IRON LUNG
IRON LUNG
Dans un futur postapocalyptique indéterminé où un événement connu sous le nom de « Le Rapt silencieux » a provoqué la disparition de toutes les étoiles et planètes habitables de l'univers, Simon, un condamné, est envoyé à la recherche d'un océan de sang découvert sur une lune désolée avec l’espoir d’y trouver des ressources cruciales, à l'aide d'un petit sous-marin surnommé « Iron Lung », le « poumon de fer ». S’il s’en sort, il gagnera sa liberté. Sinon, un autre suivra…
L'AVIS :
Iron Lung part d’un concept particulièrement prometteur : dans un futur où l’humanité est au bord de l’extinction, un détenu est envoyé contre son gré explorer une mer de sang à bord d’un minuscule sous-marin. Enfermé dans cette véritable boîte de métal, sans visibilité et presque sans contact avec l’extérieur, il doit suivre les indications d’une mission dont il ne connaît finalement pas grand-chose. Sur le papier, tout est réuni pour construire une expérience horrifique claustrophobe et oppressante.
Et, sur cet aspect, le film est plutôt réussi. Le sous-marin est probablement l’un de ses meilleurs atouts. Son esthétique rouillée, sale et industrielle donne immédiatement une impression d’enfermement et de désespoir. La mise en scène parvient à exploiter intelligemment cet espace réduit, tandis que l’absence presque totale de visibilité renforce le sentiment d’isolement. On retrouve également une ambiance poisseuse et sinistre, ainsi que des éléments lovecraftiens (cf. la créature tapie au fond de l’océan difficilement cernable) qui entretiennent efficacement le mystère. Le film sait donc créer une atmosphère et, pendant certains passages, cette immersion fonctionne réellement.
Le problème, c’est que cette ambiance ne suffit malheureusement pas à tenir le métrage sur la durée. Iron Lung est extrêmement lent et surtout très répétitif. Pendant une grande partie du récit, on regarde le protagoniste se déplacer péniblement dans son submersible, effectuer ses tâches et tenter de comprendre ce qui l’entoure. Le choix de privilégier le mystère et la suggestion pouvait fonctionner sur la durée d’un jeu vidéo, où le joueur participe directement à l’exploration, mais il devient beaucoup plus difficile à supporter dans un film de près de deux heures ! À force d’attendre que quelque chose se produise, la tension finit par laisser place à l’ennui !
C’est d’autant plus dommage que le concept aurait probablement été beaucoup plus efficace dans un format plus court. Il y a clairement matière à faire un excellent moyen ou court-métrage horrifique : un huis clos étouffant, un protagoniste condamné à une mission dont il ignore les véritables enjeux et une menace invisible au fond d’un océan de sang. Mais en étirant cette idée, le film finit par donner l’impression de tourner en rond.
L’adaptation elle-même reste néanmoins respectable. On sent que Markiplier (Mark Fischbach à la ville, Youtubeur investi), à la fois réalisateur, acteur principal et figure intimement liée au jeu d’origine de David Szymanski, s’investit énormément dans le projet. Iron Lung est avant tout une adaptation fidèle et passionnée, qui cherche à reproduire l’expérience du jeu plutôt qu’à la réinventer. Le personnage principal est intéressant à suivre, et le choix de commencer directement dans le sous-marin favorise l’immersion, même s’il rend aussi le film assez inaccessible pour quelqu’un qui ne connaît pas l’univers du jeu vidéo comme votre dévoué. Le scénario reste volontairement évasif, mais cette volonté de ne pas tout expliquer peut parfois donner l’impression que certaines informations essentielles manquent.
La réalisation souffre également de quelques choix discutables. L’image est souvent extrêmement sombre, au point de rendre certains éléments difficiles à distinguer. Si cette obscurité participe à l’atmosphère, elle finit parfois par nuire à la lisibilité de la mise en scène. La dernière séquence, notamment, accumule les plans très rapprochés, très courts et très sombres, au risque de perdre complètement le spectateur au lieu de renforcer l’horreur.
Au final, Iron Lung est un film qui possède de vraies qualités mais qui ne parvient jamais à les exploiter pleinement. Son univers est intriguant, son décor est réussi et son ambiance claustrophobe fonctionne particulièrement bien. On sent également une véritable passion derrière cette adaptation, ce qui lui permet d’être respectueuse du jeu dont elle est tirée. Néanmoins, son rythme excessivement lent, sa narration parfois brouillonne, son manque de lisibilité et surtout la répétitivité de son intrigue finissent par prendre le dessus. Il faut alors, pour l’instant, se contenter de la bande-annonce particulièrement réussie de ce métrage ne ressemblant à aucun autre ! A part peut-être à "Alien" pour l’isolement claustrophobique, la peur de l’inconnu et la sensation d’être piégé…