Affiche française
Adam Chaplin 2 : reborn to hell | Adam Chaplin 2 : reborn to hell | 2026
Affiche originale
Adam Chaplin 2 : reborn to hell | Adam Chaplin 2 : reborn to hell | 2026
Date de sortie
Pays
Couleur ?
oui
Musique de

Adam Chaplin 2 : reborn to hell

Adam Chaplin 2 : reborn to hell

Après l'élimination du caïd Denny Richard par Adam dans le premier film, le pays sombre dans le désordre total. Un groupe de policiers mercenaires tend une embuscade à Adam et parvient à le dépouiller de sa croix noire inversée qui abritait le démon. Privé de ses capacités surnaturelles, il se retrouve affaibli. Dépouillé de sa force, Adam fait la rencontre d'un père et de son fils qui cherchent également à se venger. Ensemble, ils doivent affronter le redoutable « roi des déchets » et sa troupe d'esclaves dans North Heaven Valley. Ce combat permettra à Adam de renaître et de retrouver sa puissance pour tracer une nouvelle voie de vengeance...

Adam Chaplin 2 : reborn to hell | Adam Chaplin 2 : reborn to hell | 2026

L'AVIS :

C’est l’heure du pipi et du caca.
Probablement la meilleure réplique de ce film-arnaque qui aura réalisé l’exploit de déféquer avec application sur les quelque 15 000 personnes engagées dans le financement participatif de ce projet aussi opportuniste que trompeur.
Parce qu’il faut tout de même mesurer l’ampleur de la chose : vous vouliez retrouver Adam Chaplin, ses patates de forains explosives, ses mâchoires broyées, ses combats d’une violence grotesquement jubilatoire et, plus largement, cette espèce de Ken le Survivant apollinien du splatter indépendant qui avait fait le charme si particulier du premier film ? Et bien vous ne le verrez que pendant environ dix minutes au total, et il ne combattra pas une seule fois...
Après six années d’attente, voilà donc ce que Necrostorm a décidé de faire à l’un de ses personnages les plus emblématiques : le mettre en retrait pendant que le film s’intéresse à tout autre chose de complètement hors-sujet.

Et c’est précisément là que se trouve le problème fondamental de cette production. Ce n’est pas Adam Chaplin 2, mais un tout autre film qui utilise le personnage comme une sorte de présence fantomatique suffisamment visible pour justifier le titre du film et suffisamment absente pour que le spectateur, qui était venu spécifiquement le retrouver, reparte avec la sensation d’avoir été proprement pris pour un con.
Attendez-vous à une histoire inintéressante de clochards qui s'exploitent mutuellement dans un monde post-apocalyptique à laquelle nous n’étions pas exactement venus assister. Cette nouvelle variation sur les misérables survivants d’un monde en ruines, avec une structure narrative qui rappelle fortement "Little Necro Red" ne propose même pas la dynamique d'une baston finale. C’est tout de même un comble...

Il faut néanmoins reconnaître à Necrostorm ce qu’elle sait toujours faire : du gore. Et sur ce terrain, le film ne fait absolument pas semblant. Les effets sont extrêmement généreux, s’enchaînent avec cette passion pour la barbaque qui demeure l’une des marques de fabrique du studio. Il y a même des moments où l’on se dit que, techniquement, l’équipe a fait d’énormes progrès depuis les premiers films. Manquerait plus que ça, que le film ne soit pas à la hauteur en matière de barbaque et de tripaille...

Sauf que le phénomène devient particulièrement frustrant ici, parce que cette suite semble précisément conçue pour nous teaser le retour d’Adam Chaplin dans une prochaine production alors que nous avons déjà payé pour cela. C’est presque comme si Necrostorm nous regardait après six ans d’attente en nous disant : « Vous vouliez retrouver Adam Chaplin ? Eh bien non, pas maintenant. Il faudra revenir pour le prochain et repasser à la caisse. » Et c’est là que l’on atteint une forme de cynisme qui devient difficile à avaler. Nous avons payé pour revoir ce personnage dans un film présenté comme une nouvelle démonstration d’action gore colossal, et lorsque le moment arrive enfin, le héros passe l’essentiel du film à se remettre de sa cuite sans jamais intervenir.

À ce stade, le film aurait presque gagné à s’appeler "Street Trash : remake". Là, au moins, le contrat aurait été clair. On aurait pu venir pour les clochards, la crasse, la violence, les corps martyrisés et les litres de sang, et juger l’ensemble pour ce qu’il est réellement. Mais appeler cette chose "Adam Chaplin 2" crée une attente que le film ne satisfait pratiquement jamais

