Avatar 3 - de feu et de cendres

Avatar - fire and ash

La famille de Jake Sully et Neytiri est encore aux prises avec le chagrin. C'est alors qu'ils rencontrent une nouvelle tribu Na'vi agressive, le Peuple des cendres, menée par la fougueuse Varang, tandis que le conflit sur Pandora s'intensifie.

Avatar 3 - de feu et de cendres | Avatar - fire and ash | 2025

L'Avis :

Est-ce encore un événement ? 16 ans après le phénomène qu'avait été le premier volet, la saga "Avatar" revient pour un troisième film. Et si le public semble toujours au rendez-vous (le film a réalisé le deuxième meilleur démarrage de 2025, après le Disney "Zootopie 2"), la hype semble un peu retombée. Il faut dire que le second film avait largement donné l'impression de tourner en rond, la présentation d'une nouvelle tribu de la planète Pandora et l'aspect spectaculaire de l'ensemble se heurtant à une écriture assez simpliste. Autant dire que remettre les pieds chez les Na'vi, à peine 3 ans après "Avatar 2 - la voie de l'eau" n'est plus un événement incontournable.

Il faut dire aussi qu'en dehors de l'aspect visuel, la saga peine à marquer les esprits : si l'on se souvient sans doute de la découverte de l'univers imaginé par Cameron dans le premier film, et des principales péripéties du héros, on ne peut clairement pas en dire autant du second film. On le voit, on s'émerveille, et on oublie. Et c'est sans doute le destin qui attend ce troisième volet, qui va posséder les mêmes qualités et défauts que ses aînés.

Tout d'abord, c'est visuellement superbe. On pourrait considérer la chose comme évidente, mais on ne compte plus le nombre de blockbusters ultra-friqués qui n'offrent au final qu'une bouillie visuelle aux séquences d'action illisibles (un petit bonjour au passage au Marvel Cinematic Universe et au MonsterVerse). Cameron a toujours ce don pour faire un film qui flatte la rétine pendant plus de 3 heures, et pour proposer des séquences d'action monstrueuses mais toujours intelligibles. Néanmoins, on s'émerveillera moins : cela fait maintenant 10 heures que nous visitons Pandora, et on commence à en connaître le paysage, d'autant que "de feu et de cendres" reprend globalement les décors de "la voie de l'eau".

Côté scénario, rien de bien nouveau également : on reste sur des thématiques assez classiques (écologie, deuil, difficulté à trouver sa place dans un groupe lorsque l'on est différent...), au service d'une vision assez manichéenne du monde. Les méchants colons menacent toujours les gentils indigènes, en massacrant des animaux pour le plaisir, en utilisant leur technologie avancée, et les indigènes répliquent avec leur bite, leur couteau et leur spiritualité. On retrouve ainsi une évolution scénaristique assez semblable au second volet, malgré de petites tentatives de nuances.

Celles-ci concernent d'abord le personnage de Spider, l'humain élevé par la famille de Jake Sully, qui va être au centre des convoitises des colons lorsqu'il va acquérir un précieux pouvoir pouvant potentiellement changer la face de la guerre entre humains et Na'vi. Hélas, c'est là encore écrit au lance-pierres, d'autant que l'on peine à ressentir de l'intérêt pour le personnage. L'autre tentative de nuances vient de la nouvelle tribu présentée dans le film : les Mangkwan. Tribu de pirates vivant sur une terre rendue inhospitalière par une éruption, ils sont menés par Varang.

Interprétée par Oona Chaplin, Varang est impressionnante et charismatique, est sans doute la protagoniste la plus intéressante de ce volet, mais sera malheureusement assez sous-exploitée, de même que l'antagoniste principal de la série, le colonel Quaritch. On a l'impression que chaque tentative pour élever ces deux personnages au-delà des poncifs habituels des "méchants" est rapidement tuée dans l'oeuf. Vraiment dommage, car on sentait un vrai potentiel chez ces deux-là.

Rien de nouveau sur Pandora donc, "de feu et de cendres" reprenant le chemin pavé par "la voie de l'eau", et déjà bien défriché par le premier "Avatar". Sans surprise, le film est une merveille visuelle, même si l'on commence à s'y habituer, handicapé par un scénario linéaire et répétitif. On se contentera sans doute de le voir une fois, sans y retourner avant de voir les futurs quatrième et cinquième épisode qui devraient clore une saga qui n'a pour le moment jamais réussi à décoller.

Avatar 3 - de feu et de cendres | Avatar - fire and ash | 2025
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Bande-annonce
Note
3
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Steeve Raoult