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Scary movie 6 | Scary movie 6 | 2026
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Scary movie 6 | Scary movie 6 | 2026
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Scary movie 6

Scary movie 6

Vingt-six ans après avoir échappé à un tueur masqué étrangement familier, Ghostface, les héros emblématiques de la saga sont de nouveau dans la ligne de mire du meurtrier, et aucune franchise de film d'horreur n'est à l'abri...

Scary movie 6 | Scary movie 6 | 2026

L'AVIS :

Tandis que les franchises prennent de la maturité dans le but de grandir avec leur époque, Scary Movie reste le gosse attardé qui a décidé de se conforter dans son immaturité, regardant le temps passer avec un sourire béat et une blague douteuse prête à dégainer comme une grosse veineuse désireuse de décharger sa liqueur aussi collante que puante... Et ce pour le plus grand plaisir de l'adolescent débile qui sommeille en nous !

Sans surprise, ce sixième opus tant attendu s'inscrit dans la continuité des deux premiers et retrouve cette énergie anarchique qui avait fait la réputation de la saga à ses débuts : à la fois détestée pour son humour scatologique et absurde, qu'adulée pour sa satire de la pop culture et de l'horreur parodiée. Scary Movie, c'est le genre de film qui fait partie d'une époque d'adolescents capables de rire bêtement d'un "prrrrout !" durant une soirée alcoolisée, et lorsqu'on redécouvre les premiers opus, une profonde nostalgie vis-à-vis de cette expérience sociale entre potes ressurgit instantanément.

Pour celui-ci, le retour des frères Wayans a fièrement déclaré, dans leur principal argument marketing, une mise à jour de la satire en s'attaquant à la (cancel) culture Woke. Leur promesse d'être offensants envers tout le monde était avant tout un engagement à contrebalancer la frilosité d'une ère victimaire en brisant la muselière pour exprimer à nouveau l'humour corrosif et incisif des années 90-2000. Une promesse gentiment tenue, bien que pas assez pour les anti-woke pathologiques qui s'attendaient à un film idéologiquement dévastateur tout en oubliant l'essence-même de la saga : parodier le cinéma d'horreur... Parce que oui, si les blagues sur l'actualité sont beaucoup plus présentes et transforment Scary Movie en vraie satire, ce film reste, à l'image de la franchise, une parodie horrifique qui s'adresse d'abord aux fans de films d'horreur, et non pas aux obsédés médiocres de la politique que l'on retrouve dans les PMU ou dans les facs de sociologie.

Et côté parodie, les gags multi-référentiels s'enchaînent à un rythme effréné délicieusement entraînant. Chaque séquence cherche le rire avec cette volonté de ne jamais ralentir la cadence et la frontalité. Tel un film à sketch sous speed, les scènes ne sont entrecoupées d'aucune transition, perdant en fluidité comme pour s'inscrire dans la consommation rapide propre à l'ère de Tiktok.

Sous son apparente stupidité, le film n'est pourtant pas dénué de réflexion intelligente. Il reprend la structure de "Scream 5" en critiquant l'idée du reboot-sequel tout en abordant le conflit générationnel et la volonté de remplacer les anciens personnages par de nouveaux plus actuels. Mais là où certaines franchises tentent maladroitement de séduire tout le monde, Scary Movie choisit son camp ; le crépuscule d'un millénaire et l'aube du nouveau sans limite, revendiqué jusque dans son humour graveleux et scabreux. Cette époque joviale où l'on préférait rire trop fort plutôt que s'excuser trop vite, où l'on préférait rire de tout plutôt que de rire de rien.

Les anciens personnages reviennent avec leurs blagues immatures sur le cul, la drogue, l'alcool, les baffes, les insultes, bref. Si le spectateur d'antan a mûri depuis toutes ces années, les personnages non. Et c'est précisément ce refus de l'évolution qui fait toute l'identité de Scary movie devenu délicieusement prétentieux. Un adolescent mongole qui a désormais conscience de sa propre légende et qui s'amuse à la commenter tout en proposant un discours méta plus pertinent et profond que n'importe quel discours risible et simpliste de la saga Scream. Là où cette dernière semble parfois fascinée par son propre reflet, Scary Movie 6 préfère démonter le miroir pour en faire une blague et se branler avec avant de s'essuyer sur son public.

Scary movie 6 montre une fois de plus que la franchise connait mieux les codes généraux de l'horreur que Scream qui lui a tendance à confondre les codes avec les clichés imaginaires du genre. Car Scary Movie comprends les codes, les absorbe, les copie, les traite et les désamorce pour le plus grand plaisir des amateurs de l'horreur. Un jeu de déconstruction permanent sous fond d'insultes incessantes.

Rappelons-le, que Scary Movie ne s'adresse exclusivement qu'aux fans de films d'horreur, et non pas au grand public, ni aux nouvelles générations. Le film ne fait aucun effort pour tendre la main à ceux qui ne possèdent pas ses références. Au contraire, la multiplicité des références mitraillées par le film perdra un bon nombre de spectateurs s'ils n'auront pas vu les films cités, comme si l'œuvre exigeait une certaine complicité avec son public. Et cette complicité passe par la reconstitution minutieuse des classiques du genre.

Mais cette approche possède aussi ses limites. Les gags parfois trop poussifs sont interchangeables. L'ensemble ressemble à une succession de réels instagram reliés par le strict minimum narratif. Pourtant, cette faiblesse devient paradoxalement une qualité. Comme s'il assumait son lâcher-prise, où le seul intérêt réside dans la bête rigolade de soirée. Et non seulement ça fait du bien, mais en plus il le fait bien. Parce qu'au fond, le film garde l'état d'esprit des deux premiers films. Il crache gentillement sur tout le monde, surtout sur la Gen Z et la Gen Alpha, y compris sur lui-même. Mais sans détester son époque actuelle, le film refuse toute prétention morale et nous rappelle que la saga est avant tout composée de films capables d'enchaîner des blagues tenues sur plusieurs niveaux d'inventivité, et sur plusieurs degrés d'efficacité, allant du nullissime jusqu'à l'hilarité.

Véritable symbole d'une époque qui ne se prenait pas la tête, qui se fichait des réactions émotionnelles misérabilistes des pseudo-justiciers de la morale universitaire, qui piétinait toute forme de maturité avec son humour situé en dessous de la ceinture sans ressentir le besoin de se justifier, Scary Movie 6 démontrent que les frères Wayans communiquent encore leur humour de mauvais goût comme une véritable leçon d'humilité et d'auto-dérision. Leur insolence immature s'abat sur une époque de conflit d'intérêt devenue rigide, terne, coincée, parano, constamment sur la défensive, absorbé par leur téléphone, faussement subversive et hautement rabat-joie.

En proposant un sixième opus aucunement révolutionnaire et simplement détaché des exigences actuelle, Scary movie 6 a l'air d'imposer un humour des années 90-2000 qui ne mourra jamais au nom du politiquement correct, n'en déplaise aux offensés de la justice sociale sous anti-dépresseurs, passant leur temps à fanfaronner au moindre pet foireux de travers et à exposer publiquement leur TDAH par effet de mode. Et si malgré votre maturité, vous parvenez encore à rire des blagues de cul tirées de nos vieilles soirées d'obsédés attardés où l'on se roter les uns sur les autres sans risquer une plainte pour harcèlement le lendemain, alors ce film vous fera passer un très bon moment de rigolade.

Scary movie 6 | Scary movie 6 | 2026
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Bande-annonce
Note
3
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Nicolas Beaudeux