Zombillénium

Zombillénium

Zombillénium est un parc d’attractions où travaillent des monstres employés par un vampire lui-même sous la Direction du Diable en personne. Tout se déroulait sans encombre jusqu’au jour où un inspecteur humain passe par là et découvre la vérité sur le parc : employés mort-vivants, normes de sécurité non respectées ou encore travail clandestin… La survie du parc est en danger et le directeur n’a pas d’autre choix que de retenir cet inspecteur en le transformant en monstre et en l’intégrant dans ses équipes d’employés du parc.

Zombillénium | Zombillénium | 2017

L'AVIS:

Adaptation des albums « Zombillénium » d’Arthur de Pins, le film d’animation portant le même titre que l’œuvre littéraire dont il est question aujourd’hui est réalisé par l’auteur lui-même accompagné d’un certain Alexis Ducord.

Avec son histoire de parc d’attractions fantastique dans lequel travaillent des créatures de toutes sortes (loups-garous, zombies, vampires, momies, squelettes et sorcières pour ne citer qu’eux), ce court dessin animé (1h10 environ) mêle fantastique, humour et drame avec un rythme des plus soutenus.

Un dessin animé 100% approuvé par mes enfants de 7 et 9 ans que nous allons rapidement décortiquer dans cette petite chronique. Alors montez à bord, baissez le harnais et c’est parti !

Et commençons par nos fameuses créatures qui peuplent le film d’Arthur de Pins et Alexis Ducord. Le bestiaire proposé ici - et qui ne semble pas oublier beaucoup de créatures fantastiques - est indéniablement l’un des atouts de "Zombillénium" qui satisfera aussi bien les fantasticophiles que les petites têtes blondes.
D’ailleurs, on retrouve des monstres bien connus de beaucoup d’entre nous : entre le personnage principal se transformant en une sorte de Hellboy et les vampires qui ne sont pas sans rappeler un certain "Twilight", aucun doute que les livres ont été revus pour plaire à un plus large public (en 2017, année de sortie du film d’animation, seuls trois tomes de la bande dessinée avaient vu le jour).

Même constat en ce qui concerne certaines thématiques propres à la bande dessinée qui traite de lutte des classes ou de malaises professionnels par exemple. Le dessin animé proposé en 2017 en fait certes allusion mais ne rentrera pas trop dans les détails pour plaire à un maximum de gens là aussi.

Mais malgré ces thématiques pas suffisamment approfondies dans sa version audiovisuelle, "Zombillénium" n’est pas pour autant décevant et saura vous faire passer un agréable moment devant ces monstres plongés à notre époque et à qui il arrive bien des tracas.

La lutte des classes (les zombies sont vus comme des rebus de la Société et sont pour une grande partie assimilés à des esclaves, tandis que les vampires sont quant à eux mieux lotis et occupent parfois des places de choix comme animateurs vedettes, chefs d’équipes et même directeur !), bien que pas suffisamment développée, demeure présente dans ce film d’animation et donnera même lieu à un soulèvement des zombies assez fun dans la seconde partie de l’histoire.

Il est amusant également de voir comment est imagée la vie d’une société par le biais de personnages parfois hauts en couleur (le délégué syndical qui n’est pas trop virulent et se satisfait de très petites victoires, le vampire chouchou du directeur qui jouit d’une admiration sans pareil auprès des visiteurs…) ou tout simplement volontairement exagérés dans leurs traits (le directeur qui prend les devis les moins chers pour baisser les frais de fonctionnement du parc d’attractions, quitte à baisser le niveau de sécurité des manèges, ou encore des investisseurs vus comme de terrifiants auditeurs qu’il va falloir surprendre dans le bon sens du termes). Le capitalisme est mis à rude épreuve ici et est à l’origine de maltraitance chez les employés (esclavagisme, travail clandestin, enfermement dans de petites cellules…) et même les plus jeunes d’entre nous comprendront rapidement que les monstres ne sont finalement pas ceux que l’on croit.

D’autres phénomènes de société sont également dénoncés mais là encore de manière assez peu prononcé (en tout cas pas de manière suffisamment appuyée pour marquer les plus jeunes d’entre nous) : le taux de chômage dans les régions rurales, l’immigration « voleuse de travail », le conformisme, le consumérisme…

Et outre l’histoire qui se suit ans réel déplaisir, le dessin animé "Zombillénium" est propre d’un point de vue esthétique (des dessins et un panel de couleurs qui rappellent la bande dessinée pour essayer de coller au matériau d’origine bien que l’histoire soit différente ici) mais également d’un point de vue auditif (la bande originale est entraînante, alternant entre rock et hip-hop, et trouvera comme point culminant la chanson « Stand As One » de Mat Bastard, véritable petit bijou musical).

Et même si le film d’animation ne fait pas autant dans la satire politico-sociale que la bande dessinée (un petit regret il est vrai) afin de toucher un plus large public, "Zombillénium" figure toutefois parmi les meilleurs dessins animés fantastiques de cette seconde moitié des années 2010, en témoigne notamment sa récompense reçue au Science+Fiction Festival à Trieste en Italie (Prix des Critiques Web).

Zombillénium | Zombillénium | 2017
Zombillénium | Zombillénium | 2017
Bande-annonce
Note
4
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David Maurice