Depuis quelques années, j'ai de plus en plus l'impression que l'équipe n'est plus réellement intéressée par l'idée de produire des oeuvres abouties. Tout semble désormais devoir être relié au Necroverse comme si chaque film devait obligatoirement laisser une porte ouverte vers le suivant. Et à force de vouloir construire un univers tentaculaire bancal, le studio détruit ce qui faisait autrefois la force de ses films autrefois autonomes.
Et cette déception est évidemment amplifiée par tout le contexte qui entoure la production. Lorsqu’un film est simplement mauvais, on peut encore se contenter de dire qu’il est mauvais et passer à autre chose. Mais lorsqu’on a participé financièrement à son existence, attendu pendant six années entières, subi les retards redondants et les communications foireuses successives, et que l’on voit parallèlement se multiplier les comportements problématiques à l’égard des acheteurs et des contributeurs, le rapport au film change complètement. La moindre incohérence devient irritante, le moindre problème prend une dimension supplémentaire et chaque nouvelle promesse finit par sonner comme un nouveau coup de violon destiné à nous attendrir et à nous faire patienter encore et encore... ET ENCORE.
C’est particulièrement vrai lorsqu’il est question des objets physiques censés être envoyés. Lorsqu’on nous explique qu’un colis est soi-disant parti depuis deux mois, mais qu’il semble toujours ne pas avoir bougé de Lombardie, avec un numéro de suivi qui paraît pour le moins douteux, il devient forcément difficile de continuer à accorder le bénéfice du doute. Et lorsque cette situation s’ajoute à un service client que de plus en plus de personnes semblent détester, la sortie du film ne peut évidemment plus être considérée indépendamment de tout ce qui l’a précédée.

Il y a d’ailleurs un autre élément qui participe à cette étrange sensation de fabrication maladroite, à savoir la présence, tout au long du film, d’images qui donnent très fortement l’impression d’avoir été générées à l’aide d’intelligence artificielle. La production nie complètement l’utilisation de l’IA. Mais en tant que spectateur, je peux parler de ce que je vois, des nombreuses séquences qui présentent une texture, un éclairage, une fluidité et une matière numérique qui ressemblent de manière extrêmement frappante aux productions générées par IA et non par Necrostorm. La différence avec les images réellement tournées est parfois tellement perceptible que l’on a l’impression de passer d’un médium à un autre à l’intérieur d’une même scène.
On peut me dire que ce n’est pas de l’IA. Très bien. Mais lorsque mes yeux me disent exactement l’inverse, il m’est assez difficile de faire semblant de ne rien remarquer. On ne me la fait pas, surtout à moi qui ai visionné une énorme quantité de court-métrages en IA.

De plus, il est difficile de ne pas voir dans ces personnages misérables qui s’exploitent mutuellement une étrange métaphore de la relation que Necrostorm semble entretenir avec une partie de sa propre communauté. Nous avons donné de l’argent, nous avons attendu, nous avons soutenu, nous avons pardonné les retards, nous avons cru aux explications et, au bout du chemin, nous découvrons que c'est à nous d'être reconnaissant envers eux, et que ce pour quoi nous avions payé n’était finalement pas vraiment là. Une image satirique de la situation qui est malheureusement difficile à évacuer.

Car voilà le véritable problème : je note ce film comme un Adam Chaplin qui n'en est pas un.
Et si je le notais comme un film gore indépendant sans autre considération, ma note serait probablement beaucoup moins sévère. Je pourrais saluer les effets, les améliorations techniques, certaines idées visuelles et la volonté de continuer à produire un cinéma aussi radical. Mais ce n’est pas le film que l’on m’a demandé d’attendre pendant toutes ces années au prix de ma participation financière ô combien conséquente (2000 euros...). Ce n’est pas celui auquel les contributeurs ont cru. Et surtout, ce n’est pas le film qui correspond à la promesse affective attachée au nom d’Adam Chaplin.

Necrostorm nous a bien eus, hein ? Les petits coquins.
Et pourtant, je ne suis même pas certain d’être le plus en colère contre le film lui-même. Ce qui me reste surtout après le générique, c’est une sensation beaucoup plus triste. Nous avions patiemment nourri le souvenir du premier Adam Chaplin, en imaginant son retour, en attendant ses combats, ses grosses golden explosives et cette démesure qui nous avait tant amusés, pour finalement découvrir que le personnage n’était plus qu’un prétexte destiné à annoncer son propre retour. Hélas, "Adam Chaplin 2" n'existe pas.
À sa place, il y a ce long film de sans-abri dépravés et d'un père et son enfant à la recherche de la mère dans une gigantesque bande-annonce d'1h20 pour un prochain épisode qui nous promet ce que nous étions venus chercher aujourd’hui. Durant les dernières minutes, Adam envoie sa première rafale de coups dévastateurs, puis écran titre de fin...

Le seul véritable combat que le film semble avoir envie de mener est celui qui oppose le spectateur à sa propre patience. Et la mienne a tiré sa révérence.
Necrostorm mérite-il encore notre soutien ?
C'est l'heure du pipi et du caca.

Adam Chaplin 2 : reborn to hell | Adam Chaplin 2 : reborn to hell | 2026
Adam Chaplin 2 : reborn to hell | Adam Chaplin 2 : reborn to hell | 2026
Bande-annonce
Note
2
Average: 2 (1 vote)
Nicolas Beaudeux