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Dans un vaisseau spatial, une petite créature extraterrestre, pourchassée par deux autres créatures de sa race, envoie dans l'espace un étrange container. Celui-ci s'écrase dans une petite ville, en 1959. L'entrée du container dans notre monde a été vue par un jeune couple d'amoureux, qui décide d'aller voir sur place. Johnny s'aventure seul dans la forêt et se fait contaminer par une espèce de limace sautante qui était présente dans le container, pendant que sa dulcinée se fait occire à la hache par un fou échappé d'un asile. Plusieurs années après, deux paumés d'un campus universitaire, Chris et J.C., acceptent le défi des membres d'un club, afin d'en faire partie et de pouvoir en savoir plus sur Cynthia, jolie jeune fille dont Chris est tombé amoureux. Ils doivent pénétrer dans le laboratoire de l'Université et ramener un cadavre. Durant leur périple, ils découvrent un container réfrigéré dans lequel est entreposé le corps d'un homme, qui s'avère être Johnny. En ouvrant le container, nos deux adolescents réveillent le corps endormi de Johnny, qui va contaminer d'autres personnes en libérant des limaces mutantes. Celles-ci, en entrant dans le corps d'un humain, le transforment en sorte de zombie. L'épidémie commence et va prendre des proportions inattendues dans le campus…



L'AVIS :

La carrière de Fred Dekker en tant que réalisateur n'aura durée que 9 ans, avec seulement trois films et un épisode de la série "Les Contes de la Crypte" à son actif. Il réalise son premier film en 86 avec justement "La Nuit des Sangsues", puis ce sera le sympathique "Monster Club" l'année suivante. En 93, Dekker commettra l'improbable "Robocop 3", le plus mauvais segment de la trilogie du flic d'acier. Depuis, quasiment plus rien, à part une petite participation en tant que scénariste en 2001 et 2002 sur la série télé "Star Trek Enterprise".

Je ne connais pas personnellement Fred Dekker, mai on peut penser que c'est un fan des films d'horreurs à la vision de son premier film. Pourquoi ? Simple, il suffit de lire les noms des personnages principaux peuplant "La Nuit des Sangsues". Dans l'ordre : Chris ROMERO, J.c. HOOPER, Détective Ray CAMERON, Cynthia CRONENBERG, Détective LANDIS, Sergent RAIMI. Ces noms vous disent bien quelque chose, rassurez-moi ? Autant affirmer de suite qu'il s'agit certainement d'un petit hommage mûrement réfléchi de la part de Dekker aux réalisateurs cultes qui ont dû bercer ses visions cinéphiliques.



"La Nuit des Sangsues" est un pur produit estampillé "film de teenagers 80's". Campus universitaire, adolescents timides qui vont devenir les héros, macho sortant avec la belle de service qui préférera à la fin l'adolescent timide (et qui va donc devenir le héros, je vais pas le répéter à chaque fois hein…), quelques rapides plans "nichons", de l'humour au ras des pâquerettes, un flic un tantinet alcoolique, ne s'étant pas remis du drame qu'il a vécu jadis en découvrant son ex-fiancée découpée à la hache, des personnages stéréotypés, des fringues bien rétros, et des effets spéciaux lorgnant vers le gore plutôt réussis. Bref, du déjà-vu, et revu, et revu.

Le film démarre plutôt bien et risque de vous surprendre. On se retrouve d'emblée dans un vaisseau spatial et on assiste à la fuite d'une petite créature assez amusante, prise en chasse par deux autres créatures similaires qui lui tirent dessus avec un fusil laser. La créature porte un container qui est apparemment le résultat d'expériences scientifiques et parvient à l'expédier hors du vaisseau. Une entrée en matière originale de part le look des créatures extraterrestres. On continuera à se laisser surprendre puisque les scènes suivantes sont filmées dans un très beau noir et blanc. Nous sommes en 1959 (encore un clin d'œil puisque c'est l'année de naissance du réalisateur) et on assiste au crash du container provenant de l'espace, que deux jeunes tourtereaux vont s'empresser d'aller chercher. Le réalisateur inclut alors une histoire de psychopathe à la hache échappé d'un asile tout en nous présentant l'intérieur du container : des limaces extraterrestres qui s'engouffrent dans la bouche d'un jeune homme.
Brusque changement d'époque, l'image passe à la couleur et on est cette fois dans un campus universitaire. Et là, les effets de surprise du début s'envolent pour laisser place à un "teenage movie" sauce extraterrestre et zombie.



Les trois acteurs principaux, dont la charmante Jill Whitlow qui nous offrira la vision de sa ravissante poitrine lors d'un changement de tenue pour une nuisette, correspondent parfaitement à ce style de film et semblent s'amuser tout autant que le spectateur. S'il y en a un qui semble aussi s'amuser comme un fou avec son personnage, c'est Tom Atkins et son visage bien connu des foules (Fog, New-York 1997, Halloween 3, Maniac Cop…). L'acteur interprète un flic dépressif, qui ne parvient pas à oublier le massacre de celle dont il était amoureux en 1959 par le taré armé d'une hache. L'apparition des sangsues venant causer bien des troubles dans sa ville va lui donner un regain d'énergie. Reste que le principal intérêt du film se situe bien sûr dans les apparitions des sangsues, qui ressemblent plus à des limaces mais bon. Une fois ces dernières ayant pénétrer dans la bouche de leurs victimes, les individus deviennent des espèces de zombies aux yeux livides, qui crachent des sangsues par la bouche en un jet ultra puissant et rapide, afin qu'elles se logent directement dans la gorge de la prochaine victime. Arrivées à maturation, les sangsues sortent du crâne des victimes et vont se répandre ailleurs, ce qui nous vaut de jolies explosions de têtes, plutôt bien réalisées et assez sanglantes.



Si l'action est parfois un peu mollassonnes durant la première heure du film, elle reprend ses droits lors de la dernière demi-heure et rend Extra Sangsues assez jubilatoire, les contaminés devenant de plus en plus nombreux. On retiendra également un chat et un chien zombifiés, très rigolos. Grosse comédie adolescente avec des éléments horrifiques, Extra Sangsues plaira avant tout au public auquel il est destiné mais les plus vieux qui ont découvert le film quand ils étaient adolescents via la VHS apprécieront sûrement de le revoir, le film de Fred Dekker restant éminemment sympathique et ses effets spéciaux et ses maquillages tiennent encore bien la route. Je dirais même qu'il se bonifie avec le temps, je me rappelle que lors de ma précédente vision il y a plusieurs années, je n'avais pas été emballé plus que ça, le trouvant trop classique dans son approche, alors que j'ai vraiment apprécié de le revoir pour faire cette chronique. Un bon signe...

Disponible en DVD et combo DVD+BR chez ELEPHANT FILMS
Image resplendissante sur le Blu-ray édité par Elephant Films, qui permet de voir le film de Fred Dekker dans les meilleures conditions possibles. VF ET VOSTF au programme, ainsi qu'une foule de bonus très sympa, dont un making-of constitué de plusieurs modules et entretiens, une analyse de Julien Comelli qui distille de nombreuses informations intéressantes, une galerie photo et des bandes annonces.






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