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Ice cream man | Ice cream man | 2026
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Ice cream man | Ice cream man | 2026
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Ice cream man (2026)

Ice cream man (2026)

Une ville estivale idyllique sombre dans la folie lorsqu'un marchand de glace sert aux enfants des délices sucrés aux conséquences terrifiantes...

Ice cream man | Ice cream man | 2026

L'AVIS :

Des gosses qui jouent à la corde à sauter avec les entrailles d'un adulte ou qui prennent une boule de cervelle pour leur cornet de glace, c'est le genre de dinguerie macabre que nous offre ce dernier film d'Eli Roth, rejeté à tort pour des raisons idéologiques à deux balles, notamment de la part des pseudo-anti-IA qui utilisent l'outil pour générer des chroniques foireuses ou des visuels toutes ressemblantes pour leurs publications insta ou leurs miniatures Youtube, mais qui ne supportent pas de voir des insertions mineures dans le septième art pour corriger certains détails. Je vous rassure : on ne s'en aperçoit à aucun moment, et la qualité des effets pratiques hautement sanguinolents sera l'argument principal de cette série B sans prétention. BREF.

Là où le cinéma d'horreur se voit envahi par des oeuvres interprétatives sans cesse alimentées de discours sociaux et moraux, et de thématiques allégoriques sur le deuil, le traumatisme, l'oppression social etc... autant vous dire que ça fait parfois du bien de se retrouver face à un divertissement gore qui n'a pas besoin d'être compris pour être apprécié. Ici, pas de développement narratif, pas de satire poussive et redondante sur la société de consommation ou sur la malbouffe, juste des lardons qui mangent des glaces contaminantes et qui s'adonnent à un jeu de massacre collectif dans une ville ravagée par la violence juvénile.

Cependant, à contrario de "The Children", "Les Démons du Maïs" ou "Les révoltés de l'an 2000", le ton récréatif se dévoile comme une blague de sale gosse voulant s'amuser dans une chasse à l'adulte. C'est lisse, c'est plat, c'est minimaliste, mais quel fun ! 1h de mises à mort grand-guignolesque arrosées d'éclaboussures généreuse et parfois bien vénère dans leur brutalité. Si "Thanksgiving" et "The Green Inferno" donnaient dans l'horreur classique instantanément oubliable, "Ice Cream Man" s'oriente vers un défouloir d'ultra-violence que l'on croirait sorti des années 2000. Un splatter hystérique qui s'apparente à un film de vidéo club sous stéroïde, négligeant la profondeur de son histoire au profit d'un déferlement de mutilations inventives avec une imagerie enfantine presque innocente.

Eli Roth revient enfin dans son état d'esprit de sale gosse qui, bien qu'il ne brille pas par la finesse de son écriture de son antagoniste dont l'origine story semble avoir été bricolée pour un épisode des Contes de la Crypte, renoue avec l'horreur primaire du cinéma gore.
Sans vouloir être un grand film, le réalisateur refuse de construire une allégorie sophistiquée qui demanderait une vidéo Youtube ou un podcast pour nous expliquer l'itinérance du trauma enfantin. Au contraire, seule l'éducation et l'influence de l'inconnu semble planer au-dessus de cette violence nourrie aux cornets de glace zombifiante. Et c'est peut-être là le véritable malentendu autour du film, qui n'a manifestement pas envie d'être ce que certains voudraient qu'il soit : une représentation symbolique d'un problème de société pour suivre la tendance de l'horreur contemporaine post elevated-horror.

Dans Ice-Cream Man, le gore n'a pas de fonction narrative, ni de portée analytique. Il redonne au grand-guignol le droit de satisfaire l'envie de vivre l'horreur comme une attraction sans prétexte ni compromis. Et c'est justement ce qui lui donne cette fraîcheur inattendue. Cette attraction de fête foraine au mauvais goût cynique assumé rappelle les jours glorieux du cinéma d'exploitation de l'époque qui déverse sa violence sans besoin d'être justifiée par un discours. Simple relecture d'un classique des années 90, ce film de bisseux pour les bisseux pousse son idée conceptuelle jusqu'au bout en alignant les mutilations, les démembrements, la chair arrachée et meurtrie et autres joyeusetés pour l'unique plaisir du gore. En jouant la carte du grotesque, certaines scènes brutales fonctionnent mieux que d'autres, mais toujours avec cette volonté de nous offrir de quoi nous rassasier. Non pas dépourvu d'une certaine audace dans sa violence grandiloquente et joviale, ce cartoon d'horreur espiègle devient un terrain de jeu macabre qui se regarde la tête reposée un dimanche après-midi d'été après avoir piqué une tête à la mer ou à la piscine. Cela me rappelle la folie sanguinolente de "Piranha 3D" avec ses effusions de sang à n'en plus finir, et son spectacle de l'excès qui offre une boucherie dans la joie et la bonne humeur. Car c'est cela le charme de la petite série B sympathique, celle que l'on pourrait trouver dans les rayons de vidéo-club de jadis ou les bacs DVD du marchand de journaux des années 2000 qu'on achetait au hasard.

Avec une photographie colorée, une réalisation lisse et des acteurs à la moyenne d'un scénario écrit sur un coin de table, Ice Cream Man se regarde sans effort d'attention, sans jamais être un puzzle à résoudre et sans symbolisme à décoder. Un film gore savoureux qui n'a pas honte d'être un cachet d'aspirine sans ambition extravagante, et sans être obsédé par l'idée de dénoncer quoi que ce soit alors qu'il y avait matière à le faire (éducation de l'enfant roi, la consommation industrielle, la malbouffe, le sucre donné aux enfants, la surcharge de couleurs flamboyantes comme marketing destiné à capter l'attention des enfants etc...). Il aurait été tellement facile de transformer le concept en énième satire de la société de consommation que, même si on pourra toujours y trouver des lectures de ce genre, le film évite de tomber dans ce piège infernal.

Alors certes Ice Cream Man reste mince, peut sembler répétitif et assez conventionnel, mais reste conscient de ce qu'il veut être. Et il l'est : un défouloir gore, généreux, déjanté, amusant, humble,et fun ! Entre deux blockbusters horrifiques ou deux cauchemars labyrinthiques qui veulent absolument que leur monstre soit une représentation de notre psyché, c'est tout de même agréable de retrouver cette bonne vieille tradition du cinéma bis qui nous sert une bonne boule de gore sur notre cornet de polisson en demande de mauvais goût.

Ice cream man | Ice cream man | 2026
Ice cream man | Ice cream man | 2026
Bande-annonce
Note
3
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Nicolas Beaudeux