De l’autre côté (saison 1)

Just beyond (season 1)

De l’autre côté (saison 1) | Just beyond (season 1) | 2021

Comme dans la série à succès des années 90 Chair de poule, De l’autre côté, est une anthologie mêlant horreur, fantastique et comédie, adaptée des comics de R.L. Stine. Chaque histoire est ainsi basée sur la vie d'un enfant ou d’un adolescent auquel il arrive un évènement inhabituel sur lequel va se baser le reste de l'intrigue. C’est la première saison de cette série qui sera donc chroniquée ci-après.

L'AVIS :

Fraîchement disponible dans le catalogue de Disney+, De l’autre côté, est une série anthologique en huit épisodes qui adapte les bandes dessinées du roi de l’horreur pour enfants, R.L. Stine, connu pour avoir écrit, entre autres, les nouvelles de Chair de poule, récits eux-mêmes adaptés à la télévision dans les années quatre-vingt-dix. Depuis, bon nombre de ses écrits ont été portés au cinéma et à la télé, dont sa très récente saga Fear Street. De l’autre côté est donc l’adaptation télévisée de ses comic books à succès Just beyond dont Disney a mis peu de temps à acheter les droits afin de la proposer sur sa plateforme.

Série d'anthologie oblige, il y aura une histoire par épisode, chacune portant sur le thème du surnaturel. Il y en aura également pour les goûts : de la sorcière, des fantômes, des extraterrestres, des monstres, etc. Et puis, si un épisode ne vous plaît pas, il se peut qu'un autre vous satisfasse. De plus, cette série a l'avantage d'avoir des acteurs et actrices vraiment peu connus, ce qui permet de les juger sur leur seul talent sans avoir d’attente particulière. Notons, en outre, que pas moins de six réalisateurs différents se sont chargés des huit épisodes. Parmi ceux-ci, on retrouve Marc Webb, le réalisateur de "The Amazing Spider-man". Comme les cinq autres, il fait honnêtement du bon travail, arrivant même à créer une certaine ambiance qui aura de quoi effrayer les plus jeunes qui regardent et qui pourront s’identifier à certains des protagonistes attachants et identifiables. Malheureusement, à cause dudit public ciblé, on n’échappera pas aux happy ends et aux morales de rigueur, ainsi qu’à un étalage de quelques clichés inhérents aux teen movies. Mais en même temps, est-ce bien grave ma bonne dame ?

On commence ainsi par Laissez les enfants tranquilles dans lequel on se retrouve dans une école pour jeunes filles pas comme les autres qui accueille des rebelles en tous genres. Débarque alors Veronica, une jeune fille ayant des problèmes avec l’autorité sous toutes ses formes qui sent bien que ce pensionnat pour adolescentes indisciplinées cache un sombre secret. Rappelant l’étonnant The Stepford wives de 1975, ce segment débute bien la série car on est happé par cette histoire et comme l’héroïne, on a envie d’en savoir plus sur cet établissement mystérieux et ses membres qui semblent tous être un peu trop parfaits ! Bien joué (l’épisode est porté par la star montante Mckenna Grace, vue dans la série Young Sheldon ou encore "Malignant" mais aussi S.O.S. fantômes : l’héritage), bien rythmé et doté d’une fin plus que convenable, on est déjà conquis !

On continue avec Les parents viennent de Mars, les enfants de Vénus. Là, deux ados soupçonnent leurs parents d’être des extraterrestres et vont faire une bien étrange découverte ! Si tous les jeunes acteurs ne sont pas forcément des plus connus, on aura la chance de retrouver ici un visage familier, celui de Henry Thomas, le petit Elliott de "E.T., l’extra-terrestre" qui a bien grandi mais aussi bien vieilli ! On y verra également Riki Lindhome, vue dans "La dernière maison sur la gauche 2009". L’histoire, quant à elle, est sympathique, plus légère que la précédente, mais tient tout de même la route malgré son enjeu ténu (les enfants hallucinent-ils ou bien leurs géniteurs sont-ils de véritables aliens ?) et se finit de façon convenable.

Sorcière un jour… narre, quant à lui, les mésaventures de Fiona, une sorcière qui a du mal à s'intégrer au lycée quand un beau jour sa cousine Luna, fière de ses pouvoirs, débarque et est scolarisée au même endroit qu’elle ! Voir une jeune sorcière étudier dans un établissement où il n'y pas d’enchanteresse à part elle et qui choisit de refouler sa nature pour mieux se conformer à son environnement, était assez bien vu car c’est un problème auquel tout un chacun peut s’identifier dans la vraie vie, d’essayer de changer sa personnalité pour être comme les autres. Après, la morale est légère (il faut s’assumer tel que l’on est) et la fin prévisible, mais bon, on passe tout de même un agréable moment devant cet épisode rappelant un peu l’univers de la franchise « Harry Potter ».

