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De Profundis | De Profundis | 1989
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De Profundis | De Profundis | 1989
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De Profundis

De Profundis

Un réalisateur de film d'horreur décide de mettre en scène le dernier volet de la trilogie des "Trois Mères" débutée par Dario Argento avec Suspiria et Inferno et s'inspire du livre de Thomas De Quincey parlant de la sorcière Levana. Une fois le projet lancé, Anne Ravenna, fiancée du réalisateur et actrice choisie pour incarner Levana, se met à avoir des visions terrifiantes de la sorcière Levana, comme si l'idée même d'un film sur elle avait réveillé l'ancienne sorcière...

De Profundis | De Profundis | 1989

L'AVIS :

Eh ben, si on m'avait dit que le film sur la troisième Mère existait bien avant "Mother of Tears", 18 ans avant ce dernier pour être précis, je ne l'aurai pas cru ! Et pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence : en 1989, Luigi Cozzi l'a fait ! Revenons en arrière : après "Suspiria" et "Inferno", Dario Argento ne parvient toujours pas à clôturer sa trilogie et à mettre en scène le troisième chapitre consacré à Mater Lacrimarum. Sur une idée de scénario de Daria Nicolodi, le réalisateur Luigi Cozzi ("Starcrash", "Contamination", "Hercule"...), grand ami de Dario, décide de s'atteler à un scénario et de prendre le relais pour ce qui sera "De Profundis", un titre inspiré du roman Suspiria de Profundis de Thomas De Quincey, un ouvrage écrit en 1845. L'auteur de ce dernier affirme avoir rêvé de la déesse latine Levana, qui lui a présenté trois femmes, aux noms latins : la première, l'aînée, est appelée Mater Lacrimarum (la Mère des Larmes) ; la deuxième des sœurs est Mater Suspiriorum (La Mère des Soupirs) ; la troisième, la plus jeune, est Mater Tenebrarum (La Mère des Ténèbres). Un ouvrage dont s'est servi Dario Argento comme vous l'aurez compris, pour mettre en scène ses deux classiques en 1977 et 1980.

On note de suite que la sorcière du film de Cozzi est Levana, ce qui ne correspond donc pas à Mater Lacrimarum. Bon, pas grave, on fera comme si. Reste que le producteur exécutif du film, le fameux Menahem Golan, vient mettre son petit grain de sel et verrait bien l'intégration d'une influence à la Edgar Allan Poe dans le scénario ! Il demande donc à Cozzi d'ajouter un chat noir à l'intrigue, histoire de pouvoir renommer le film The Black Cat pour l'exploitation américaine ! Ça n'a pas l'air de le déranger que le scénario n'a rien à voir avec l'oeuvre de Poe apparemment ! Cozzi s'exécute et ajoute donc un chat noir de temps à autre au sein de son histoire, qui ne sert absolument à rien il faut bien le reconnaître. Encore plus drôle, le film se voit également rebaptiser Démons 6 : De Profundis, carrément ! On n'est plus à une exubérance près en Italie !!

Au casting du film, on trouve deux jolies actrices bien connues des fans de cinéma bis : Florence Guérin tout d'abord, qui interprète l'héroïne Anne Ravenna, et qu'on a vu dans de nombreuses comédies françaises au début des années 80 puis dans le film érotique "Le Déclic", dans le policier "Un couteau sous la Gorge" et dans le film d'horreur "Les Prédateurs de la Nuit" de Jess Franco en 1988. Dans un rôle plus secondaire, on retrouve Caroline Munro, qu'on ne présentera pas ici et qui avait bien sûr été la star du film "Starcrash" de Luigi Cozzi en 1978. Pour jouer le mari réalisateur de Anne, c'est Urbano Barberini qui s'y colle. Son visage vous sera familier, surtout si vous êtes fan du premier "Démons" de Lamberto Bava. Il est également au casting du "Opéra" d'Argento en 1987. A noter un petit caméo de Michele Soavi au début du film. Si le charme des deux actrices fait son petit effet, on ne peut pas vraiment dire qu'elles jouent très bien ici, soyons un minimum honnête. Dans l'ensemble, De Profundis a d'ailleurs bien du mal à convaincre, surtout si on le compare aux deux films précités de Dario Argento. En 1989, le cinéma d'horreur à l'italienne est sur le déclin depuis quelques années déjà et on est loin de la superbe des œuvres d'antan.

Maintenant, si on considère "De Profundis" comme une petite série B horrifique un peu cheap, ni plus, ni moins, on y prendra du plaisir sans en être transcendé évidemment. Des maquillages sympas (celui de la sorcière Levana devrait vous contenter, surtout quand elle bave du liquide vert puis du sang sur le visage de Florence Guérin...), un peu de gore avec, notamment, une explosion ventrale nous rappelant le fameux Contamination de Cozzi, un scénario parfois confus et mystérieux qui tire le film vers l'insolite avec, entre autres, cette petite fille spectrale jouée par la propre fille de Cozzi, l'utilisation durant quelques secondes de la musique de "Suspiria", des scènes de cauchemars un brin farfelu mais assez bien intégrées au récit seront les joyeusetés auxquelles nous assisteront. Plus embêtant sera l'utilisation de chansons rock pour la bande-son qui ne collent pas du tout à l'ambiance voulue ici, ainsi que des décors assez minimalistes et peu variés. Pas un grand film d'horreur made in Italia, loin de là, mais ca reste sympa et à découvrir si on aime Luigi Cozzi, un réalisateur d'une rare gentillesse.

De Profundis | De Profundis | 1989
De Profundis | De Profundis | 1989
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* Disponible en DVD sous-titrée français au Profondo Rosso Store (Italie)

Bande-annonce
Note
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Stéphane Erbisti