Affiche française
SEEDING - THE | SEEDING - THE | 2023
Affiche originale
SEEDING - THE | SEEDING - THE | 2023
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SEEDING - THE

SEEDING - THE

Wyndham Stone fait une randonnée dans un désert entre l’Utah et l’Arizona (à Kanab plus précisément) afin de prendre des photos d’une éclipse solaire. Au bout de quelques heures, il tombe sur un enfant semblant égaré et se propose de l’aider à retrouver les siens. Malheureusement, il se perd et découvre une petite maison située au fond d'une large crevasse. Notre homme choisit donc d’y descendre à l'aide d'une échelle pour essayer de trouver de l'aide et tombe sur Alina, une femme peu bavarde qui accepte cependant de le nourrir et de l'héberger pour une nuit. Le lendemain, notre randonneur en herbe décide de reprendre la route, mais l'échelle a disparu et il se retrouve désormais coincé et à la merci de ceux d’en haut…

L'AVIS :

Un homme se retrouve piégé dans un canyon désertique avec une femme qui vit hors réseau voire hors du temps et qui semble être captive d'une meute de garçons sadiques. Voici en quelques mots le pitch de ce film insolite, première réalisation de Barnaby Clay qui a également écrit le scénario. Cela peut paraître minimaliste certes, mais en tant qu'amateur de cinéma singulier, on ne peut qu’apprécier The Seeding. A première vue, on pourrait penser à un ersatz de "La colline a des yeux", mais on est assez loin du survival habituel avec une famille de bâtards difformes anthropophages car il n’y a pas de séquence violente excepté un plan assez trash il faut le dire. On a plutôt l’impression ici que plusieurs genres sont convoqués dont un peu de folk horror (notamment à cause de la langue parlée par la bande d’ados faisant penser à de l’aborigène et des fresques dessinées sur les parois de la gorge), tout en mêlant les films sur l’aliénation mentale causée par le déracinement et l’isolement, ainsi que le huis clos psychologique.

The Seeding serait toutefois une œuvre plus personnelle, aux références assumées et digérées (La femme des sables, "Délivrance", Sa majesté des mouches…) dont tous les éléments (la bande-son fantastique créant une atmosphère bien angoissante, les excellents décors à base de paysages désertiques, de natures mortes oniriques) convergent vers une vision unique mais ô combien nihiliste de la nature humaine.

Ajoutons à cela que le superbe duo d’acteurs est assez saisissant. Wyndham Stone (Jurassic World : le monde d’après, "Venom") et Kate Lyn Sheil (You're Next, "V/H/S") sont, en effet, magnifiques. Et c’est justement l'intimité croissante entre ces deux êtres qui donnera au métrage ses plus beaux moments comme cette réplique extraordinaire : "Je regretterais le silence qu'on a partagé" échangée au cours d’un repas calme et agréable entre deux tempêtes. Notons également que les jeunes gens jouant la meute d’adolescents déchaînés hormis le timide Lepus, sont effrayants au possible, notamment Alex Montaldo interprétant le très antipathique Corvus, un faciès peu commun donc inoubliable, rappelant dans une moindre mesure Michael Berryman en son temps…

Si le rythme est lent, typique des films d'auteur, faisant cependant son charme, on pourrait trouver dommageable d’avoir compris très vite où on allait en venir (rien qu’à traduire le titre…). De plus, il est également un peu préjudiciable que la vie de ceux qui vivent au-dessus du gouffre ne soit pas du tout montrée et que donc, les personnages soient peu étoffés, même si cela n’enlève rien au long-métrage que l’on pourrait apparenter à une sorte de fable sur la parentalité notamment grâce à son chapitrage pouvant faire penser à des strophes.

Bien que le titre de ce film soit évocateur quant au destin de cet homme coincé au fond d'un gouffre avec une femme mystérieuse en plein désert, c'est tout de même assez bien fait. Avec ce personnage principal, on va progressivement plonger dans son incompréhension et sa folie par petites touches. Malgré quelques longueurs, ce succédané de "La colline a des yeux" se démarquera de ce genre de métrages (le survival avec des dégénérés souvent consanguins) car : il prend plus la forme d'un huis clos, est beaucoup plus psychologique que graphique (à part pour une scène) et offre même quelques séquences magnifiques, comme celle d'un dîner où la jeune femme se montre plus diserte qu'à l'accoutumée. Il vaut donc le coup d'œil pour un premier film de la part d'un réalisateur qu'on suivra à l'avenir.

Bande-annonce
Note
3
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Vincent Duménil