Destination finale : bloodlines
Final destination : bloodlines
Hantée par un cauchemar terrifiant qui revient sans cesse, Stefanie, étudiante à l’université, rentre chez elle pour retrouver la trace de la seule personne susceptible d’enrayer ce cycle infernal et de sauver ses proches du sort funeste qui les attend…
L'AVIS :
Quatorze ans. C’est le temps qu’on aura dû patienter depuis le dernier Destination Finale sorti en 2011. Mais que les fans se rassurent : Bloodlines, sixième volet de la saga culte initiée en 2000, est bien là. Et non, pas besoin d’avoir binge-watché les cinq précédents pour embarquer dans ce grand huit mortel. Comme toujours, chaque opus peut se regarder de façon indépendante, avec la même recette éprouvée : un groupe de survivants échappant de justesse à un accident funeste, avant d’être méthodiquement rattrapés par la Grande Faucheuse.
Et pourtant, en lisant le synopsis, on aurait pu craindre un virage scénaristique un peu trop audacieux. On nous parle d’une étudiante nommée Stéphanie, hantée par un cauchemar récurrent… Rien sur l’accident d’ouverture, traditionnel morceau de bravoure de la saga ? Rassurez-vous, Bloodlines ne fait pas l’impasse sur ce moment tant attendu.
Cette fois, l’action démarre dans les années 50. Iris, une jeune femme accompagnée de son petit ami, assiste à l’inauguration d’une immense tour de 150 mètres. Ambiance festive, foule en liesse, musique rétro… jusqu’à ce qu’un enchaînement de micro-détails tragiques déclenche l’effondrement du bâtiment. Résultat : une pluie de morts grotesques, gores, absurdes — bref, du Destination Finale pur jus. Mais comme toujours, l’héroïne pressent la catastrophe et parvient à sauver tout le monde… temporairement.
Retour au présent. Stéphanie, étudiante perturbée par ces visions, découvre qu’Iris est sa grand-mère, toujours en vie à 80 ans, recluse dans une maison-forteresse pour échapper à la mort. Car oui, selon la logique impitoyable de la saga, Iris n’aurait jamais dû survivre, donc sa descendance non plus. Ce qui explique le titre Bloodlines : la mort veut effacer toute une lignée.
Le film embrasse pleinement les codes de la franchise : meurtres inventifs à la chaîne, suspense à chaque recoin, et un plaisir coupable à deviner comment chaque personnage va finir en charpie. Les réalisateurs Zack Lipovski et Adam B. Stein ne révolutionnent pas la formule, mais la maîtrisent avec efficacité. Lipovski, qu’on pensait perdu après les catastrophes Dead Rising et Leprechaun: Origins, s’est refait une santé grâce à Freaks, déjà co-réalisé avec Stein. Ensemble, ils livrent ici un Destination Finale qui fait le job : fun, généreux, parfois malin, souvent jouissif.
Le montage est soigné, distillant avec malice les indices de chaque future mort : un bout de verre traînant, un râteau mal placé, une tondeuse menaçante… Le spectateur joue à deviner, et se fait souvent surprendre par des détournements bien amenés ou des morts annoncées ironiquement.
Le scénario, simpliste mais assumé, sert surtout de prétexte à ces séquences macabres. Stéphanie tente de sauver toute sa famille, avec quelques twists bienvenus, comme un fils caché qui vient bouleverser l’ordre établi. On retrouve les archétypes habituels : la mère dépassée, l’oncle cool, le cousin relou mais attachant (mention spéciale au duo Harold/Erik, vraiment savoureux).
Là où le film surprend un peu, c’est dans ses liens avec les précédents volets. Des clins d’œil bien sentis — le bus du premier, le camion de troncs d’arbres du deuxième — feront plaisir aux fans. Et surtout, l’apparition de Tony Todd, pour la dernière fois dans son rôle culte, apporte un vrai plus. Le film en profite pour lever le voile sur son personnage mystérieux, et nous offrir un hommage touchant à l’acteur disparu. Big up Tony, tu nous manques déjà.
En résumé, Destination Finale: Bloodlines ne cherche pas à révolutionner la saga, mais à la prolonger avec respect et efficacité. L’intro rétro est une réussite, la BO claque (du Johnny Cash au menu), et l’ensemble reste fidèle à l’esprit des précédents films tout en ajoutant quelques touches de nouveauté. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un vrai bon film d’horreur, sanglant, fun, bien rythmé, et surtout, fidèle à ce qu’on attend de lui. Mission accomplie.