour le reste du casting, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent, à part peut-être pour celles de la « bête »...

C’est à croire que les soi-disant 23 personnalités du protagoniste principal occupent tout l’espace de la distribution !

Ainsi, seul le dernier quart d'heure vaut le coup, car le climax devient angoissant au fur et à mesure que les filles cherchent à s’échapper de façons diverses et variées, que la psy commence (enfin !) à se poser des questions (les bonnes ?) et qu’une des personnalités « habitant » Kevin invoque la bête, qui ne devrait plus tarder à sortir. Toutefois, la toute fin en laissera plus d’un perplexe car on y voit quelque chose d’inattendu mais en terrain connu. En ce qui me concerne, ça sent le bâclage voire le recyclage à plein nez venant de la part d’un réalisateur à nouveau à court d’idées !



En résumé, Split (« divisé » chez nos amis d’Outre-Atlantique et correspondant bien au cerveau de Kevin) est constitué de clichés déjà vus, de scènes inintéressantes, d’une mise en scène mollassonne, d’une fin sujette à controverses, de personnages finalement jetables hormis Casey (magnifique Anya Taylor-Joy) qui ne peut à elle seule sauver intégralement un film protéiforme trop verbeux qui ne parviendra jamais à transcender une idée de départ intéressante. Dommage, il y avait pourtant du potentiel.