PSYCHO KILLER (2026)
PSYCHO KILLER (2026)
Durant ce qui aurait dû être une banale vérification routière au milieu du Kansas, l'officier Jane Archer assiste à la froide exécution de son mari policier par le conducteur du véhicule contrôlé connu pour être le « Satanic Slasher », un tueur en série parti dans en road-trip macabre depuis plusieurs semaines à travers les États-Unis. Inconsolable, la jeune veuve décide de se lancer à sa poursuite quitte à se perdre un peu elle-même...
L'AVIS :
Au vu d’une bande-annonce alléchante d’un projet réunissant les producteurs de Zack Cregger (réalisateur de "Barbare" et "Evanouis"), Andrew Kevin Walker, le scénariste de "Seven" ou de "8 MM" à l’écriture, et d’un casting plutôt correct avec Georgina Campbell ("Barbare", "Les guetteurs" et dernièrement "Cold storage"), Logan Miller ("Manuel de survie à l’apocalypse zombie", "Escape Game") ainsi que Malcolm McDowell (le formidable Alex de "Orange mécanique" ou encore le démentiel "Caligula" de Tinto Brass), on était en droit à s’attendre un film policier glauque au possible avec un serial killer bien trash comme on les aime. Malheureusement, ce Psycho killer (2026) à ne pas confondre avec le métrage éponyme sorti en 1989 de William Lustig (surtout connu pour "Maniac" et la franchise "Maniac Cop", mais moins pour être le neveu du boxeur Jake LaMotta à la ville !) ne tient malheureusement pas toutes ses promesses.
Pourtant, le film démarre de façon particulièrement efficace. Sa scène d’ouverture, sur une route enneigée du Kansas, impose immédiatement une ambiance sale et anxiogène rappelant autant True Detective que certains polars nihilistes de la fin des années 90. La mise en scène de Gavin Polone dont c’est là le premier long-métrage, montre des cadres soignés, des lumières travaillées et installe un climat morbide assez convaincant. Visuellement, le métrage possède une vraie identité rétro, presque anachronique, qui pourra séduire certains nostalgiques de l’atmosphère crasseuse des polars post-Fincher.
Le principal atout du métrage réside d’ailleurs dans son tueur : une masse silencieuse, brutale, filmée sans que son visage ne soit réellement dévoilé. Entre le Michael Myers version Rob Zombie et un cousin éloigné du tueur fou dans le génialissime "Found", ce « Satanic Slasher » impose une présence physique inquiétante. Son masque à gaz, sa voix rocailleuse et son apparence quasi mythologique participent à créer une figure de cauchemar assez mémorable. Toutefois, le problème, c’est que Gavone et son scénariste ne savent jamais vraiment quoi faire de cette superbe Némésis.
Très vite, Psycho killer (2026) tombe dans les travers d’un thriller policier beaucoup trop balisé. Le scénario accumule les clichés du genre sans parvenir à les renouveler : enquête obsessionnelle, indices ésotériques, visions quasi mystiques et tueur autant insaisissable qu’invincible. Là où des films comme Prisoners ou Zodiac prenaient le temps de développer leurs personnages et leur tension psychologique, ici tout semble survolé. Le principal protagoniste représenté par Jane Archer manque d’épaisseur malgré l’implication sincère de Georgina Campbell, et plusieurs rebondissements paraissent artificiels tant certaines déductions arrivent de manière improbable ou trop rapidement.
Le film souffre également d’un manque de radicalité. Malgré son sujet sordide, Psycho killer (2026) reste étonnamment sage. Les meurtres sont brutaux mais rarement marquants, le gore demeure limité et l’ensemble manque de scènes véritablement dérangeantes. On sent constamment un long-métrage qui voudrait être plus malsain, plus extrême, sans jamais totalement oser franchir le pas. Même la séquence avec Malcolm McDowell (toujours aussi magnétique), pourtant prometteuse dans son délire satanico-décadent, paraît trop courte et sous-exploitée.
Le plus frustrant reste sans doute le dernier acte. On sent que le scénariste Andrew Kevin Walker cherche à faire basculer son récit vers quelque chose de plus ambitieux, presque métaphysique, donnant au tueur une portée symbolique liée aux dérives de l’Amérique contemporaine : paranoïa sataniste, violence institutionnelle, toxicité masculine, chaos social… Sur le papier, l’idée est passionnante. Mais le film manque trop de finesse et de maîtrise pour transformer cette ambition en véritable choc cinématographique. Résultat : Psycho killer (2026) reste bloqué à l’état de brouillon prometteur et surtout semble arriver au moins deux décennie en retard !
Pour conclure, Psycho killer (2026) ressemble à une série B honnête coincée entre hommage nostalgique et thriller moderne inabouti. Il y a du potentiel dans son esthétique, dans certaines idées autour de son tueur, antagoniste réussi et dans son atmosphère sale et crépusculaire, mais Gavin Polone manque encore de maîtrise pour transformer ce matériau en véritable expérience marquante. Le film se regarde sans déplaisir pour les amateurs de polars sombres et de serial killers, mais il laisse surtout le sentiment frustrant d’un brouillon prometteur qui n’a jamais réussi à devenir le grand thriller glauque qu’il voulait être. À défaut, il donnera surtout envie de revoir "Derrière le masque", ou encore de réécouter le formidable hit des Talking Heads, le fameux « Psycho Killer » en fredonnant : « Fa-fa-fa-fa-fa-fa-fa-fa-fa… » !