Dangerous Animals
Dangerous Animals
Zephyr, une surfeuse intrépide au tempérament libre est kidnappée par un tueur en série obsédé par les requins. Séquestrée sur son bateau et confrontée à la folie de son ravisseur, elle va devoir se battre pour survivre face à tous les prédateurs…
L'Avis :
Au royaume de la sharksploitation, on trouve actuellement deux écoles bien différentes. D'un côté les Brett Kelly, Mark Polonia, Anthony C. Ferrante ou Misty Talley, qui nous pondent navets / nanars volontaires par paquets de 10, avec de faibles moyens et une imagination sans limites. Et de l'autre, les Andrew Traucki, Johannes Roberts ou Chris Kentis, qui jouent la carte du survival "réaliste".
Avec "Dangerous animals", l'australien Sean Byrne (à qui l'on doit notamment le très sympathique "The Loved Ones") et le scénariste Nick Lepard vont aller plus loin en ne faisant des requins qu'un élément secondaire. Ici, les requins ne sont pas des tueurs sanguinaires, ils ne chassent pas l'être humain pour se nourrir, ils agissent... comme des requins, et c'est déjà un point remarquable, qui apporte énormément de cohérence au film tout en l'enrichissant d'une dimension militante. Dans un pays comme l'Australie, spécialiste de la lutte aveugle et disproportionnée contre les squales, c'est loin d'être anodin.
Car finalement, les "Dangerous animals" du titre, ce seront les hommes, et surtout l'un d'entre eux : Tucker. Le psychopathe local utilise donc les requins pour massacrer ses victimes, en provoquant volontairement des accidents. Dans le rôle, Jai Courtney (quelques films d'action comme "Jack Reacher" ou "Die Hard 4", la série "Spartacus : blood and sand", et côté fantastique "I, Frankenstein", "Divergente" ou encore "Terminator Genisys") est impressionnant, sa folie furieuse étant renforcée par une présence physique particulièrement intimidante.
Face à lui, Hassie Harrison (la série "Yellowstone") sera également parfaite pour incarner l'héroïne qui va donner beaucoup de fil à retordre à son ravisseur. Plus qu'un film de requins, le film de Sean Byrne est avant tout un survival, aussi malin qu'efficace : à une ou deux ficelles près, on y croit, et on a bien du mal à deviner qui du chasseur ou de sa proie parviendra à l'emporter. Cette incertitude va évidemment renforcer le suspense, mais aussi nos réactions face à certaines séquences, où l'on souffrira avec Zephyr (notamment lors d'une séquence qui fera grincer des dents) avant de jubiler lorsque Tucker sera en difficulté.
Shark movie lorgnant davantage sur le thriller ou le survival, "Dangerous animals" se fait ainsi une place de choix dans un univers où peu de films sortent finalement du lot, grâce à une approche originale et réaliste des prédateurs, qu'il ne diabolise jamais. Porté par la réalisation de Sean Byrne et par le charisme de Jai Courtney, il offre un vrai vent de fraicheur dans un genre qui en avait bien besoin !