Affiche française
Backrooms | Backrooms | 2026
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Backrooms | Backrooms | 2026
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oui

Backrooms

Backrooms

Lorsqu'une étrange ouverture apparaît dans le sous-sol d'un magasin de meubles, plusieurs individus se retrouvent confrontés à un espace impossible : un labyrinthe infini de couloirs jaunâtres, de bureaux déserts et de salles sans fonction apparente. Un lieu où les lois de la réalité semblent avoir démissionné sans préavis...

Backrooms | Backrooms | 2026

L'AVIS :

Nées d'une simple image postée en ligne, les Backrooms sont rapidement devenues une légende urbaine numérique : une esthétique du vide, du déjà-vu et du malaise diffus, faite de moquettes douteuses, de néons bourdonnants et d'espaces qui semblent avoir été conçus par un architecte souffrant d'insomnies chroniques.
Que pouvait donc proposer un long métrage basé sur un concept dont toute la force repose précisément sur l'absence d'explications ? La réponse de Kane Parsons est à la fois pertinente... et frustrante.

Pendant la majeure partie de sa durée, Backrooms réussit exactement ce qu'on attendait de lui : installer une atmosphère. Une vraie. Une ambiance où il ne se passe pratiquement rien. Le film cultive avec une certaine audace la monotonie de ces espaces liminaux. On erre. On observe. On attend. C'est précisément là que réside sa plus grande qualité : dans un paysage horrifique où tout doit être expliqué, accéléré ou accompagné d'une musique hurlant toutes les trois minutes, Backrooms ose le vide. Un vide presque expérimental. Une errance hypnotique qui rappellera autant certaines œuvres d'art contemporain que les longues déambulations de Skinamarink, avec un soupçon de Cube sous Lexomil.

Le problème, c'est que le film semble lui-même ne pas faire confiance à cette proposition.
Lorsqu'arrive enfin le grand moment où "quelque chose" se produit, la mise en scène abandonne soudain toute sa subtilité. Ce qui n'était jusqu'alors qu'une inquiétude abstraite devient une démonstration beaucoup plus explicite, beaucoup trop frontale. Comme si le film craignait que le spectateur, après une heure d'angoisse existentielle face à des moquettes jaunies, réclame soudain un monstre avec mode d'emploi intégré.

Et c'est très dommage.

Cette séquence d'action casse précisément ce qui faisait la singularité et l'intérêt de l'ensemble : cette impression désagréable mais fascinante d'être perdu dans un endroit qui n'a ni but, ni logique, ni intention malveillante clairement identifiable. L'horreur des Backrooms n'a jamais été ce qu'on y rencontre. Kane Parsons démontre malgré tout un véritable talent de metteur en scène. Il sait construire des cadres oppressants, exploiter le hors-champ et utiliser le son avec une intelligence remarquable. Le bourdonnement permanent des néons devient progressivement aussi anxiogène qu'une partition orchestrale entière. Quant aux décors, ils constituent évidemment la grande réussite du film : familiers, banals et pourtant profondément inquiétants.

Backrooms est peut-être aussi victime de son propre statut de production A24 destinée à un large public. À force de vouloir rassurer le spectateur avec un minimum de narration conventionnelle et quelques passages plus démonstratifs, le film finit par diluer ce qui faisait toute la force du concept originel : l'inconfort du vide. Mais malgré ses maladresses, difficile de nier le pouvoir d'attraction de cette étrange proposition. Un peu comme ces rêves absurdes dont on ne retient aucun détail précis mais dont persiste une sensation de malaise. Et puis, soyons honnêtes : voir des personnages déambuler pendant près de deux heures dans des couloirs qui ressemblent au service urbanisme d'une sous-préfecture un lundi matin relevait déjà d'une prise de risque artistique assez réjouissante.

Une expérience atmosphérique singulière et souvent captivante, qui fonctionne paradoxalement mieux lorsqu'elle refuse de raconter quoi que ce soit. Dommage que le film cède ponctuellement à la tentation d'expliquer et de montrer davantage que nécessaire. Dans les Backrooms, l'ennui est une qualité. Encore fallait-il oser l'assumer jusqu'au bout.

Backrooms | Backrooms | 2026
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Bande-annonce
Note
3
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Mélanie W.