Extérieurement, Olivia semble bien gérer le récent divorce de ses parents, mais à l'intérieur, elle est anxieuse. Et le fait d’emménager dans la maison d'enfance de sa mère n’aidera pas. Dans cette demeure sinistre, les planchers grincent, les lumières vacillent et surtout, un monstre gigantesque et masqué fait irruption pour disparaître aussitôt. Alors qu’elle est toujours angoissée, Olivia et son voisin Graham entreprennent alors de résoudre le mystère de cette étrange créature qui va et vient. Voilà le pitch de Mon monstre qui est pour moi, l’un des meilleurs segments malgré quelques jump scares dispensables. Angoissant, sombre et métaphorique (le monstre ne représente-t-il pas la peur de l’inconnu suite au divorce des parents ?), il a tous les ingrédients pour plaire, à part peut-être sa fin…

Suivra Sans filtre présentant Lily Renton, une élève brillante qu’on ne remarque que pour son intelligence, se comparant souvent aux célébrités et admirant les filles populaires à l'école, en secret. Juste une fois, elle souhaiterait que quelqu'un la considère comme belle plutôt qu'intelligente. Son souhait se réalisera lorsqu'une enseignante suppléante présentera à Lily une application de beauté sur invitation uniquement qui transformera son apparence comme par magie. Mais tous les choix ne sont pas sans conséquences…

Cet épisode est très sympa car il représente une très bonne critique de cette société artificielle de l’apparat et où les réseaux sociaux sont rois dans laquelle malheureusement nous évoluons. L’héroïne sera ainsi mise au pied du mur car une fois pour toutes, elle devra choisir entre la beauté extérieure et la beauté intérieure. Que c’est bien vu !

Dans Esprit, es-tu là ?, Ella, une jeune fille timide, après s’être assoupie quelques instants, se retrouve enfermée dans un théâtre hanté à la suite d’une visite avec sa classe.

Cet épisode n’est vraiment pas incroyable car voir une ado piégée dans un théâtre après la tombée de la nuit et au milieu d'un drame fantomatique n’est pas très reluisant. Et ce n’est pas la légende racontant l'histoire d'un incendie de 1938 ayant coûté la vie à une troupe d'acteurs en répétition et revenus hanter les lieux qui viendra rehausser notre intérêt pour ce spectacle navrant à oublier d’urgence tant c’est mou du genou et que l’on a la même envie que notre héroïne : faire une petite sieste ! Vite, la suite s’il vous plait car même "Casper" de 1995 est plus divertissant !

Notre train fantôme de l’épouvante adolescente s’arrêtera par la suite à la station de Ne vous laissez pas faire pour y suivre les pérégrinations de Trevor Larkin, un caïd de 15 ans, qui parce qu’il est le fils du fondateur de l'idyllique Larkinville, tourmente qui il veut, quand il veut, sans aucune réaction des habitants, ayant bien trop peur des conséquences. Un beau jour, débarque Evan Burger, victime idéale a priori pour notre brute locale. En effet, le petit nouveau porte des lunettes, des vêtements passés de mode et en plus il boîte ! Mais il a une grand-mère qui tient énormément à lui et il semblerait qu’elle puisse également lancer des sorts...

Illustration parfaite de l’arroseur arrosé, ce segment mettant en scène une grosse brute irrécupérable qui finira comme ceux qu'il martyrise, est jouissif au possible et ce, même si le personnage de tyran est sans profondeur et n’a aucune subtilité. Il aura ce qu’il mérite un point c’est tout, parole d’un ancien persécuté !

Enfin, La cabane dans les arbres viendra achever cette anthologie avec le récit de Sam, un adolescent en deuil qui débarque dans un univers parallèle où il devra faire face à un choix insoutenable.

Cette histoire est quelconque et on trouvera alors bien dommage qu’elle vienne achever la première saison de cette série tellement bien entamée ! Ce n’est certes pas mal réalisé, mais ça sent le déjà-vu avec cet adolescent intimidé dans son quartier se retrouvant dans un univers alternatif où il est quelqu’un mais qui devra, malgré tout, prendre des décisions irrévocables. Merci la saga "Retour vers le futur" car ça y ressemble tout de même pas mal si on remplace le passé par une réalité parallèle !

Au final, cette série est sympathique car c’est une sorte de mixte entre La quatrième dimension et Au-delà du réel mais pour adolescents ! Un peu de comédie, du fantastique et de l’épouvante, mais tout ça de façon édulcorée ! Les acteurs sont majoritairement bons, certains sont d’ailleurs issus d’autres séries et les scénarios, comme souvent dans les anthologies, assez inégaux et aux fins parfois décevantes. Mais ne boudons pas notre plaisir car même si la plupart des histoires auront un air de déjà-vu car elles brassent quelques classiques de l’horreur, certaines sortiront du lot comme : celle avec la jeune fille rebelle se retrouvant dans un pensionnat pas comme les autres ou encore celle du caïd d’une ville qui reçoit un retour de bâton assez savoureux ! En clair, De l’autre côté est le digne héritier de Chair de poule et ravira les enfants de 8 à 14 ans car elle constitue la série idéale pour passer une soirée d’Halloween à frissonner de peur en famille !

De l’autre côté (saison 1) | Just beyond (season 1) | 2021
De l’autre côté (saison 1) | Just beyond (season 1) | 2021
De l’autre côté (saison 1) | Just beyond (season 1) | 2021
Note
3
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Vincent Duménil